Bouche d'ombre

Note: 2/5
(2/5 pour 3 avis)

A la suite d’une séance de spiritisme et la mort de son amie Marie-Rose, Lou développe le don de voir les morts et de pouvoir leur parler. Une histoire surprenante, originale et mystique.


La BD au féminin

Lorsque cette histoire commence, le décor est apparemment celui du Moyen Age. Mais la bande-son, elle, suggère autre chose : rien moins qu'un vieux tube du groupe Téléphone, Un Autre monde... Tissée de deux lignes temporelles distinctes (l'une dans un environnement médiéval non daté, l'autre au coeur de notre époque contemporaine) qui vont finir par s'entremêler en une même trame, cette très intrigante histoire suit pas à pas le quotidien d'une jeune fille des années 80, Lou, dont le destin bascule soudainement à la suite d'une séance de spiritisme qui tourne mal. Traumatisée par le suicide de son amie Marie-Rose, qui n'a pas supporté ce que lui a révélé ce contact avec le monde des esprits, Lou mène l'enquête. Elle va peu à peu être confrontée, en lisière de l'apparente normalité qui constitue son quotidien, à des phénomènes de plus en plus déroutants. Hypnose, fantômes, visions, réminiscences vaudou... Pourquoi la réalité qui constituait jusqu'alors son ordinaire semble-t-elle insensiblement se déliter pour laisser apparaître un autre monde au parfum d'étrangeté, d'abord fugace puis de plus en plus marqué ? Ainsi intitulé en référence à un poème des Contemplations de Victor Hugo, le nouveau projet de la dessinatrice Maud Begon (Je n'ai jamais connu la guerre, publié chez KSTR) est une tétralogie créée en collaboration avec la romancière Carole Martinez, auteure notamment du Prix Goncourt des Lycéens 2011, Du domaine des Murmures. Un grand récit fantastique par un nouveau duo féminin plein de promesses.

Scénario
Dessin
Couleurs
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 28 Mai 2014
Statut histoire Série terminée 4 tomes parus

Couverture de la série Bouche d'ombre © Casterman 2014
Les notes
Note: 2/5
(2/5 pour 3 avis)
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10/05/2015 | Erik
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Par gruizzli
Note: 2/5
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Je me suis farci les quatre albums de cette série sans plaisir après le deuxième, mais je tenais à voir ce qu'il en était au global avant de pouvoir noter la série, mais je confirme que je n'aime pas. Enfin presque : j'ai bien aimé l'idée du premier, où la part du fantastique est encore bien modérée, tout pouvant être dans sa tête uniquement. Par contre, les trois tomes suivants glissent à fond dans le fantastique avec de l'hypnose et le fait de revivre les vies de ses ancêtres pour exorciser. Disons que j'ai été très vite très loin du récit, surtout en se détachant de Lou, personnage principale qui devient psychopompe et n'évolue que peu dans le récit. Je connaissais Carole Martinez pour son roman Le cœur cousu qui ne m'avait pas spécialement plu ni même marqué, je dois l'avouer. Et j'ai retrouvé ici les mêmes types de personnages, ainsi que des thématiques communes. La plus évidente est la filiation des femmes, avec des lignées de femmes qui se parlent à travers le temps, ainsi que la maternité et la transmission. Une autre thématique est la violence d'un monde contre les femmes, qu'on retrouve aussi ici. Mais c'est surtout le ton, souvent poétique et que j'ai fini par trouver barbant. Les dialogues sonnent trop littéraire et font parfois longs, avec des planches contemplatives au milieu de la BD. C'est ce qui a fait que j'ai fini par accélérer la lecture jusqu'à la fin du dernier tome que j'ai le moins aimé. Maintenant, ce n'est pas que le ton de narration qui m'a déplu, c'est aussi ce que dis le récit. J'ai accepté le fantastique qui est clairement annoncé dans le deuxième tome, mais j'aime moins l'aspect hypnose, pratique souvent mal comprise et très utilisée en charlatanerie, ici présentée comme une façon d'entendre la voix des fantômes ou de revivre des évènements du passé, sans jamais s'interroger sur la capacité d'un être humain à remodeler ses souvenirs pour en tirer ce qu'il souhaite comprendre. Mais admettons, c'est un élément sur lequel on voit souvent des choses pas très sourcés. Non, le hic que j'ai eu, c'est plutôt sur le fait qu'on allait se balader dans différents moments de l'histoire de France et que j'ai plusieurs fois tiqué sur ce qui en était dit. C'est un peu un cheval de bataille pour moi, mais je trouve que cette malversation de l'Histoire est souvent plus dommageable que pratique, et c'est surtout visible dans le dernier tome. On a tout les poncifs et fantasmes associés à la chasse aux sorcières : paysans qui organisent un bucher (sans procès par l'Eglise d'abord, bien sur), d'une femme appelée sorcière parce qu'elle vit librement en contact avec la nature. C'est tellement loin de la réalité de ce que furent les procès de sorcières et les buchers, de même que ça souligne encore une fois un propos sur notre époque et les luttes féministes actuelles (avec lesquels je suis d'accord, soit dit en passant). Mais montrer une jeune femme libre sexuellement au XIXè siècle qui est détestée pour ça, c'est oublier les IST, les MST, les Morpions ... Et on parle de la variole, la syphilis et autres joyeusetés. C'est peut-être trop terre-à-terre pour un récit de ce genre, mais oublier qu'on stigmatisait la sexualité débridée à cette époque c'est passer notamment à côté des épidémies bien moins soignées qu'aujourd'hui. Et je ne parle pas de ce trope de la femme proche d'un dieu de la nature détestée par une communauté religieuse intégriste, bien loin de ce que fut la réalité de ce siècle sur les religions. Bref, je m'agace encore et toujours des mêmes soucis mais parce que je vois le discours contemporain appliqué à des fantasmes de cette époque et qui passent à côté de ce qui fait la domination actuelle sur les femmes, qui n'est pas "universelle", ni un continuum de ce qui se faisait avant Les choses ont changées, pas toujours en bien, mais elles changent. Et comprendre avant c'est aussi s'interroger sur maintenant. Cette longue digression étant fini (et dites-vous que j'ai fait court) je dois dire que la série de BD n'est vraiment pas faite pour moi. Le côté fantastique très appuyé avec une psychopompe qui revit les femmes de sa lignée est une idée à potentielle, mais Lou devient vite anecdotique au récit et on se concentre uniquement sur le passé, remontant jusqu'au XIXè alors que Lou vit quelques petites aventures banales. Enfin, sauf la prise de LSD en étant à peine majeure, ce qui me semble tout de même un tantinet excessif. Après, une femme pousse une amie au suicide dans le tome un et réapparait ensuite pas trop changée. C'est le genre de choses qui ne marque pas vraiment, il faut dire ... Pour le reste, le ton souvent trop poétique et les soucis que j'ai avec la réinterprétation historique, l'implication parfois légère de sujets graves et qui ne semblent pas avoir de réelles conséquences, le tout me semble pas réussi. J'aurais pu aimer le premier tome comme un one-shot se suffisant à lui-même, l'extrapolation en série me fait hélas baisser la note et dire que la série n'est pas pour moi mais également que je ne la recommanderais pas spécialement.

28/06/2026 (modifier)
Par sloane
Note: 2/5
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Je ne suis pas vraiment convaincu par cette histoire de verre d'eau qui bouge et qui bouleverse la vie d'une jeune lycéenne. L'intrigue est assez confuse et les raisons du suicide ne sont pas très claires, dans la suite nous voila donc avec une des participantes à la séance de spiritisme qui se met à voir les morts. Sur l'ensemble se greffe une vague amourette d'ados, soit! mais franchement je m'y perd un peu , d'autant plus que le graphisme et les traits des protagonistes ne sont pas très différenciés. La référence à Victor Hugo est plutôt simple et comme disait l'autre grand dramaturge, au final: "Beaucoup de bruit pour rien". Pas de suite avec moi.

27/11/2015 (modifier)
Par Erik
Note: 2/5
L'avatar du posteur Erik

Après Antigone et Je n'ai jamais connu la guerre, voici Bouche d'ombre par la dessinatrice Maud Begon. Là, cela ne le fait pas non plus. On prend un poème de Victor Hugo et on essaye de bâtir une intrigue faite de spiritisme et de message délivré par les morts. Il y a bien un ressort dramatique mais une mise en scène qui ne permet pas de s'impliquer et d'avoir un ressenti dans ce récit gouverné par les esprits. L'explication haïtienne sera sans doute trop tirée par les cheveux. La suite se fera sans moi car ce n'est guère convaincant.

10/05/2015 (modifier)