Le Club des divorcés (Rikon Club)

Angoulême 2017 : Prix du Patrimoine Le maître du Gekiga s’attaque à un tabou toujours vivace de la société japonaise : le divorce. Le « Club des Divorcés » est un petit bar à Ginza géré par Yukô, jeune femme de 25 ans divorcée.
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Elle devient la « mama » du bar après son divorce afin de subvenir aux besoins de sa petite fille de trois ans. Dans cette série en deux tomes, on découvre le quotidien difficile d’une hôtesse, patronne et femme divorcée dans le Japon des années 70.
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Date de parution | 06 Novembre 2015 |
Statut histoire | Série terminée 2 tomes parus |
Les avis


Le Club des Divorcés est un petit établissement d’hôtesses situé dans le Ginza des années 70. À sa tête, Yukô, une jeune femme de 25 ans, fraîchement divorcée, qui gère le lieu avec un barman (également videur à l’occasion) et deux ou trois jeunes hôtesses. Yukô est à la fois patronne, hôtesse, confidente et figure d’autorité respectée. Mais ce rôle de repère moral qu’elle incarne pour ses clientes et ses collègues, elle est incapable de le tenir avec sa propre fille de trois ans, confiée à sa grand-mère et qui lui reproche obstinément d’avoir quitté son père, pianiste alcoolique et raté. Yukô tente de rester droite face à tout : un ex-mari envahissant, une fille qu’elle ne voit pas assez, un club qui peine à survivre dans une économie en crise, et ses propres doutes sentimentaux. Une maturité acquise à la dure, et à un âge bien trop jeune. Je l’ai lu sans rien en attendre, pensant tomber sur un drame conjugal à la mode des années 70/80, pesant et poseur. Ce n’est pas le cas. Le manga repose sur des chapitres courts, plutôt bien construits, ancrés dans une époque marquée (graphiquement et socialement) mais avec une narration fluide et des personnages intéressants. J’ai éprouvé plus d’empathie pour le jeune barman, honnête et touchant, que pour Yukô, plus difficile à cerner mais de loin la figure la plus forte. Elle porte en elle une forme de douleur rentrée, sous un masque impeccable de dame japonaise digne. Elle n’est ni une bonne mère, ni une bonne épouse, mais c’est précisément là que réside tout l’intérêt du récit : montrer une femme en dehors des normes, indépendante, libre, complexe, assumant ses choix sans les brandir. En creux, le manga dresse aussi un tableau d’un Japon des années 70 qui me parle peu. Les clubs sans fenêtres où des hommes libidineux ou paumés viennent boire et peloter des hôtesses me paraissent aujourd’hui datés et glauques. Le traitement de ces hôtesses est d’ailleurs intéressant, à la lisière de la prostitution sans jamais tomber dans le jugement. Le ton général est sombre, parfois trop pour moi, notamment cette insistance sur le suicide, presque perçu comme une option courante. On voudrait voir Yukô ou les autres s’en sortir, mais ce n’est pas la logique du gekiga : on est dans un réalisme amer, juste, mais pas réconfortant. La fin du manga, d’ailleurs, est crédible mais mélancolique, à l’image du reste. Je n’ai pas pris un plaisir constant à cette lecture, mais j’en garde l’intérêt d’un témoignage social lucide et d’un bon portrait de femme : forte, fière, libre, mais brisée par endroits.


Je n'ai pas réussi à rentrer dans ce manga. Le titre de la série m'intriguait et au final je ne vois qu'une suite d'histoires son intérêt mettant en vedette un personnage principal peu charismatique. J'ai abandonné au cours du premier tome. Il y a quelques scènes qui m'ont un peu intéressé, mais globalement j'ai lu ce manga dans une certaine indifférence. Il faut dire que le sujet du divorce et les bars ne m'intéressent pas du tout. Il y a tout de même un certain intérêt sociologique et historique qui risque de plaire à certains. J'aime bien le dessin et la préface qui explique le divorce au Japon est beaucoup plus passionnant à lire que le manga lui-même.


Le club des divorcés raconte la vie d’une jeune divorcée dans le Japon des années 70. Cette société a connu assez rapidement la possibilité de rompre les liens du mariage à savoir dans la deuxième moitié du XIXème siècle mais le mouvement s’est poursuivi pour en faire une sorte de marque d’infamie pour les femmes. Le club des divorcés est un café où tous les divorcés ont le droit de boire un verre le soir après leur travail afin de noyer leur chagrin ou leur honte. C’est un lieu convivial propice aux rencontres mais surtout au partage d’expériences. Ainsi, on devine aux motifs de séparations qui peuvent variés. Pour les femmes, c’est prioritairement le manque d’argent et accessoirement la perte du lien amoureux. Pour les hommes, cela peut être l’appétence sexuelle ou les beaux-parents. Objectivement, cette bd sur ce tabou de la société nippone n’est pas à bannir. En ce qui me concerne, je ne suis pas entré dans le sujet car peu concerné. Je n’ai pas non plus aimé cette femme Yuko qui n’hésite pas à balancer un ballon du haut d’un immeuble en provoquant un accident de la route. Oui, j’ai eu peu de sympathie alors que l’auteur voulait sans doute l’inverse pour la montrer un peu espiègle. Ma morale et mes valeurs sont sans doute sans concession pour ce genre de divagation. Certes, les hôtesses de bar ont également des conditions de vie difficiles. Sinon, juste un mot sur l’auteur Kazuo Kamimura qui est un grand mangaka au Japon mort prématurément à 48 ans en 1986. Il est l’auteur de La Plaine du Kanto mais également de l’œuvre qui m’avait un peu ému par sa nostalgie à savoir Lorsque nous vivions ensemble. On est loin de l’action. On est dans l’introspection d’un être humain avec ses douleurs intimes vives. J’ai aimé par contre ces critiques contre l’aspect conservateur de la société japonaise des années 70. Et puis, on a plaisir à suivre la relation qu’entretient Yuko avec son barman.
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