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L'Éveil (Delcourt)

Note: 4/5
(4/5 pour 3 avis)

Deux personnalités attachantes, que pourtant tout oppose, animent sur un ton doux-amer une fable contemporaine dans laquelle les auteurs posent, non sans humour, la question de notre engagement politique et social.


Bruxelles - Brussels

Par quel hasard Arthur se retrouve-t-il ce jour-là projeté dans l’improbable projet de Sandrine ? Rien de commun pourtant entre ce jeune homme hypocondriaque et cette street artist bruxelloise dont l’objectif est d’ouvrir les yeux des gens sur les « énormités » qui les entourent… Et si ce frêle garçon était contre toute attente le seul capable de l’aider à atteindre son but ?

Scénariste
Dessinateur
Coloriste
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 10 Juin 2020
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série L'Éveil (Delcourt)

31/03/2020 | PAco
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L'avatar du posteur Mac Arthur

J’ai trouvé ce récit à la fois classique et prévisible dans sa trame de fond et original et inattendu dans sa forme. Classique et prévisible, cette histoire d’amour qui va lier un célibataire par la force des choses, maladroit, hypocondriaque, angoissé de la vie et une jeune femme pleine de vie et d’allant, de projets et de fantaisie. Et là, n’importe qui ayant déjà lu ou vu ce type de comédie drama-romantique voit le coup venir de très loin. Pas de grosse surprise donc et j’aurais pu m’ennuyer si… S’il n’y avait eu le manière de nous raconter cette histoire. Les auteurs optent délibérément pour l’absurde et le surréalisme (hommage à Bruxelles oblige), avec des personnages qui nous prennent régulièrement à témoin, avec des éléments graphiques (comme la numérotation des chapitres) qui viennent entraver les acteurs dans leurs déplacements. Le résultat ? Un récit aussi prévisible qu’inattendu, touchant et drôle. C’est étonnant et ma fois bien plaisant. J’ai dévoré l’album et le relirai avec plaisir (de toute façon, je me doutais de la fin dès le début).

15/02/2021 (modifier)
Par Blue boy
Note: 4/5
L'avatar du posteur Blue boy

Difficile de ne pas tomber sous le charme de cette BD à la belle couverture intrigante. Son atmosphère ouatée, oscillant entre rêve et réalité, achève de nous séduire, correspondant bien à l’univers d’Arthur, grand garçon pas fini qui redoute d’affronter un monde où il ne se sent pas à sa place. Il y a d’abord ses mains qui le picotent, puis se détachent de son corps pour tenter de l’étrangler, comme si ces dernières voulaient vivre leur vie en s’affranchissant de ce personnage encombrant, tourmenté et centré sur lui-même. Et ça ne fait que renforcer son angoisse, à Arthur. Pour ce trentenaire célibataire renfermé (et non endurci), le seul confident, c’est lui-même, cet enfant qui n’a pas su grandir, et qui finit par avoir des hallucinations à force de déni. Alors que sa seule occupation un peu altruiste consiste à visiter des malades dans un service de soins palliatifs, on se demande si ce n’est pas lui qui est au bout de sa vie… Mais un beau jour, alors qu’il croit frôler la mort, apparaît la jolie Sandrine — à moins qu’il ne s’agisse d’un ange —, qui va le ramener tout doucement à la réalité, apportant un début de réponse à ses hallucinations… Car Sandrine, c’est une artiste militante, qui pense pouvoir changer le monde par son action : faire croire aux passants qu’un monstre, en l’occurrence un dinosaure, menace de détruire la ville, tel un reflet d’un monde anxiogène où populisme et haine de l’autre semblent avoir le vent en poupe. Comme une sale petite musique de fond, la radio diffuse des points réguliers sur la campagne présidentielle américaine (l'action se situe en 2016), sans trop envisager une victoire de Trump… Ce que veut Sandrine, c’est provoquer un choc par son street art militant : peindre des traces… (lire plus)

06/08/2020 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur PAco

Gros coup de coeur pour cet album à la couverture magnifique, au contenu des plus surréalistes ! Je ne connaissais pas les deux auteurs Vincent Zabus (scénario) et Thomas Campi (dessin) qui ont pourtant l'air d'avoir l'habitude de travailler ensemble. Et ça se sent ! Quelle belle osmose entre le dessin et ce scénario bien barré, mais très intelligent et finement mené ! J'avoue avoir eu un peu de mal au début de cette histoire à comprendre où les auteurs voulaient en venir. Mais porté par le dessin et la colorisation somptueux de Thomas Campi, je me suis laissé porter et cela en valait plus que la peine. Arthur, jeune adulte bruxellois hypocondriaque, peine à trouver un sens à sa vie et à s'intégrer dans la société qui l'entoure. Pour se forcer à créer du lien il s'est inscrit sur une liste de personnes qui rendent régulièrement visite à des malades en fin de vie. Pour le reste, c'est plutôt néant... C'est lors d'une "sortie" (juste aller prendre l'air dehors, effort surhumain pour notre Arthur !!!) qu'il fait la rencontre de Sandrine, une street artiste. C'est avec cette rencontre que sa vie va basculer et va enfin trouver un sens. Nos auteurs produisent ici un album subtil, tout en finesse, où jouer avec le fond et la forme que permet le média BD prend tout son sens. La maladie d'Arthur se fait mots réels dans l'album, personnages aussi et ce jeu incessant permet d'avancer tranquillement dans l'histoire en se laissant porter par les délires de nos protagonistes. Petit à petit le fil conducteur prend de l'épaisseur et nous conduit vers cette conclusion évidente et éclatante qu'on nous propose. Un petit bijou d'absurde raisonné servi par un dessin magnifique ! Une très belle découverte !

31/03/2020 (modifier)