Monsieur désire ?

Note: 3.82/5
(3.82/5 pour 11 avis)

Diagonale 2017 : prix du meilleur album. Un aristocrate Anglais mène une vie de d'ébauche dans l'Angleterre du 19ème siècle. Tout change lorsqu'il trouve une écoute bienveillante de la part d'une servante.


Glénat Hubert La BD au féminin One-shots, le best-of Prix Diagonale/Victor-Rossel

Il est jeunette beau et riche jusqu'à la caricature. Il ne parvient cependant pas à susciter la sympathie. Mais qui se cache réellement derrière cet Aristocrate aux mœurs licencieuses?

Scénario
Dessin
Couleurs
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 28 Septembre 2016
Statut histoire One shot 1 tome paru

Couverture de la série Monsieur désire ? © Glénat 2016
Les notes
Note: 3.82/5
(3.82/5 pour 11 avis)
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11/11/2016 | Montane
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Par Benjie
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
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Dès la première page de cet album, on entre par la porte de service dans la domesticité d’une maison de maîtres. Dans l’Angleterre victorienne, un dandy beau, réputé bien membré et fêtard rentre un soir inconscient et ensanglanté. Il s’est aventuré dans l’East End londonien au péril de sa vie. Alors que le personnel est absent, une jeune domestique consignée pour garder la maison n’a d’autre choix que de s’occuper de son maître et de le déshabiller. S’instaure, à partir de cette soirée, un rapport très ambigu entre les deux personnages : Edouard, un maître de maison dépravé et Lisbeth, une domestique besogneuse et discrète, au physique ingrat, mais à la vertu inébranlable. Entre tendresse, écoute patiente, suffisance et mépris, une relation complice s’installe. C’est très bien fait, bien écrit – même si dans plusieurs bulles il manque des mots ! – Le scénario est bien découpé. La logique voudrait que l’on aime Lisbeth et que l’on déteste Edouard, mais ce n’est pas si simple… La fresque sociale peinte par les auteurs est passionnante et nous plonge dans la société de l’époque victorienne. Les personnages sont complexes, profonds, mais, si on découvre le passé d’Edouard et les raisons de son comportement excessif, on ne sait pas grand-chose de Lisbeth. Dommage… un tome 2 serait le bienvenu. Le dessin est très précis, d’une grande finesse avec des cadrages réussis et des couleurs douces parfaitement bien choisies. Bref ! Une lecture très agréable, un régal pour les yeux.

17/04/2021 (modifier)
Par canarde
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
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Album de première classe ! Mais c'est drôle comme je ne me reconnais pas dans la présentation de cette histoire (avis précédents et résumé) : un riche don Juan qui s'éprend d'une domestique moche. Pourquoi s’arrêter au point de vue de monsieur ? Je pense que le point de vue le plus intéressant et le plus juste dans cette histoire c'est celui de la gouvernante, Lisbeth. Elle a la tête sur les épaules et très peu de marge de manœuvre dans sa situation sociale. Elle essaye de ne pas se laisser avoir par les propositions du maître qui seront forcément inconséquentes, ni par les injonctions de ses supérieurs, domestiques de première catégorie. Elle tire profit du silence qui lui est imposé pour réfléchir à sa situation et trouver une voie pour s'échapper. Elle saisit les opportunités, fait valoir ces intérêts en se trouvant des alliés par sa force de conviction. Elle réussit ensuite à glisser entre les boucles du nœud de contradictions dans lequel étaient serrés les domestiques des grands bourgeois à cette époque. Le dessin est très élégant : certains personnages ont le visage parcheminé de traits fins qui leur donnent des ridules très expressives, d'autres au contraire sont laissés dans une clarté sans aspérité, juste un nez fin pour le séducteur de haut vol et un gros nez rond pour sa gouvernante, cela nous permet de projeter ce qui nous plait pour le reste. Les couleurs (pas directes) sont un peu ternes, ce qui augmente la sensation de tristesse , d'enfermement. C'est extrêmement réjouissant de voir qu'en sachant se servir des mots, en sachant se taire aussi, écouter, baisser la tête si nécessaire, on peut mener sa barque exactement là où on l'a choisi.

22/06/2017 (modifier)
Par ArzaK
Note: 4/5 Coups de coeur expiré

Monsieur Oliver est un jeune aristocrate gâté par la vie, sa fortune en fait un des plus beaux partis de tout le royaume. Mais au lieu de faire un beau mariage, chaque nuit il préfère se vautrer dans la luxure dans les bas quartiers de Londres. Lisbeth est une servante parmi d'autres, elle n'est pas très belle et très différente de toutes celles que Monsieur a engrossées au retour d'une soirée trop arrosée. Lord Oliver fait d'elle, non une conquête de plus mais la confidente de sa vie de débauche. A mesure que Lisbeth découvre le vide existentiel de la vie de son maitre, elle commence à craindre pour son sort car cette "promotion" attise la colère de la hiérarchie du personnel de maison et l'expose aux pires mesquineries. Exquise peinture des mœurs et de l'hypocrisie des rapports sociaux dans la société victorienne, "Monsieur désire?" est un solide récit psychologique aux savoureux dialogues.

07/02/2017 (modifier)
Par Montane
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
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Lord Oliver est riche, jeune et beau, très beau même. L'argent n'étant pas un problème, il mène une vie mondaine. Aucune femme ne lui résistant, le vice et la luxure rythment son existence. Jusqu'à l'extrême. Lord Oliver sort beaucoup, un vrai oiseau de nuit. Et il rentre souvent au petit matin, dans un état lamentable car il boit beaucoup, et dans grande retenue. Et lorsqu'il se réveille enfin après avoir cuvé son vin, ou plutôt son Gin, c'est pour tenir des propos emprunt de cynisme, de provocation et de mépris à ceux qui lui rendent visite. Car ce Lord la, hait les conventions et la bonne morale Victorienne. Mieux il l'exerce et le fait savoir. Choquer et provoquer semblent être son unique raison d'être. Tout comme repousser toujours plus loin les frontières de l'indécence , et du cynisme. Mais qui est-il vraiment? Que cache ce comportement " borderline"? Un jour, il sera récupéré titubant par une de ses servantes, sentant allègrement l'alcool et le vomi. Son nom? Lisbeth. Prenant soin de lui, elle le dévêtira et le mettra dans son lit. En répétant cet exercice, elle gagnera son respect et il en fera sa confidente. Malgré son physique ingrat, il en viendra même à éprouver des sentiments pour elle. Mais comment donc, une gravure de mode comme lui, qui peut s'offrir les plus belles filles de Londres peut-il se laisser aller à éprouver des sentiments pour un laideron de basse extraction? C'est tout l'intérêt de cette très belle histoire. Une superbe plongée dans l'Angleterre Victorienne, à une époque ou Londres était la capitale du Monde. Hubert dont le scénario est d'une très grande qualité nous livre une superbe étude de mœurs , ou les conventions sociales sont grandement remises en cause par cette relation étrange entre un Maître et sa servante. Le dessin de Virginie Augustin, tout en vivacité et en légèreté sert admirablement cette histoire qui semble être passée totalement inaperçue dans la nuée de BD sorties ces derniers mois. Comme souvent d'ailleurs, car les productions nouvelles de qualité semblent ne pas faire le poids face aux séries déjà connues du grand public et c'est bien dommage. En tous cas je ne saurai que vous conseiller la lecture d'une histoire originale, en tout point reussie.

11/11/2016 (modifier)