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Cascade

Note: 3/5
(3/5 pour 1 avis)

Fourre-tout foutraque et poétique, mais aussi autobiographie déguisée.


BD minimaliste Les petits éditeurs pendant la pandémie

Quel est le point commun entre Galilée, Robert Bresson, Ettore Sottsass, saint François d’Assise et Robert Walser ? Rien a priori, si ce n’est de se retrouver convoqués par Fabio Viscogliosi dans son dernier ouvrage, Cascade. Réflexions métaphysiques, bribes de souvenirs, références au cinéma et à la littérature se trouvent mêlées dans ce livre album haut en couleurs. Les 103 planches du volume constituent autant de tentatives d’arrêter le temps en isolant une idée, un souvenir ou une sensation et fonctionnent comme des variations regroupées sous une même atmosphère colorée. Fabio joue avec des formes aux couleurs franches et aux contours bien délimités pour bâtir des visuels ludiques à la limite de l’abstraction. Un travail qui évoque ses œuvres à la peinture acrylique. Il met également en scène le fameux âne, alter-ego de papier et personnage récurrent de son univers graphique – figure que l’on retrouve également sur les pochettes de ses albums, car Fabio est également musicien. À la fois livre de notes et de souvenirs, Cascade s’attaque au joyeux chaos de la pensée pour tenter de le mettre en forme(s). Il s’agit de son troisième ouvrage publié par L’Association. (site éditeur)

Scénariste
Dessinateur
Coloriste
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution Septembre 2020
Statut histoire Histoires courtes 1 tome paru
Couverture de la série Cascade
Les notes (1)
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21/11/2020 | Noirdésir
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L'avatar du posteur Noirdésir

Cet album, sélectionné pour le prochain – et particulier – festival d’Angoulême, est le plus imposant de cet artiste atypique. L’adjectif imposant que je lui accole pourrait paraître surprenant, tant son œuvre est essentiellement minimaliste, évanescente. L’Association a regroupé ici une somme de travaux disparates, tant dans la forme (alternent simple dessin avec commentaire en dessous, et petites histoires d’une page généralement (encore que le terme d’histoire soit peut-être inapproprié), avec ou sans gaufrier) que dans le ton. Comme souvent avec Fabio, c’est déroutant. J’ai déjà lu ses autres publications, avec un ressenti mitigé, et j’étais curieux de voir ce que ce « gros » ensemble pouvait donner. Je trouve cet album différent et plus ambitieux. On est parfois proche d’un recueil poétique illustré, avec un surréalisme qui habite un certain nombre de planches (surtout les Miscellaneous). C’est aussi un album autobiographique qui livre les clefs de la personnalité de l’auteur, Fabio pointant quelques images de son enfance, les premiers baisers échangés, ses rêves, ses sources d’inspiration (livres, films, musique), des réflexions plus ou moins profondes, etc. De façon amusante, le personnage qui se livre à des réflexions philosophiques tout au long de l’album est un âne – ce qui est le seul trait d’humour, discret. Dans certaines histoires (les Miscellaneous), apparait parfois le chat/loup filiforme héros de plusieurs albums de Fabio. Par quelques bribes, citations (les sources sont données en fin d’album), réminiscences, sautant d’images en images, Fabio nous livre là une autobiographie partielle, dont la forme captivera surtout les lecteurs friands de poésie, de visions pointillistes. Le dessin quelque peu naïf, avec une colorisation tranchée, des personnages animaliers, font faussement penser à un livre « jeunesse », mais en fait il y a dans cet album beaucoup de références (cinéma, peinture, littérature), et sa lecture se révèle plus exigeante – mais aussi plus intéressante – que le premier abord ne pourrait le laisser penser.

21/11/2020 (modifier)