Blatta
L’humanité a vaincu la mort, mais à quel prix ?
Auteurs italiens Les petits éditeurs indépendants Nouveautés BD, comics et manga
Face à la surpopulation, la procréation est prohibée. Les gens vivent, meurent, sont transférés dans un nouveau corps cloné et recommencent. Pour éviter toute tentation, chacun vit isolé des autres. Enfermés dans des petites cellules, les humains n’ont plus qu’un seul objectif : travailler. Mais que se passe-t-il quand le système ne fonctionne pas comme prévu ?
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| Date de parution | 20 Février 2026 |
| Statut histoire | One shot 1 tome paru |
Les avis
Je ne m’attendais pas à une œuvre aussi radicale. Blatta n’est pas une simple BD de science-fiction : c’est une dystopie sociale froide, clinique, presque expérimentale. Le point de départ est vertigineux : l’humanité a vaincu la mort grâce au clonage. Les corps sont remplaçables, la reproduction naturelle est interdite, et chaque individu vit isolé dans une cellule. Leur unique mission : travailler. Produire. Contribuer à un système qui se perpétue indéfiniment. Ce qui m’a frappé, c’est que l’immortalité, fantasme absolu de l’humanité, devient ici une malédiction. Sans fin, sans transmission naturelle, sans relations véritables, la vie perd son sens. Le travail n’est plus un moyen d’émancipation : il devient une mécanique d’aliénation totale. J’y ai clairement vu une métaphore du monde ultra-productiviste actuel, poussée à son extrême logique. La BD parle donc du monde du travail, oui, mais de manière symbolique. Elle questionne : • la perte d’identité dans un système, • l’isolement social, • la valeur de l’individu réduite à sa fonction productive, • et le prix de la survie quand elle écrase toute humanité. La morale que j’en retire est sombre mais puissante : si l’on sacrifie la liberté, les relations humaines et la finitude au nom de l’efficacité et de la performance, on finit par construire une prison plus que sauver l’humanité. Graphiquement, j’ai trouvé le dessin oppressant, presque organique. L’univers est froid, répétitif, étouffant, exactement à l’image du système qu’il dénonce. On ne lit pas Blatta pour se divertir : on le lit pour être dérangé. Ce n’est pas une œuvre confortable. Elle est exigeante, parfois glaciale, mais terriblement cohérente. Personnellement, j’aime quand une BD me laisse un malaise persistant après lecture et Blatta y parvient sans forcer. Une dystopie intelligente et dérangeante, qui utilise la science-fiction pour livrer une critique radicale de l’aliénation moderne.
C'est le simple nom Alberto Ponticelli (Goodnight paradise - L'Île aux orcs) qui m'a poussé à l'achat de cet album. Un titre en italien, Blatta, que l'on traduit aisément en découvrant l'insecte sur la couverture. Un monde en ruine où l'humanité a fait un choix fort face à la surpopulation, celui de ne plus procréer en échange d'une vie éternelle (avec l'aide du clonage). Mais cette vie éternelle a un coût non négligeable puisque l'isolement le plus complet est de rigueur. On va suivre le quotidien d'un homme, il porte une sorte de scaphandre spatial qu'il ne quitte jamais pour se protéger de l'extérieur. Un quotidien rythmé à une lumière verte qui lui indique qu'il est l'heure de partir travailler ou de rentrer dans ses 10m² qui lui sert de refuge. Un travail passionnant devant un écran où il doit faire un choix, soit appuyer sur la touche « Y » ou la touche « N ». Pour éviter tous doutes, le « Y » pour « Yes » et le « N » pour « No ». Voilà, vous n'en saurez pas plus sur ce monde glauque et oppressant à la narration avare de mots, où notre seule source d'informations est la voix off de ce triste individu. Et vous n'en saurez pas davantage sur ce personnage rongé par la solitude, malgré quelques visions sur son passé. Et puis un jour, une rencontre va bouleverser ses habitudes... Je comprends où veut en venir Ponticelli à travers ce récit (les conditions d'une vie sans fin), mais le chemin pour y parvenir est trop obscur et hermétique. Une narration qui repose essentiellement sur le superbe noir et blanc de Ponticelli. Un dessin aux contours pas toujours bien defini qui imprime cette ambiance post-apocalyptique et qui retranscrit à merveille les émotions de notre bonhomme, et cela juste à travers ses différentes postures, un sacré tour de force. Toujours ce savoir-faire dans la mise en page et les cadrages. Le point fort de cette BD. Alberto Ponticelli est bien meilleur dessinateur que scénariste. Note réelle : 2,5. Merci à la partie graphique.
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