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Cléopâtre (Glénat)

Note: 3/5
(3/5 pour 2 avis)

Une biographie plus politique et plus proche de la vraie personnalité de Cléopatre qui tient une place importante au coeur de l'échiquier politique romain.


Au temps de Rome et de l'Empire Romain Biographies Cléopâtre Egypte Ancienne

En 54 avant J.C., Cléopâtre et son frère Ptolémée XIV partagent un trône alors que l'Egypte est quasiment une province romaine. Séduit par cette jeune fille énergique, Jules César qui vient de triompher des partisans de Pompée à Pharsale, permet à Cléopâtre de régner seule sur l'Egypte en la débarrassant de ce frère encombrant et de son précepteur Pothin. Dès la mort de César, la jeune reine qui rencontre alors Marc Antoine, fidèle bras droit de ce dernier, prend son destin en mains et entre dans l'Histoire.

Scénariste
Dessinateur
Coloriste
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 20 Novembre 2019
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Cléopâtre (Glénat) © Glénat 2019

15/04/2021 | Agecanonix
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L'avatar du posteur Noirdésir

Cléopâtre, c’est d’abord les allusions nasales de Goscinny. C’est aussi le visage (et le corps) éblouissant d’Élisabeth Taylor. Et même lorsque j’ai eu l’occasion de mieux connaitre le personnage historique lors de mes études, je ne me suis pas totalement départi de ces images fortes. Cet album est une biographie « honnête », mais qui m’a laissé sur ma faim. Le dessin est globalement bon, précis pour les corps, les visages, plus généralement les gros plans, moins réussis sur les plans larges, pas toujours heureux. Sinon, sur un personnage et une période aussi riches, avec la volonté soutenue par une historienne d’être exhaustif, vouloir tout traiter en un seul tome est une gageure, un pari qui n’a pas été gagné. En effet, les passages obligés y sont globalement, mais ils se succèdent parfois brutalement, de nombreuses ellipses diminuant l’intérêt de la partie « romancée ». Ainsi certains moments sont bâclés, comme la rencontre avec César. Mais surtout sur la fin : la bataille d’Actium traitée en une planche, et toute la suite est franchement expédiée. C’est dommage, et c’est quelque chose qui plombe un peu certains albums de cette collection. En ce sens, j’en attends plus de la biographie parue dans la collection des Reines de sang (où pour le coup je crains presque l’effet inverse d’une dilution, en 5 tomes). A feuilleter à l’occasion, mais c’est un album qui manque sans doute un peu de corps. Un comble pour celle qui fut connue entre autres pour en avoir un beau (et pas qu’un nez !). Note réelle 2,5/5.

19/02/2022 (modifier)
L'avatar du posteur Agecanonix

Après un millénaire de propagande romaine et d'histoire officielle, la légende noire de Cléopâtre n'a jamais pu effacer la légende dorée, car la dernière reine d'Egypte reste non seulement une femme forte dans un monde d'hommes mais aussi une héroïne tragique. Il semble que pour la première fois, soit raconté le véritable personnage de Cléopâtre derrière l'icône qu'elle représente dans la culture occidentale, c'est celui d'une femme déterminée qui fut une actrice fondamentale de l'histoire de l'Egypte antique et aussi indirectement de la chute de la République romaine, puisqu'après sa mort et celle de son amant Marc Antoine, alors gouverneur d'Orient, on sait que Octave leur ennemi, deviendra le premier empereur de Rome sous le nom d'Auguste. L'album aborde d'abord l'enfance de Cléopâtre et la rivalité mêlée de haine qu'elle entretient avec son frère Ptolémée. On assiste à une sorte de chassé-croisé entre Egypte et Rome avant que Cléopâtre soit reine, pendant son pouvoir, et jusqu'à sa mort. Personnage icônique, presque légendaire, Cléopâtre est vue à travers un point de vue inédit, et l'un des plus surprenants est qu'il est prouvé qu'elle n'était pas si belle qu'on le croit, ça c'est le cinéma qui l'a représentée ainsi, mais ses traits n'étaient pas si graciles, son nez était courbé, son cou assez épais et sa peau plus claire car elle était d'origine grecque. Mal connue, cette reine, à l’intelligence hors du commun, érudite, charismatique, est l’un des souverains les plus avisés de la fin de l’empire ptolémaïque. Son but avant tout est de restituer la gloire passée de l’empire égyptien, et pour cela elle doit impérativement composer avec Rome. Car la reine d’Egypte est également victime de la propagande romaine. Elle est détestée par les Romains qui en principe n'aiment guère les étrangers, et ce pour deux principales raisons : tout d’abord, c’est une monarque riche et puissante, alors qu’à Rome, la république est chérie et les rois sont haïs depuis l'époque des Tarquin. Ensuite, c’est une femme libre, autrement dit, une femme qui jouit de libertés interdites aux romaines : elle peut vivre seule, posséder des propriétés, hériter ou divorcer... tout ce qu’une romaine ne peut pas être. Le point de vue politique occupe donc une grande place ici au détriment du côté romanesque et légendaire vu dans les films. Mais c'est une suite d'événements tellement denses qu'il a fallu élaguer sérieusement dans cette biographie, et pour tout caser en 46 planches, le récit progresse par ellipses, on y voit notamment la rencontre de Cléopâtre et de Jules César (roulée dans un tapis selon la légende), la bataille d'Alexandrie suite au renversement de Ptolémée, les ides de Mars à peine évoquées, la rencontre avec Marc Antoine, la campagne contre les Parthes, le partage de l'Orient par les 3 triumvirs, la bataille d'Actium... tout ceci est bien peu, d'où une première partie assez laborieuse et des épisodes absents comme l'entrée de Cléopâtre dans Rome, ou le destin tragique du petit Césarion, fils que la reine eut avec César. L'album rejoint d'autres volumes de cette collection qui sont trop marqués par les écueils inévitables que rencontrent les historiens qui veulent toucher le grand public en tentant l'exhaustivité historique sur un personnage. C'est le cas ici, en voulant trop en faire, les auteurs sont obligés de résumer plein de choses en sacrifiant des trucs. Malgré ce défaut, l'album qui se veut plus près du personnage, est louable et la lecture prend plus d'intérêt lorsque Cléopâtre devient reine, sa personnalité se révèle véritablement lors de sa rencontre avec Marc Antoine. Là dessus, le dessin de Meloni, ayant déjà oeuvré sur César et Elisabeth Ire dans cette collection, est très correct, performant, très juste sur les visages des grands personnages décrits et sur les décors, c'est un bon point car j'ai été déçu sur le plan graphique par certains albums de la collection (Philippe Auguste notamment).

15/04/2021 (modifier)