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Le Loup

Note: 3.83/5
(3.83/5 pour 12 avis)

Rochette questionne la place de l’homme face au règne animal.


La Montagne Les Alpes Les loups One-shots, le best-of

Comme dans son précédent album, l’action se déroule au cœur du Massif des Écrins, dans la vallée du Vénéon. Un grand loup blanc et un berger vont s’affronter passionnément, jusqu’à leurs dernières limites, avant de pactiser et de trouver le moyen de cohabiter. Rochette célèbre une nouvelle fois la haute montagne, sa beauté, sa violence ; l’engagement et l’humilité qu’il faut pour y survivre. Il tente aussi, par la fiction, de trouver une porte de sortie au conflit irréductible de deux points de vues, justes l’un et l’autre : les bergers qui veulent protéger la vie de leurs bêtes, les parcs qui tentent de sauver des espèces en voie d’extinction.

Scénariste
Dessinateur
Coloriste
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 15 Mai 2019
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Le Loup

29/05/2019 | Blue Boy
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Par Ju
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur Ju

Hé ben.. Décidément je vais me mettre à suivre tout ce que fait Jean-Marc Rochette avec une grande attention. Pourtant, le sujet, de prime abord, ne me passionnait pas. Mais après avoir été conquis par “Ailefroide - Altitude 3954”, je me suis lancé dans cette lecture. Et grand bien m’en a pris. Rochette nous narre l’histoire d’un berger qui est à bout. La réintroduction des loups dans le parc national des Ecrins, et la protection de leur espèce, menace directement son activité de berger. Plus que financièrement, il se sent en danger car le loup pénètre dans son territoire, il revendique une partie, voire la totalité de son espace et de son troupeau. On sent à travers la description du berger que c’est ça qui l’insupporte le plus, qu’il trouve le plus intolérable. Le loup vient mettre le bazar dans ses affaires alors qu’il n’y était pas invité. La première moitié du récit se concentre sur l’escalade de la situation, la montée de la violence. La deuxième se concentre sur le dénouement, la résolution, bonne ou mauvaise, douce ou violente, de la situation. Rochette réussit bien à nous faire comprendre le berger mais aussi le loup. Les deux sont des personnages à part entière, et il est difficile de juger ce que fait Gaspard. Dans sa logique, qui nous est parfaitement présentée, son comportement est naturel. Les deux personnages sont liés du début à la fin de l’histoire, qui devient presque une fable au fur et à mesure. Cela donne un récit très bien construit et captivant. Je n’ai ainsi pas levé le nez lors de ma lecture, et c’est aussi en raison du dessin. Celui-ci est encore une fois très beau. Les expressions du loup sont terrifiantes et criantes de vérités. Les personnages ont un trait dur, mais pour le coup ça va très bien au solitaire Gaspard, qui vit seul avec son chien en chassant du chamois. Il y a juste une case qui m’a un peu dérangé, quand le jeune loup attaque un alpha, la case où il lui tranche la gorge n’est pas très claire. Mais je chipote. Et ce qui ressort encore une fois le plus du dessin de Rochette, c’est la montagne. On est embarqué dans cet univers qu’il affectionne, on sent qu’il adore la dessiner, et ça ne la rend que plus belle. En résumé, c’est un bien bel objet graphique que voilà, accompagné d’une histoire prenante et, au final, assez poétique.

20/03/2020 (modifier)
L'avatar du posteur Mac Arthur

Une fois de plus, j’ai été estomaqué par la maîtrise dans la narration de cet auteur. Car il faut bien avouer que le synopsis de ce récit est loin d’être original puisqu’il nous propose un conte construit autour de l’affrontement entre un chasseur et un prédateur. Conte écologique, conte philosophique, conte humaniste… mais conte basique tout de même. Seulement, Jean-Marc Rochette a l’art de raconter une histoire. Son récit devient passionnant et il est difficile de lâcher l’album avant d’avoir tourné la dernière page. Et même la dernière page tournée, je me suis encore surpris à réfléchir au sens profond du titre (le loup désigne-t-il uniquement le prédateur ?) C’est un conte, mais un conte moderne qui ferait presque oublier sa forme pour laisser le lecteur se concentrer sur le fond. La morale de cette histoire, très dans l’air du temps (nous ne sommes pas propriétaire de la terre mais nous devons apprendre à la partager avec d’autres êtres vivants), plaira à un large public. L’histoire se centrant principalement sur le chasseur, nous sommes avant tout devant le portrait d’un homme, qui va évoluer au fil des événements. Il est facile de se projeter, de juger et d’apprécier le personnage central comme son évolution. Le dessin n’est pas ma tasse de thé (un trait trop charbonneux pour vraiment me séduire) mais il est diantrement efficace. Et le découpage est excellent. Un très bon album, donc, difficile à lâcher dès qu’on en entame la lecture.

11/09/2019 (modifier)
L'avatar du posteur Guillaume.M

« Le Loup » aborde une thématique qui suscite le débat en Suisse comme en France depuis des années. Le loup a-t-il encore sa place dans nos contrées ? En résumé, d’un côté, les bergers et éleveurs y sont farouchement opposés en raison des dégâts que le loup inflige aux troupeaux. De l’autre, des écologistes et associations de protection de la nature, entre autres, soutiennent sa réintroduction et sa protection. Le débat est vif et émotionnel. À titre purement personnel, je suis dans le camp des protecteurs du loup. Ce magnifique animal était là bien avant nous, mais surtout avant que nos activités humaines et notre développement galopant ne limitent son habitat et ses sources de nourriture et le force à disparaître ou presque. Comme bien souvent, l’homme s’oppose à une situation problématique, ici les attaques sur les troupeaux, qu’il a lui-même engendrée, ce que Baptiste Morizot explique très bien dans la postface de l’album. Les autres exemples sont légions à travers le monde, comme le « problème » des attaques de requins à la Réunion ou d’ours polaires dans le Grand Nord. Bref, revenons à nos moutons si j’ose dire. Avec ce one shot, Jean-Marc Rochette livre un récit âpre, rude, brut et intense, comme la montagne qu’il aime tant. Le scénario est relativement simple mais puissant. Gaspard, berger solitaire écorché par la vie, va affronter un loup blanc venu s’installer dans sa vallée et qui décime son troupeau. Le combat gagne en intensité, page après page, jusqu’à un paroxysme presque absurde mais finalement assez poétique. L’homme contre la bête ? Pas tout à fait. Le manichéisme que je craignais n’est finalement pas de la partie. Le dénouement m’a également beaucoup plu et offre, selon moi, une fin satisfaisante bien qu’utopique, quand on la met en perspective avec l’actualité. Quant au dessin, là encore, Jean-Marc Rochette fait dans l’authenticité et l’intensité. Le trait est gras, épais et puissant, comme tracé par la roche et les éléments. Les personnages ont des gueules et sont teintés de mélancolie, sans doute due à la dureté de la vie en montagne. Le loup dégage une vraie force et une grande noblesse. Le milieu montagnard est représenté dans toute sa majesté, son immensité et sa rudesse. « Le Loup » nous raconte une bien belle histoire et devrait combler tant les amateurs de montagne que les adeptes de la plaine. Le coup de cœur est mérité.

27/08/2019 (modifier)