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Saint-Elme

Note: 4/5
(4/5 pour 5 avis)

Après L'Homme gribouillé, Serge Lehman et Frederik Peeters se retrouvent pour un polar très noir, plein de neige fondue et de grenouilles.


Auteurs suisses Frederik Peeters Les Grenouilles Petits villages perdus

Le détective Franck Sangaré, accompagné de son assistante, l'étrange madame Dombre, débarquent à Saint-Elme, une petite ville de montagne réputée pour son eau de source. Ils sont sur les traces d'un fugueur disparu depuis trois mois : enquête apparemment facile. Sauf qu'à Saint-Elme, tout le monde vous le dira : « Ici, c'est spécial. »

Scénario
Dessin
Couleurs
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 10 Octobre 2021
Statut histoire Série en cours 3 tomes parus
Dernière parution : Moins d'un an

Couverture de la série Saint-Elme © Delcourt 2021
Les notes
Note: 4/5
(4/5 pour 5 avis)
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09/10/2021 | PAco
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Par Blue boy
Note: 4/5
L'avatar du posteur Blue boy

Mon avis sur le tome 1 - La Vache brûlée : Galvanisés sans doute par la réussite de « L’Homme gribouillé », Serge Lehman et Frederik Peeters réitèrent leur collaboration avec cette nouvelle série, en restant dans une intrigue similaire, à la croisée du polar et du fantastique, où semble encore planer l’ombre inquiétante de Max Corbeau. Toutefois, à la différence de leur précédent opus, la couleur est de mise ici, même si l’on retrouve la même ambiance sombre et poisseuse dans un pays imaginaire que l’on pourrait situer en Suisse, le pays natal de Peeters, à moins que ce ne soit en Europe centrale, des zones souvent ignorées du genre. Mais si de Suisse il est question, celle-ci est dépeinte comme une sorte de dystopie, le théâtre de l’action étant une petite ville de montagne nommée Saint-Elme, autrefois paisible et connue pour son eau pure, mais devenue avec les années une sorte d’Ibiza alpine cosmopolite, capitale de la fête au magnétisme si puissant que les clubbers, junkies et dealers y accourent du monde entier. Fidèle à son trait semi-réaliste, Peeters a opté pour une palette de couleurs artificielles et chamarrées, soigneusement choisies, produisant une atmosphère à la fois surréaliste et électrique qui s’accorde bien au contexte un brin anxiogène où semble résonner imperturbablement le beat hypnotique des dance floors. Le résultat est très réussi et l’objet lance sur nos synapses des ondes lysergiques pour le moins envoûtantes. Le psychédélisme revisité au goût des années 2020. Dans cette histoire au scénario élaboré et aux personnages marquants, le détective Franck Sangaré parti en quête d’un jeune fugueur (que l’on entr'aperçoit dans la scène d’ouverture sanglante mais dont le regard halluciné surmonté d’un bonnet de derviche va rester gravé dans la rétine du lecteur tout au long du récit) va très vite se trouver confronté à des événements étranges dès son arrivée à Saint-Elme. Comme marqué d’une malédiction biblique, la ville semble envahie par les grenouilles. Puis, à la faveur d’une légende moyenâgeuse qui a inspiré le nom d’un troquet du coin, c’est une vache qui va être brulée de façon volontaire et anonyme… tout ces éléments contribuent à la profonde étrangeté de ce thriller « alpin », mené de main de maître par le duo Lehman-Peeters. A ce titre, la fin s’avère plutôt inattendue voire perturbante, mais je n’en dévoilerai évidemment aucun indice. Ce qui est certain, c’est que le parti pris du « cliffhanger » est des plus réussi, nous donnant une envie furieuse de découvrir la suite, prévue en 5 tomes. Avec ces deux auteurs, attachés à rendre à notre vieille Europe une aura fantastique fort légitime, laquelle, à travers la pop-culture, semble bien souvent n’appartenir qu’aux U.S., on savait bien qu’on ne serait pas déçus mais en plus, on ne peut qu’avoir envie de les encourager dans l’orientation qu’ils ont choisie. Mon avis sur le tome 2 - L'Avenir de la famille : Paru trois mois après le premier volet, on ne constatera aucune rupture avec ce second tome, qui continue à nous captiver grâce à un scénario tendu comme un arc. Ce polar noir et électrique va encore évoluer ici dans une tension croissante, et Franck Sangaré va prendre cher, très cher même. Ce détective taciturne et peu amène va finalement réussir à susciter l’empathie du lecteur dans une scène spectaculaire évoquant « Reservoir Dogs » où il jouera les souffre-douleurs du Derviche, le jeune homme en fugue qu’il était censé ramener chez sa riche maman, laquelle espérait peut-être le sortir du milieu peu recommandable où il était tombé du fait de son addiction à la dope. Celui qu’on avait entrevu dans le premier tome et dont le regard halluciné nous avait marqué se révèlera être un véritable psychopathe d’une cruauté implacable et guidé par une folie comparable à celle du célèbre Joker. Au-delà du scénario puissant de Serge Lehman, ce que l’on retient, c’est cette galerie de personnages tous plus ou moins azimutés, personnages parmi lesquels Romane la touriste et Paco le berger misanthrope semblent à peu près les seuls un tant soit peu équilibrés, si ce n’est leurs fêlures intérieures symbolisées par leurs cicatrices corporelles qui ne font que les rapprocher. Et si l’on apprécie cette aptitude chez Lehman à donner de la consistance à ses personnages, même aux plus anecdotiques, on se doute que la participation de Frederik Peeters, même s’il endosse ici le rôle de dessinateur, y est sans doute pour quelque chose. Habituellement, les récits dont il est le scénariste mettent également en scène des protagonistes bien campés psychologiquement, une qualité renforcée par son trait expressif. Peeters poursuit dans son parti pris radical dans la colorisation — en particulier dans les scènes d’intérieur ou urbaines —, qui, même si l’effet de surprise est déjà passé, emporte l’adhésion. La scène de l’interrogatoire de Sangaré reste la plus édifiante, tout en fureur et en douleur, avec une lutte crispée entre le bleu et le rouge qui culmine dans un jaune explosif. De même, on est séduit par le cadrage très cinématographique et l’ambiance à la Twin Peaks de ce récit choral, en particulier lors des dernières pages où s’égrènent des plans fixes sur les personnages de l’épisode, exposant au lecteur leur solitude et leur douleur, conscientes ou non, dans un silence nocturne et tragique. Une fois de plus, ce tome nous laisse impatient, se concluant par l’apparition en toute dernière page d’un personnage mystérieux en imper et à la coupe afro typiquement seventies, celui-là même figurant sur la couverture. Un vague pressentiment nous saisit alors : ce type qui s’apprête à débarquer à Saint-Elme n’est certainement pas venu pour tondre la laine des moutons des alpages environnants. Le troisième tome, prévu à l’automne, promet donc de disperser sévère… Mon avis sur le tome 3 - Le porteur de mauvaises nouvelles : Au fil des tomes, « Saint-Elme » creuse tranquillement (si on peut dire) son sillon. Son univers étrange, voire fantastique, pour un récit ayant plus à voir avec le polar, ainsi que son intrigue et ses personnages, bien structurés psychologiquement, nous sont désormais familiers. La série rencontre d’ailleurs un joli succès, qui vient confirmer que la collaboration entre Serge Lehman et Frederik Peeters était plus que pertinente. Ce tome 3 poursuit donc sur sa lancée, avec son lot de bagarres et de meurtres, le tout dans une atmosphère fascinante renforcée par ces extraordinaires couleurs fluorescentes soulignant la violence implacable de l’action. L’image marquante de cet épisode – laquelle a d’ailleurs inspiré la couverture — restera liée à l’évasion de Franck Sangaré, dans une scène dantesque où l’homme apparaît transfiguré, de l’eau jusqu’aux hanches, dans un conduit souterrain aux couleurs verdâtres. Gravement brûlé au visage et sur le corps, Sangaré n’est plus que l’ombre de lui-même ou plutôt semble s’être transformé en monstre mû par la douleur. Le détective est devenu une sorte de créature des marais, les grenouilles lui recouvrant le corps étant devenues ses confidentes... Quant à Cavalieri, dit le Derviche, il reste sans conteste le personnage le plus effrayant, saisi par un délire mystique provoqué par des substances hallucinogènes qui l’ont rendu plus redoutable et plus imprévisible. Avec ce « Porteur de mauvaises nouvelles », la narration semble avoir définitivement trouvé son rythme de croisière, installant sans coup férir « Saint-Elme » au rang des séries BD culte, bénéficiant d’un scénario travaillé et d’une iconographie innovante pour un récit qui s’inscrit dans le roman noir. Et nous, pauvres lecteurs impatients, de nous languir de la suite…

28/01/2022 (MAJ le 22/11/2022) (modifier)
Par PAco
Note: 4/5
L'avatar du posteur PAco

Voilà déjà trois ans que notre duo d'auteurs avait marqué les esprits avec le magnifique L'Homme gribouillé. Cette nouvelle collaboration semble s'inscrire dans la même veine : une enquête centrée autour des croyances locales de bleds un peu paumés. Alors, bienvenue à Saint-Elme, petite bourgade de montagne dont l'essentiel de l'économie tient à l'usine d'eau de source tenue par la famille Sax, qui règne en magnat local. Franck Sangaré, détective privé débarque à Saint-Elme pour retrouver un jeune fils de bonne famille disparu depuis plus de 3 mois ; il va y retrouver Madame Dombre qui connaît bien les lieux et les gens pour lui servir d'assistante. On suit également Morba, un black embarqué dans un trafic mystérieux dont la transaction va tourner au drame ; ce dernier va se retrouver à fuir en compagnie d'une jeune fille inconnue retenue prisonnière... Enfin, les présentations de la famille Sax se fait au travers de leurs rapports brutaux et sans filtres, comme taillés à la serpe et qui laissent présager de leurs "bonnes relations" avec le reste de la population locale... Ce premier tome va donc se construire autour de ces trois pôles narratifs pour tisser petit à petit les ramifications qui vont les relier. Si ce premier tome introductif ne fait d'une certaine façon que poser des questions et installer le mystère, le décor est planté et les personnages posés pour mieux nous mettre l'eau à la bouche... Car côté mystère Serge Lehman connaît son travail et maîtrise la narration, quant au graphisme de Frederik Peeters, il magnifie cette histoire grâce à son graphisme toujours aussi fourmillant de détails et un encrage marqué. Si le noir et blanc qui avait prévalu dans L'Homme gribouillé, Peeters a ici opté pour une mise en couleur très peps et acidulée, qui, passé la surprise des premières planches, propose des ambiances sombres qui accentuent le mystère ambiant. Voilà donc un premier tome très réussi, dont le seul défaut réside en la frustration qu'il impose ayant terminé d'avaler ces quelques 80 pages... Les dés sont jetés, reste à savoir ce que la suite va nous réserver... *** Tome 2 *** Cool ! Voilà un tome deux qui ne se sera pas fait attendre ! C'est toujours une joie pour moi de replonger dans les univers concoctés par notre duo d'auteurs, et j'avais hâte de retrouver l'atmosphère pesante et poisseuse de Saint-Elme ! Après le carnage chez nos trafiquants locaux, il faut maintenant faire le ménage. Le Derviche doit donc faire appel au réseau de nettoyage de la famille Sax... Franck Sangaré se retrouve pour le coup en situation critique et la couverture de son amie Ombre est quant à elle très compromise. Ça sent le brûlé au pays de l'eau plate ! On est vite replongé dans ce petit monde d'embrouilles et de secrets de famille ou de bled paumé. Chaque personnage semble garder quelques cartes dans sa manche, avec toujours en arrière plan cette impression de passé plus ou moins trouble. Ajoutez à cela un "grand secret" qui semble être le fil rouge de ce récit mais qui reste en filigrane pour le moment, et on peut dire que côté mystères on est plutôt servis ! C'est d'ailleurs le seul reproche que l'on pourrait faire à ce tome, qui, s'il fait avancer le récit, pousse peut être un peu trop doucement ses pions. On arrive à la fin de l'album avec quelques réponses, certes, mais surtout davantage de questions sans qu'on ait l'impression qu'il se soit passer énormément de choses. Alors oui, les lignes bougent et l'échiquier s'ébranle, mais on reste sur notre faim au bout de ces 80 pages. Frustration quand tu nous tiens ! Il ne nous reste donc plus qu'à prendre notre mal en patiente en attendant que la suite arrive, en espérant que le troisième tome soit à la hauteur ! Mais le cliff hanger de fin d'album semble très prometteur, alors croisons les doigts ! *** Tome 3 *** Aahhh ! Welcome back to St Elme ! un p'tit verre d'eau pour se mettre en jambe ? Voilà que le frère de Franck rentre dans la partie ! Notre enquêteur est en effet dans une très mauvaise posture après ses dernières découvertes ; Dombre, inquiète pour lui après sa disparition contacte donc son frère Philippe qui débarque à St Elme pour le sortir de ce mauvais pas. Et comme dirait l'autre, la famille c'est sacré ! Pas touche ! Car le Philippe ne fait pas dans la dentelle ! (pour notre plus grand plaisir ! :D ) Du côté de la famille Sax les choses se compliquent aussi, chacun poussant ses pièces en pensant maîtriser la partie qui se joue. Tout le monde n'en sortira pas grandi... voire vivant. Ce troisième opus garde le rythme, la tension montant d'un cran encore et accroche tout autant le lecteur. Voilà un thriller qui pour l'instant tient toutes ses promesses. Serge Lehman en habile conteur sait nous tenir en haleine, le talent graphique de Frederik Peeters faisant le reste. Vivement la suite !

09/10/2021 (MAJ le 14/11/2022) (modifier)
L'avatar du posteur Noirdésir

Après lecture des deux premiers tomes, je suis bien accroché, et j’attends avec une certaine impatience la suite ! D’abord je trouve très beau le dessin de Peeters, et très chouette sa colorisation, très tranchée, qui ne joue a priori pas sur le réalisme, mais qui réussit pourtant à nous rendre tangible l’univers développé par Lehman. L’intrigue justement, distille à petites doses les pistes à explorer. Sur un fond de thriller relativement classique, d’embrouilles familiales qui semblent assez tordues, Lehman greffe du fantastique (et c’est là que la colorisation étrangement belle de Peeters prend toute sa force). Je ne sais pas où il veut aller sur ce point, mais ma curiosité est fortement piquée. La narration est vraiment rythmée, c’est violent, tout en ménageant des passages plus calmes, quasi poétiques. Bref, pour le moment, je suis conquis par cette série, et j’espère que l’histoire va retomber sur ses pattes – ou au moins ne pas gâcher par une fin trop abrupte, absconse ou tirée par les cheveux ce scénario qui, pour l’instant, est accrocheur. Et l’arrivée d’un nouveau personnage laisse à penser que rythme et castagnes vont aller en s’accélérant !

08/08/2022 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
L'avatar du posteur Ro

Je ne sais pas si c'est le style de Serge Lehman qui ressemble beaucoup de celui de Frederik Peeters ou s'il a fait exprès de s'en approcher ici, mais j'ai vraiment cru lire un album du seul Peeters. J'y retrouve en effet pour commencer un décor plus ou moins Suisse comme cet auteur, la même originalité un peu étrange de ses scénarios, et surtout ce côté légèrement dérangeant, avec ses personnages en partie malaisants et une ambiance que je ressens comme étant moite, bizarre, avec des accents volontiers proches de David Lynch, en plus charnel dans le graphisme. Autant c'est une originalité que je loue dans les œuvres de Peeters, autant je n'y accroche en général pas toujours car elle me met mal à l'aise et m'empêche de me sentir proche des protagonistes. J'ai donc ressenti ce léger malaise à la lecture de cette série mais en même temps une vraie curiosité. L'intrigue ne se laisse strictement pas deviner et bien malin qui saura prévoir les péripéties et retournements de situation nombreux qu'elle comporte. Elle laisse planer un voile de mystère qu'elle dévoile peu à peu pour laisser apparaitre de nouvelles inconnues intrigantes. Elle est rythmée et claire malgré ses nombreux personnages et changements de lieux. Et comme dans les bons scénarios, on réalise qu'il peut arriver n'importe quoi aux personnages qu'on pensait être des héros théoriquement destinés à s'imposer et à survivre. Et évidemment, il y a le dessin de Peeters qui est toujours aussi maitrisé et intense. Du coup, malgré le léger malaise que me fait ressentir cette BD, j'ai été accroché par son intrigue et l'envie de savoir la suite, notamment après la page finale du second tome qui laisse enfin apparaitre le fameux frère du détective, visiblement au cœur de toute l'intrigue.

26/07/2022 (modifier)
Par cac
Note: 4/5
L'avatar du posteur cac

Je n'ai lu que le premier tome, le tome 2 venant de sortir. Au moins j'apprécie qu'il ne faille pas attendre des années avant d'avoir la suite. Cette introduction est très réussie, un rythme haletant mettant en place les personnages dans les montagnes. D'un côté des malfrats et une mystérieuse petite fille kidnappée. De l'autre un village, Saint-Elme, faisant la fête et un accident malheureux conduisant à un barbecue vivant. Le thème de la brûlure est partagé par plusieurs personnages. Le titre de Saint-Elme est lui-même une référence au feu. Un enquêteur sur la trace d'un fugueur débarque au milieu de tout ça. Le dessin est bien et les couleurs majoritairement sombres sont superbes. Un polar qui commence bien. Maj nov 2022. J'ai visiblement fait l'impasse sur le tome 2. Cela explique que j'ai eu l'impression de manquer des événements et eu un peu de mal à raccrocher les wagons sur les premières pages... Une bonne intrigue avec pas mal de personnages donc il faut bien suivre. Le frère de l'enquêteur qu'on pensait hors service rentre dans la partie pour démêler cet écheveau. Le graphisme avec cette colorisation bariolée reste très bon.

13/02/2022 (modifier)