Le Visage du Créateur

Note: 3.5/5
(3.5/5 pour 2 avis)

Découvrez l'histoire des vies marquées par le drame de l'explosion tragique de la navette Challenger, le 28 janvier 1986, qui a acté un tournant majeur dans l'Histoire de la conquête spatiale.


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Fin des années 90, un père et son fils pêcheurs, remontent dans leurs filets un mystérieux débris estampillé du logo de la NASA. L'occasion pour le père de se replonger dans le souvenir d'un drame survenu dix ans plus tôt : l'explosion tragique de la navette Challenger, le 28 janvier 1986. À bord, sept astronautes, dont deux civils, trouvent la mort une minute à peine après le décollage, sous le regard horrifié de millions d'américains rivés à leur écran de télévision.

Scénario
Dessin
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 11 Février 2026
Statut histoire One shot 1 tome paru

Couverture de la série Le Visage du Créateur © Rue de Sèvres 2026
Les notes
Note: 3.5/5
(3.5/5 pour 2 avis)
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10/02/2026 | pol
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L'avatar du posteur Bruno Menetrier

Le 28 janvier 1986, la navette Challenger explose en plein vol, quelques secondes après son décollage, en direct sur les télévisions du monde entier. LF. Bollée & C. Spadoni nous invitent à passer un moment en compagnie des sept astronautes disparus à bord, dont deux femmes et deux civils. Voici leur histoire. Le journaliste Laurent-Frédéric Bollée s'est fait un nom dans l'univers de la BD avec l'album magistral, La bombe (Glénat 2020) et l'épopée de la première bombe atomique. Après l'explosion de Hiroshima, le visage du créateur raconte lui aussi une histoire dont chacun connait parfaitement le sinistre dénouement : le 28 janvier 1986 la navette spatiale Challenger se désintègre en direct, quelques secondes après son décollage de Cap Canaveral. On peut reprendre les mots de LF. Bollée lui-même : « C'est une idée reçue de croire que, parce qu'on connait la fin d'une histoire, celle-ci sera moins passionnante à découvrir ». Le dessinateur Cristiano Spadoni est connu pour avoir travaillé sur les costumes du film Marie-Antoinette (celui de Sofia Coppola) mais c'est aussi un complice de longue date de LF. Bollée. Quant au titre de l'album, il est tiré du discours de Ronald Reagan, prononcé à la tv quelques heures après l'explosion de la navette : « Nous ne les oublierons jamais, eux qui ce matin se préparaient à s'envoler et rompre leur lien difficile avec la Terre pour toucher le visage du Créateur. » Des mots empruntés à un poème d'un pilote américain, John Gillepsie Magee Jr. Après le succès du programme Apollo vers la Lune, l'intérêt du public est en baisse et la Nasa cherche à redorer son blason (et regonfler ses subventions) : d'où les navettes, la première est même baptisée Enterprise, l'embauche à la communication de Nichelle Nichols (actrice black de Star Trek) et le recrutement de civils dont une professeure, Christa McAuliffe, qui doit donner un cours depuis l'espace. « Envoyer deux civils dans l'espace, dont une femme, est l'opération de communication la plus importante de la NASA depuis ces dix dernières années ». La pression politique et médiatique est énorme et les difficultés techniques balayées rapidement. Trop rapidement. Cet album revient sur les tout débuts de la genèse de ce vol et lance le compte-à-rebours ... plus de dix-huit ans avant la désintégration. Un décompte qui va rythmer les chapitres jusqu'au 28 janvier 86. ? LF. Bollée et son dessinateur C. Spadoni ont choisi de retracer toute l'histoire de ce vol, ses motivations, son recrutement, ses difficultés et sa longue préparation. Les auteurs ont choisi d'en faire un véritable hommage aux sept astronautes disparus dans la catastrophe. Cet angle d'approche souligne le côté humain de ces conquérants de l'espace avec, pour la première fois, la présence de "civils" à bord de la navette. Les dernières secondes du compte-à-rebours (10, 9, 8, ...) qui se reflètent dans chacun des visages présents ce jour-là à Cap Canaveral, est une planche particulièrement émouvante. ? Mais LF. Bollée est un journaliste réputé pour son sérieux documentaire : l'émotion est peut-être celle du lecteur mais le scénario, lui, ne romance pas, ne mélodramatise pas, et ne retrace que des faits. Même la petite surprise finale des toutes dernières pages n'est pas de fiction. Ou si peu. ? On s'attendait peut-être à des couleurs rutilantes pour cette épopée spatiale mais on ne sera pas déçu par ce noir et blanc (encore un très beau noir et blanc) et un dessin d'apparence très simplifié, entre croquis pris sur le vif et story-board, qui vient donner un petit côté journalistique à cette enquête. ? Cette lecture est vraiment édifiante, notamment dans les implications politiques ou symboliques de ce vol Challenger : l'actrice Nichelle Nichols de Star Trek fut, en 1968, la première femme noire à embrasser un acteur blanc à la télévision (le capitaine Kirk interprété par William Shatner) l'enseignante Christa McAuliffe fut recrutée par la NASA (et Nichelle Nichols) dans le cadre du programme "teacher in space" lancé par Ronald Reagan pour assurer la promotion de l'enseignement des sciences Mais c'est aussi une lecture éclairante sur les origines techniques, politiques et financières de cette catastrophe. Pour éviter de gâcher le plaisir de la lecture (même si tout est déjà écrit sur le web ou dans le rapport de la commission d'enquête Rogers), disons simplement que c'est une histoire affligeante qui laissera certainement le lecteur sans voix. ? Quelques jours après cette lecture, on se surprend à repenser à ces femmes et ces hommes, on se revoit assis à discuter avec eux pendant de longs moments et là on se dit que Bollée et Spadoni ont bien réussi leur coup.

24/03/2026 (modifier)
Par pol
Note: 3/5
L'avatar du posteur pol

Petit album par le format, mais grand par la pagination, ce livre attire d'abord le regard grace à sa très jolie couverture. Ce casque d'astronaute qui laisse apparaitre partiellement un visage entravé du reflet d'une navette spatiale symbolise parfaitement le rêve de la conquête de l'espace. Et la palette de couleurs nous envoie direct dans les années 80... nous voici directement dans le bain avant même d'ouvrir l'album. Ce récit documentaire est signé par un des co-scénariste de La Bombe. Le sujet abordé ici est l'explosion qui a suivi le décollage de la navette Challenger en janvier 1986. Drame diffusé en direct à la télévision devant des millions de téléspectateurs. Le récit s'attarde sur les passagers qui composent l'équipage. Il sera particulièrement question de l'un d'entre eux. Une professeur, choisie sur le volet après un long processus de sélection, devant devenir la première civile envoyée dans l'espace. Le récit s'attarde sur les années et les mois précédents le drame, habilement décomptés à la manière d'un compte à rebours. Comment nos astronautes se sont préparés : On y suivra leur entrainement, un peu, leurs questionnements et états d'âmes, beaucoup. Il y a d'ailleurs quelques longueurs. Savoir que nos héros s'interrogent, qu'ils stressent et que cela à des répercussions sur leurs vies de famille, c'est logique. D'autant insister, comme par exemple lors de l'enchainement de scènes à Thanksgiving, où chacun découpe la dinde en famille en se retrouvant confrontés aux mêmes questions de leurs proches, c'est un peu longuet à force. A coté de ça, le récit introduit assez tôt le rôle d'un fournisseur de joints toriques utilisés sur le lanceur de la navette. Très vite on comprend que ces pièces auront un role à jouer dans l'explosion à venir. Ce qui est vraiment intéressant, c'est de voir que de nombreuses alertes, parfois virulentes, ont été signalées à plusieurs reprises. Ce qui est terrible, c'est de voir comment la NASA ne les a pas prises en compte, préférant ne pas décaler le lancement pour des problématique d'image et de budget. Tout ça nous conduit inéluctablement au drame annoncé. La fin, probablement légèrement romancée, raconte les dernières secondes de l'équipage et ajoute un peu de tension et de drama à l'ensemble. Un final assez réussi pour conclure une histoire terrible qui aura durablement marqué le monde de l'aérospatial.

10/02/2026 (modifier)