J'ai tué Marat

Note: 3/5
(3/5 pour 2 avis)

L'assassinat de Jean-Paul Marat dit "l'ami du peuple" part Marie Anne Charlotte Corday d'Armont, le 13 juillet 1793. Mettant en scène un dialogue imaginaire entre la victime et son assassin, LF Bollée et Olivier Martin reviennent en détail sur la journée du meurtre de Marat, et sur les motivations qui ont pu pousser une jeune femme de bonne famille à commettre un acte aussi terrible.


1789 - 1799 : La Révolution Française Révolutions françaises

Le 13 juillet 1793, Charlotte Corday assassine au couteau Jean-Paul Marat dans sa baignoire. Ils ne se connaissent pas, ne se seront vu que cinq minutes en tout et pour tout. C’est le temps qu’il aura fallu pour que tout bascule... Mais qui était Charlotte Corday, et pourquoi a-t-elle tué « L’Ami du Peuple » ? Bien que favorable aux idées révolutionnaires, cette jeune femme originaire de Caen considère les responsables de la Terreur comme le véritable poison de la société. Elle s’imagine que, par sa mort, Marat en sauvera des milliers. L’Histoire lui donnera tort...

Scénariste
Dessinateur
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 30 Mars 2016
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série J'ai tué Marat
Les notes (2)
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29/11/2016 | Le Grand A
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Par sloane
Note: 3/5
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Le dessin n'est pas si bon que cela, j'en veux pour preuve la tête de ce pauvre Marat. Je ne sais pas si c'est la tête d'un Playmobil mais par les dieux que c'est raide une ou deux expressions tout au plus. Le scénario est plutôt habile avec ce long flashback qui oppose Charlotte et Marat dans un au delà improbable. Je ne veux pas m'appesantir sur ce dialogue entre morts, chacun délivrant ses arguments sur le bien fondé de ses actes. Par contre j'ai bien apprécié tout le récit qui se concentre sur la dernière journée des deux personnages, une certaine tension s'installe même dans le récit. Comme le dit le Grand A dans son avis je reste également circonspect sur le passage ou l'on vois Charlotte mener les oies à la baguette, ça sent le profileur qui cherche une excuse dans la tendre enfance. Au final un épisode sympa de la série "J'ai tué" qui dépoussière le tableau de David, peut être à mettre entre les mains des juniors.

06/01/2018 (modifier)
L'avatar du posteur Le Grand A

Je n’ai jamais eu goût pour les révolutionnaires français. Robespierre, Danton, La Fayette, Sieyès, Saint-Just ou Marat, ces crieurs public sanguinaires se valent à peu près tous à mes yeux. Et Marat je ne le connais pas des masses, surtout immortalisé grâce à la toile de David. Néanmoins j’ai apprécié ma lecture de J’ai tué Marat qui s’ouvre comme un flash-forward puis retrace les derniers jours de Charlotte Corday au travers d’un dialogue post-attentat avec sa victime dans les limbes. Cette partie là constitue le vrai point fort de la bédé, je l’ai souvent répété dans mes avis sur des séries historiques, je n’aime pas la retranscription très « plan-plan », le truc linéaire qui finalement informe moins bien que ne le ferait un bouquin d’historien en plus d’être souvent ennuyeux. Cette partie fictive à un côté Dialogue aux enfers entre Machiavel et Montesquieu de Maurice Joly qui me plaît bien. En revanche peut-être fais-je fausse route, mais j’ai senti un parti-pris du scénariste en faveur de Marat sur lequel je ne le rejoins pas. Il y a ce moment flash back qui revient sur l’enfance de Charlotte où elle fouette des oies jusqu’au sang en en tirant du plaisir. Ce passage, inventé j’imagine, vise à montrer Charlotte comme une espèce de tortionnaire, personnage ambiguë mais qui aurait eu dès l’enfance des pulsions meurtrières. Désaccord également sur la conclusion où finalement c’est un peu Marat qui « l’emporte » : le geste de Corday n’aura servi à rien puisqu’il n’empêchera pas la Terreur. Oui mais non j’ai envie de dire. Qu’est-ce qui ne nous dit pas qu’avec Marat cela aurait été pire ? Quoi qu'il en soit je trouve cela marrant que plus de 2 siècles plus tard on puisse encore débattre sur les bonnes ou mauvaises intentions des révolutionnaires, etc. Certes, Bollée prend soin de ne pas tomber dans le manichéisme et chacun a l’occasion de défendre sa position, et personne n'est ni tout blanc ni tout noir, mais j’ai tout de même senti que la balance penchait un peu en faveur de l’ami du peuple... J’ai surtout été séduit par les graphismes du duo Olivier Martin – Sébastien Bouet. Le trait de Martin est net, encrage soigné, avec du détail, dessin semi-réaliste qui rentre dans ma zone de confort. Je lui reprocherait juste les gros plans sur le visage de Marat pas toujours concluant, visage de cire où il ressemble à un playmobil. Quant à Bouet, il offre une palette de couleurs très pétillante, pleine de nuance, un peu comme Stambecco sur le récent L’Illiade, et Thomas Allart sur HSE. Impeccable. Un bon numéro de la collection J’ai tué.

29/11/2016 (modifier)