Doggybags - Teddy Bear

Note: 3.75/5
(3.75/5 pour 4 avis)

En Afrique, l'histoire d'Odrissa, enfant soldat qui doit maintenant se faire un nom au sein de sa bande de mercenaires.


Documentaires Label 619

Odrissa, jeune garçon est enlevé par un bande de mercenaires Il faut faire ses preuves au sein de ces hommes pour avoir le droit de porter un nom. Il faudrait que ces massacres s'arrêtent mais le destin est inéluctable.

Scénariste
Dessinateur
Coloriste
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 20 Avril 2018
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Doggybags - Teddy Bear
Les notes (4)
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13/05/2018 | sloane
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Par Erik
Note: 3/5
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J'ai lu déjà pas mal de bd sur le sujet des enfants-soldats. Je ne pense pas que cela soit la meilleure parmi les différents titres. Cependant, je reconnais que celle-ci est plutôt satisfaisante. On va suivre le parcours d'Odrissa, un de ces enfants qui se fait prénommer Teddybear. Le nounours en question ne sera pas très gentil et c'est le moins qu'on puisse dire à ce stade. Au delà des actes de violence d'une cruauté extrême, il faut se pencher sur le fait de l'utilisation de ces enfants qui sont enlevés et qui sont dressés pour tuer dans la haine afin de servir quelques chefs africains corrompus. Il s'agit d'alerter les gens sur ce phénomène qui sévit sur plusieurs continents. On apprend que la Grèce antique notamment Sparte utilisait également des enfants pour combattre. Et puis, chez nous en France, il y a eu ces cas d'enfants qui se sont engagés durant la Première Guerre Mondiale. Cependant, le phénomène est quand même resté assez marginal. Cela ne compose pas 60% d'une armée de rebelles par exemple. En résumé, une oeuvre assez prenante pour nous sensibiliser sur ces horreurs.

15/06/2019 (modifier)
Par karibou
Note: 4/5 Coups de coeur expiré

Gros coup de coeur ! L'histoire est malheureusement partie intégrante d'une réalité qui persiste encore... et ça fait mal à la lecture. On y repense longtemps après (pas que dans mon cas) et c'est pour moi ce qui justifie la place de ce livre chez soi, afin de le faire lire par d'autres. Mélangeant réalité, rêve éveillé et surnaturel (mis en rapport avec l'usage imposé de la drogue à ces enfants, c'est tout à fait logique) et servi par un dessin réaliste ne choquant pour tant pas au vu des détails atroces, ce récit tient en haleine du début à la fin. On espère une rédemption du personnage victime de la folie de chefs de guerre, que l'on sait pourtant impossible. Triste mais froidement logique. Au-delà de la gravité du sujet, la lecture est si prenante qu'elle se fait d'un trait, les 128 pages ne sont pas de trop. Rapport qualité/prix encore une fois imbattable de la part du label 619. Merci !

05/07/2018 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5
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Après treize numéros et deux hors série, voilà que Doggybags nous revient sous la formule "oneshot" pour notre plus grand plaisir. On garde la présentation caractéristique qui a fait la renommée et le succès du format, mais en version cartonnée cette fois, ce qui est loin d'être désagréable. Pour conduire ce "TeddyBear" c'est la plume de Francesco Giugiaro que nous suivons et le trait Jérémie Gasparutto. Le duo fonctionne parfaitement pour nous trainer du côté obscur des conflits africains et plus spécifiquement sur celui des enfants soldats. Ce récit n'a pas été sans me rappeler le très bon album abordant le même sujet Le Ventre de la Hyène de Clément Baloup et Christophe Alliel. Car si j'étais au fait ce cette pratique dramatique pour la jeunesse africaine, j'étais loin d'en mesurer l'ampleur. C'est ce que permet le format DoggyBags et ses intermèdes informatifs qui ponctuent la fiction de Francesco Giugiaro. Mais s'il s'agit bien d'une fiction, elle est malheureusement bien ancrée dans des faits tragiques et reconnus, où la violence inouïe et les exactions de ces jeunes enrôlés de force et drogués est devenue monnaie courante. "TeddyBear" nous plonge dans le destin tragique d'un de ces jeunes enrôlé par une de ces factions macabres. Parcours hallucinant et halluciné où la conscience a été tout bonnement effacée pour ne laisser place qu'à une chose : l'instinct de survie. Voilà donc un album coup de poing sur un sujet dramatique traité de façon percutante qui ne pourra pas vous laisser indifférent.

12/06/2018 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur sloane

Juste avant de mourir Kurtz s'adressant à son bourreau murmurait ce mot : "L'horreur ! l'horreur !" Prenons ces deux mots à notre compte et paraphrasons Conrad dans "Au cœur de ténèbres" dont F.F. Coppola s'inspire grandement dans son mythique "Apocalypse Now". Alors Stop ! Arrêtez ce que vous êtes en train de faire et courez chez le libraire le plus proche pour faire l'achat de cette bombe et je pèse mes mots. J'ai attendu deux semaines pour écrire cet avis prenant le temps de relire deux fois ce one shot du Label 619. Il s'en dégage une puissance incroyable. L'expression prendre une claque bien souvent un peu galvaudé prend ici tout son sens et je mets au défi les futurs lecteurs de ressortir indemnes de ce qu'ils auront vu. C'est comme d'être estomaqué par un récit qui vous prend aux tripes et qu'une fois entamé on ne lâche plus. Odrissa est un jeune garçon quelque part en Afrique qui a été enlevé de son village par une bande mercenaires afin de devenir un futur un des leurs. Pour appartenir à la bande, il faut faire ses preuves. Une initiation brutale, violente et terrifiante, à l'issue de laquelle le jeune guerrier devra faire ses preuves afin d'obtenir le droit de porter un vrai nom. Bien qu'au courant de ces histoires d'enfants soldats, j'étais à mille lieues d'imaginer l'horreur absolue que vivent ces très jeunes enfants, les bandes qui les enlèvent n'hésitant pas a user de drogues pour les garder auprès d'eux. Dans ce récit qui ne nous épargne rien, âmes sensibles prenez garde à vous. Odrissa vit un véritable calvaire sans espoir de rédemption. Tout au plus son totem qui lui donne son nom, Teddy Bear, l'aidera un temps à sortir de cet enfer mais la fatalité le rattrapera. Un scénario de Francesco Giugiaro implacable qui déroule son lot d'atrocités, alors oui cette œuvre est importante car au delà du simple fait de nous informer, elle interpelle bien mieux qu'un pauvre reportage de 3 minutes au journal TV. Au dessin et à la couleur Jérémie Gasparutto déjà aperçu dans l'anthologie Doggybags nous montre l'indicible sans esbroufe , sans vouloir être racoleur, son sujet parlant de lui même. Comme dans toutes productions du Label 619 des planches viennent s'insérer dans la BD pour apporter un éclairage édifiant sur ces enfants soldats notamment en Afrique centrale. Les mots sont ternes et disent peu par rapport à mon ressenti après ma lecture. Cette BD reste longtemps dans la mémoire, les deux auteurs faisant preuve d'une époustouflante maestria tant scénaristiquement que graphiquement. Pas culte mais de très peu. Rarement j'ai souhaité que le plus grand nombre découvre une BD. C'est le cas ici. N'hésitez pas. Évidemment coup de cœur.

13/05/2018 (modifier)