Gachiakuta

Note: 3/5
(3/5 pour 1 avis)

Rudo est un membre de la peuplade qui a vécu toute sa vie dans le bidonville où sont parqués les descendants de criminels. Marginalisé et méprisé par les siens, il passe son temps à s'infiltrer dans les décharges pour récupérer des déchets encore utilisables et les revendre.


Kodansha La BD au féminin : le manga Shonen

Mais un jour, il est accusé à tort du meurtre de son père adoptif et est jeté dans l’abîme où sont envoyées toutes les ordures de la société. Plongé de force dans ce monde cruel et terrifiant, Rudo jure de se venger de tous ceux qui l’ont condamné sans l’ombre d’un remord. Seulement, pour survivre dans cette décharge hostile, il devra apprendre à maîtriser l’étrange pouvoir qui sommeille dans ses gants...

Scénario
Dessin
Traduction
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 21 Juin 2023
Statut histoire Série en cours (17 tomes parus au Japon, série en cours) 14 tomes parus
Dernière parution : Moins d'un an

Couverture de la série Gachiakuta © Pika 2023
Les notes
Note: 3/5
(3/5 pour 1 avis)
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11/01/2026 | Deretaline
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L'avatar du posteur Deretaline

J'avais entendu parler de cette série en bien depuis si longtemps, d'autant plus depuis la sortie de son adaptation animée, que j'avais été surprise en constatant que la série n'avait toujours pas été ajoutée au site. Je profite donc de ma lecture découverte des 14 tomes sortis à présent pour l'ajouter à la banque de données. L'histoire est celle de Rudo, fils d'un meurtrier vivant dans un bidonville où sont parqués les descendant-e-s de criminel-le-s, un passionné de la réparation qui voue un amour inconditionnel à tous les objets jetés parfois sans même de remords par les habitants de sa cité. Au début l'histoire semble toute tracée : un récit sur la différence et la ségrégation entre deux strates de la population, un jeune héros à la vision unique qui va chambouler le monde qui l'entoure et changer les mœurs à sa manière, une destinée toute tracée même, qui sait ? Eh bien oui, c'est exactement ce qui va se passer (ou en tout cas dans les grandes lignes), mais l'histoire cache un dernier atout dans sa manche qui fait son charme : ce n'est pas dans cette cité que se déroulera l'intrigue mais en bas, dans le monde des détritus. La cité de départ est une cité volante, se déplaçant de part et d'autres du monde et jetant ses déchets par dessus bords sans le moindre état d'âme. Et c'est dans ce monde complètement pollué d'en bas que notre héros va se retrouver plongé après avoir été accusé à tort du meurtre de son père adoptif et condamné à mort. Devant faire ses preuves dans un monde différent de celui qu'il avait connu jusque là, un monde rempli d'amas de détritus vivants, de magiciens capables d’insuffler la vie à leurs objets adorés et de conflits de factions en veux-tu en voilà que notre bon Rudo va devoir faire ses preuves et, il l'espère, pouvoir un jour trouver le moyen de remonter au sein de la cité volante pour se venger. L'histoire est on ne peut plus classique, c'est son défaut le plus notable. Je commence par ça parce que j'ai déjà un peu abordé le problème dans mon résumé de l'histoire. Cette série est un shonen de type nekketsu, un type de récit à la construction narrative extrêmement connue et codifiée, ce qui n'est pas un mal en soi mais qui le devient dès lors que la formule ne se renouvelle pas. Ici, malheureusement (et c'est potentiellement personnel, vu comme beaucoup d'amateur-ice-s du genre semblent adorer cette série), je n'ai pas eu l'impression de voir la forme narrative pleinement renouvelée, ou a minima originale. La forme est on ne peut plus agréable - et je compte bien m'étendre là-dessus après - mais le fond, bien trop prévisible par moment, m'a un peu gêné. Le défaut n'est pas énorme, je reproche surtout le côté trop linéaire de certains moments et enchaînements. En revanche, pour ce qui est des reproches plus notables je mentionnerais tout de même rapidement l'exposition on ne peut plus maladroite et tombant bien souvent comme un cheveux sur la soupe (ça manque de naturel, quoi). Le récit fait scripté, en fait, c'est ça le problème. Je sais que ce problème découle du manque de prise de risque narrative susmentionné, mais il n'empêche que ça fait chier quand au milieu de ma lecture je ne peux pas m'empêcher de me dire que tout ceci sonne parfois un peu trop comme un vieux JRPG, où l'on devine dès le premier regard quel personnage sera important ou non et où les ficelles scénaristiques se voient parfois un peu trop. En vrai la comparaison vidéoludique n'est pas tant un défaut à mes yeux, car les ficelles scénaristiques mises à part, ce monde donne envie d'être exploré, et tous ces propos de grandes zones pleines de dangers, de conflits de factions et de quête à la recherche d'une légendaire série d'équipement aux propriétés extraordinaires et fondamentalement liée au lore local sont le terreau propice à un petit jeu-vidéo dont je ne dirais certainement pas non. Bon, allez, le positif maintenant ! Graphiquement c'est charmant. L'artiste a un coup de crayon vraiment sympathique, ses designs sont joliment exagérés (qu'il s'agisse des expressions bariolés des personnages ou bien de leurs vêtements aux proportions chaotiques), ce monde "dépotoir" a une patte, une culture vraiment sympathique, on ressent bien dans les vêtements, les bâtiments, les objets du quotidiens que tout est fait de bric et de broc, que les gens ici ont beau subir les chutes de déchets d'en haut et leurs conséquences iels ont tout de même réussi à maintenir une civilisation stable (enfin aussi stable que possible). L'ambiance garbage punk où l'on rafistole ce que l'on peut, où le moindre déchet peut se révéler être un trésor, les graffitis aux murs traités comme des œuvres d'art légitimes et l'expression sincère d'être conscients, la camaraderie et l’entraide qui régit notre groupe de héros mis en contraste avec le monde froid et cruel (et toxique, surtout), ... Tout ça fait de cette série une formule on ne peut plus charmante, et c'est selon moi par là que la série tire sa force. J'ai déjà brièvement mentionné le travail des expressions mais je vais m'étendre un peu plus ! Le dessin étant déjà ouvertement exagéré, les personnages ne détonnent pas lorsque interviennent les cassures comiques, les déformations de visages pour appuyer les moments drôles, et j'avoue même avoir trouvé certains de ces moments honnêtement amusants. Voilà ! Même si c'est classique dans le fond c'est fun et entraînant dans la forme, et c'est déjà très bien. Je m'en veux sincèrement d'avoir autant insisté sur le côté parfois trop artificiel de la narration, surtout parce qu'il n'est pas si grave que ça (sauf en ce qui concerne l'exposition, je le trouve vraiment maladroit à ce niveau-là), mais c'est bien parce que le dessin et le monde m'ont semblé si intéressants que ce petit défaut a parasité mon appréciation. Pas un chef d’œuvre (comme j'ai parfois cru entendre parler de cette série) mais assurément une œuvre suffisamment intéressante pour valoir le coup d’œil. Je compte bien garder le nom de l'autrice dans un coin de ma tête et voir ce qu'elle comptera proposer d'autre après cette série.

11/01/2026 (modifier)