Mussolini

Note: 3/5
(3/5 pour 1 avis)

Tous les chemins mènent à Rome.


1919 - 1929 : L'Après-Guerre et les Années Folles 1930 - 1938 : De la Grande Dépression aux prémisces de la Seconde Guerre Mondiale Auteurs italiens Biographies Dictatures et répression

Au sortir de la Première guerre mondiale, Benito Mussolini prend la tête d’un mouvement révolutionnaire et violent, le fascisme, regroupant les déçus de la victoire « mutilée » italienne. Ils aspirent au retour d’une « Grande Italie ». Il prend la tête du gouvernement en 1922 et impose une « révolution fasciste » en refondant entièrement le système politique et économique. Son grand dessein est de créer une Italie nouvelle, organisée et puissante avec à sa tête, un chef infaillible, le Duce (le « guide »). Il s’attache en parallèle à faire de Rome le centre du pouvoir et la nouvelle cité idéale, conforme aux idéaux du fascisme afin de faire de la ville une véritable vitrine du régime et une capitale impériale. Davide Goy et Luca Blengino, avec l’historienne Catherine Brice, retracent la mise en place du Fascisme du point de vue de Rome, littéralement rebâtie par un Mussolini modelant le visage de cette ville éternelle à l’image du fascisme conquérant.

Scénario
Dessin
Couleurs
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 23 Novembre 2022
Statut histoire One shot 1 tome paru

Couverture de la série Mussolini © Glénat 2022
Les notes
Note: 3/5
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12/06/2024 | Noirdésir
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Certes, traiter ce genre de biographie en moins de 48 pages est une gageure, et impose des choix, des coupes. Mais je suis quand même surpris par certains de ces choix. Pour faire simple, cette biographie est circonscrite à la période 1922-1940 essentiellement (deux planches évoquent, de façon sibyllines la chute – sans même dire comment cela s’est terminé pour le « Duce »). De la même façon, aucun mot de Munich, et aucun sur sa jeunesse, sa « formation politique » (pourtant instructive pour comprendre la girouette politique qu’il a toujours été, au service de son seul intérêt). Il faut attendre le dossier final pour qu’une partie de ces manques soient comblés pour le lecteur ne connaissant pas bien le bonhomme et cette période. Voilà pour les critiques – importantes selon moi. Mais cette biographie possède quand même quelques qualités. D’abord le dessin d’Andrea Meloni est plutôt bon et lisible. Ensuite le récit, surtout centré sur les rêves mégalomaniaques du dictateur concernant sa capitale, remodelée selon ses vœux de démiurges à l’hubris démesuré est facile à suivre. Surtout, j’ai bien aimé l’autre accent mis sur les conquêtes coloniales, et surtout l’éclairage sur les méthodes (marches de la mort, massacres à très grande échelle, utilisation massive de gaz et produits chimiques contre des populations civiles). Cette information est généralement évacuée et peu connue (la guerre froide jettera un voile pudique sur ces horreurs et l’Italie ne sera jamais condamnée – pas plus que l’Angleterre ne l’avait été en Irak sous les ordres du jeune Churchill cela dit !). Une biographie un peu bancale selon moi, mais qui lève tout de même certains voiles sur ce dictateur, qui a en partie servi de modèle (avant d’être dépassé) à Hitler (et que Chaplin avait génialement caricaturé dans son film « Le dictateur ». Accessoirement, les événements récents en Italie (et ailleurs en Europe, y compris chez nous !) donnent une résonance particulière à la carrière de Mussolini. Je me suis aussi surpris à penser que Berlusconi - qui a beaucoup fait pour affaiblir les idées démocratiques en Italie, avait un visage très ressemblant à celui de Mussolini...

12/06/2024 (modifier)