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Quelques jours à vivre

Note: 3.33/5
(3.33/5 pour 3 avis)

Si chacun a entendu parler des soins palliatifs, qui a vraiment envie d’en savoir plus ? Tout en rendant un hommage passionnant au milieu, les auteurs en démystifient les fantasmes avec sobriété et justesse.


Documentaires Encrages Médecine

Ce matin, Juliette prend son service à l’unité de soins palliatifs. Elle est accompagnée par une infirmière senior qui la guide pour ses premiers jours. Dans ce service qui ne ressemble à aucune autre unité médicalisée, elle assiste à la réunion de transmission entre les infirmières de nuit et celles de jour. Juliette comprend qu’elle va devoir remettre en question bon nombre de ses certitudes… Afin de faire mentir les clichés, les soignants de l’unité de Roubaix ont accepté de se livrer et de raconter leur quotidien. Rien de morbide ici, bien au contraire, car dans ce lieu où les patients sont traités avec une grande humanité, c’est la vie qui prévaut.

Scénariste
Dessinateur
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 06 Septembre 2017
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Quelques jours à vivre
Les notes (3)
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08/10/2017 | Blue Boy
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Par Erik
Note: 4/5
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Il est vrai que le titre donne un peu la tonalité de ce documentaire sur les services spécialisés en soin palliatif. Il ne s’agit plus de guérir mais de soigner pour soulager la douleur avant l’heure fatidique. Ce genre de service a vu le jour dans le milieu des années 80 en France alors que cela existait depuis une bonne vingtaine d’années dans d’autres pays européens notamment au Royaume-Uni. Encore une fois, notre pays était un peu à la traîne souvent pour des raisons bassement financières. La question de l’euthanasie sera également abordée. On apprendra que seuls les pays du Benelux l’ont autorisé légalement. Il s'agit d’éviter l’agonie d’une personne et d'abréger au plus vite ses souffrances. Pour autant, car le débat est plus complexe qu’il n’y paraît, le personnel des soins palliatif n’est visiblement pas préparé pour cela car il poursuit une autre voie à savoir la gestion des souffrances physiques et psychiques. Cet ouvrage est une sorte de documentaire sur le travail du personnel soignant dans les services de soins palliatifs. Il met en valeur leur travail un peu particulier. Le contexte géographique est celui de la ville de Roubaix, l’une des plus pauvres de France avec un taux d’espérance de vie considérablement faible par rapport à la moyenne nationale. La lecture a été assez fluide ce qui permet une bonne compréhension. On voit des situations de tous les jours avec parfois beaucoup de peine mais parfois un peu d’humour. Il n’y a point de dramatisation à outrance. Il y a beaucoup d’humanité ce qui fait du bien. Tout sonne vraiment juste. Un mot sur le dessin. Le graphisme est doux avec des aquarelles de nuances de gris. On notera un trait assez fin. Je mets 4 étoiles à une œuvre qui le mérite bien. Il est vrai que nos sociétés prônent le culte de la jeunesse et qu’on préfère aisément éluder ces sujets peu réjouissants. Cependant, il faut également envisager sa mort ou celle d’un proche afin de mieux gérer cette phase car on y sera tous confrontés un jour ou l’autre.

16/04/2018 (modifier)
Par PAco
Note: 3/5
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"Quelques jours à vivre" nous plonge dans le service de soins palliatifs de Roubaix. Fini de se voiler la face ou de mettre au placard ces moments et sentiments qui dérangent dans notre société actuelle. Ici on est dans la vraie vie : la mort en fait partie. Sans fioritures aucune, Xavier Bétancourt nous invite pendant quelques jours à suivre le quotidien du personnel de ce service. On découvre une équipe formidable, à l'écoute des personnes et des familles qui ne font généralement que "traverser" ce service. On sent l'influence de sa formation journalistique, c'est bien mené, sans à priori ni parti pris ; c'est juste une mise en lumière judicieuse d'une chose qui nous concerne tous mais que notre société "bienveillante" fait tout pour occulter. Le dessin sans fioritures d'Olivier Perret tout en traits fins rehaussé de lavis de gris assure parfaitement le rendu de cette rencontre : simplicité, efficacité, sensibilité, un peu à l'image du personnel de ce service. Voilà donc un album documentaire fort, tout en simplicité pourtant, sur un sujet qu'on a trop facilement tendance à vouloir cacher sous le tapis. (3.5/5)

12/03/2018 (modifier)
Par Blue Boy
Note: 3/5
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De façon inattendue, cette BD-docu s’ouvre sur une tradition rurale indonésienne consistant à déterrer les morts tous les trois ans pour permettre à tout un village de les célébrer. On les lave, on les habille de leurs plus beaux vêtements, on les promène, puis on les remet dans leur cercueils jusqu’à la prochaine fois… Cette anecdote donne le ton de l’ouvrage qui aborde un sujet grave, sans tristesse ni larmoiements inutiles. Dans nos sociétés modernes occidentales où prédomine le culte de la jeunesse et de la vitalité à tout prix, la mort et la déchéance sont des thèmes que l’on préfère souvent éluder, même s'ils fascinent. Et pourtant, chacun y sera confronté tôt ou tard par la perte d’un parent ou d’un proche, et quand il s’agit d’une maladie incurable, les derniers jours sont toujours les plus durs à vivre, que ce soit pour le patient ou l’entourage. Pour mieux illustrer leur sujet, les auteurs ont enquêté dans l’unité de soins palliatifs de Roubaix, ville ô combien symbolique où la pauvreté qui la touche, plus que partout ailleurs, conduit souvent les malades à négliger leur santé. Ils ont interrogé les médecins et les soignants sur leur quotidien et les raisons qui les ont poussés à s’engager dans cette branche particulière de la médecine. Bien souvent, c’est un choix mûri et motivé par une empathie certaine ou la blessure liée au décès d’un parent dans des conditions pénibles, même dans le cadre d’une hospitalisation traditionnelle. Car en France, l’administration rechigne la plupart du temps à intégrer des unités de soins palliatifs pour des raisons bassement financières. L’accompagnement du patient en fin de vie n’est qu’une option accessoire, et après tout, pourquoi faudrait-il engager des frais pour quelqu’un dont on ne peut attendre un quelconque retour sur investissement pour la société ? Par ailleurs, il faut savoir que la France a été très en retard dans le domaine, de quelque vingt années par rapport au Royaume-Uni, pionnier en la matière. En effet, la première unité de « soins pal » n’existe que depuis 1987 dans l’Hexagone. Tout cela, on l’apprend grâce à de petits rappels historiques sur divers sujets en rapport, tels l’euthanasie, la douleur (longtemps considérée comme « salvatrice » par la tradition catholique), l’hypnose, et même le spiritisme (des témoignages font état d’événements troublants survenus dans ce service)… Xavier Bétaucourt semble n’avoir négligé aucun aspect de la discipline et nous livre ainsi un documentaire assez complet. Il montre aussi les malades, avec leurs angoisses mais aussi leur lucidité quant à leur fin imminente. C’est souvent touchant, mais jamais plombant. L’humour est bien présent, tant chez les patients que les soignants, un humour essentiel pour mettre à distance la tristesse liée au contexte et la faucheuse omniprésente. Le trait d’Olivier Perret reste suffisamment schématique pour ne pas tomber dans un voyeurisme malsain, même si parfois on peine un peu à distinguer les personnages les plus récurrents. Sobre également avec le parti pris du noir et blanc qui évite de parasiter le propos. « Quelques jours à vivre » est donc un ouvrage extrêmement humain et sincère, par ailleurs très bien documenté, où l’on découvre avec intérêt cet univers très méconnu que sont les soins palliatifs. En abordant la question de l’intérieur, Xavier Bétaucourt nous fait partager les états d’âme de ces professionnels dont la démarche se révèle quasi-militante, face à une administration rétive et déshumanisée. On en ressort avec la conviction que toute société civilisée digne de ce nom se devrait d’accompagner ses citoyens vers l’au-delà en lui évitant la souffrance.

08/10/2017 (modifier)