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Vaincus mais vivants (Chili 1973)

Note: 3/5
(3/5 pour 4 avis)

Chili 1973. Carmen Castillo et son mari font partie du cercle des proches du Président Allende. Suite au coup d'état du Général Pinochet, ils décident d'entrer en résistance. Installée aujourd'hui en France, elle a fait le récit à Maximilien Le Roy de son histoire, une histoire de clandestinité, d'angoisse, de torture, de loyauté sans faille,... Une histoire de vaincus. Un histoire de héros (texte de l'éditeur).


1961 - 1989 : Jusqu'à la fin de la Guerre Froide Amérique du sud Biographies

Chili 1973. Carmen Castillo et son mari font partie du cercle des proches du Président Allende. Suite au coup d'état du Général Pinochet, ils décident d'entrer en résistance. Installée aujourd'hui en France, elle a fait le récit à Maximilien Le Roy de son histoire, une histoire de clandestinité, d'angoisse, de torture, de loyauté sans faille,... Une histoire de vaincus. Un histoire de héros (texte de l'éditeur).

Scénariste
Dessinateur
Coloriste
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 30 Janvier 2015
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Vaincus mais vivants (Chili 1973)
Les notes (4)
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17/02/2015 | Mac Arthur
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L'avatar du posteur Noirdésir

Le 11 septembre 1973 est bien moins resté dans les mémoires (allez savoir pourquoi…) que le 11 septembre 2001. Pourtant, ce n’est pas forcément le plus célèbre des deux qui a entrainé le plus de souffrance, ni eu le plus d’impact sur un grand nombre de personnes. Nous suivons avec cet album témoignage la brutale prise de pouvoir de Pinochet et de son appareil militaire et, de l’intérieur, la traque qui s’en est suivie, la torture et les « disparitions » de militants durant toute la dictature. C’est factuel, triste et douloureux parce que vrai, hélas. Ce témoignage rejoint aussi les nombreux livres écrits par des victimes (qui ont eu la chance d’échapper aux tortures et assassinats) et les enquêtes publiées depuis presque 50 ans sur les horreurs commises par les dictatures militaires d’Amérique du sud (l’opération Condor chapeautée par les Etats-Unis). Le dessin est moderne et se met très bien au service de ce témoignage. Même si, personnellement, sur ce genre de sujet, je préfère lire des livres ou des articles du Monde diplomatique. Manque juste, pour avoir un tableau complet plusieurs éléments (même si ce n'était pas forcément là le propos): - le travail de sape des États-Unis et de la CIA pour dévaster l’économie chilienne et tenter de rendre impopulaire Allende avant le coup d’État de Pinochet - le silence complice (par-delà les quelques critiques formelles sans conséquence des « démocraties » - ceci se poursuivant jusqu’à la protection accordée à Pinochet pour qu’il ne soit pas arrêté en Europe à la fin de sa vie) - le fait que c’est au Chili avec l’arrivée au pouvoir de Pinochet qu’a pour la première fois été expérimenté grandeur nature le programme de l’école de Chicago (l’ultra-libéralisme économique), ce qui montre bien que ce système s’accommode fort bien, pour ne pas dire qu’il en est complémentaire d’une dictature. Les déclarations de Thatcher à la mort de Pinochet, pour écœurantes qu’elles soient, illustrent bien cette collusion entre milieux d’affaires et dictatures fascistes sud-américaines.

10/06/2020 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
L'avatar du posteur Gaston

2.5 Je connaissais un peu la situation du Chili dans les années 70, mais pas trop Carmen Castillo. Cet album m'a donc permis de la connaitre mieux. C'est d'ailleurs la chose que j'ai le plus aime car ce récit ne m'a pas trop passionné. Je trouve les scénarios de Maximilien Le Roy la plupart du temps efficace, mais je ne réussis jamais à ressentir des émotions. Il se passe des choses horribles au Chili et cela ne m'a pas trop touché. De plus, comme j'avais déjà des connaissances sur ce sujet, plusieurs scènes ne m'ont pas intéressé à cause de mes connaissances. Le dessin est correct. Au final, un album qui se laisse lire et qui ne me paraît pas indispensable.

07/10/2015 (modifier)
Par Erik
Note: 3/5
L'avatar du posteur Erik

Beaucoup de rues en France portent le nom du Président Allende, surtout depuis le double septennat de François Mitterrand. Je ne connaissais pas précisément son histoire. Je savais qu'il était mort lors du coup d'état fomenté par le général Pinochet. C'était également le premier président marxiste à être parvenu au pouvoir par des élections. Il croyait en l'état de droit. Il allait en payer le prix. Cependant, sur le long terme, l'histoire lui a donné raison. J'ai une certaine admiration pour la manière dont il a agit. Ce livre se concentre également sur le parcours de Carmen Castillo, une femme courageuse qui a été torturée par les militaires félons et son défunt mari Miguel Enriquez. On y voit également l'intervention de Régis Debray qui avait fait l'objet d'une autre bd que j'ai avisée il y a peu de temps (Cher Régis Debray). Je crois que personne ne pourra mettre en doute ce témoignage car le Chili est bien devenu une dictature où des milliers de personnes ont disparu sinon torturés. J'ai bien aimé le propos car je m'intéresse à l'histoire de l'Amérique du Sud également. Le Chili est un pays qui a beaucoup souffert pendant les années du dictateur Pinochet que le président américain Nixon a mis en place. Il est vrai qu'à la mort de Pinochet, Margaret Thatcher ainsi qu'un des dirigeants du parti d'extrême droite française ont regretté sa mort pour le bien qu'il avait fait auprès de l'humanité en chassant le communisme. Quant à moi, je ne le regrette pas.

07/05/2015 (modifier)
L'avatar du posteur Mac Arthur

Le début du récit est très haché, avec d’incessants sauts de dates qui ne facilitent pas la compréhension. Heureusement, une fois cet écueil passé, nécessaire pour resituer les acteurs, le lieu et l’époque, le récit devient plus linéaire. J’ai pu alors totalement m’immerger dans ce récit engagé de Carmen Castillo, une militante chilienne, révolutionnaire issue de la bourgeoisie, épouse de deux dirigeants du MIR (mouvement de gauche révolutionnaire), secrétaire d’Allende puis longtemps traquée pour ses activités. Au fil des pages se dévoilent des personnages convaincus, soucieux d’installer une démocratie d’un modèle marxiste, mais persuadés, même au moment où Allende s’empare du pouvoir, qu’ils seront un jour obligés de reprendre les armes. C’est à un constat amer auquel on a droit car les faits leur donneront raison. Pour qu’une cause s’impose, il importe peu qu’elle soit juste mais bien qu’elle soit soutenue par les puissants de ce monde. La répression de Pinochet sera sans pitié, puisqu’il cherchera à éliminer jusqu’au dernier de ces révolutionnaires et que tous les moyens seront bons pour arriver à ses fins. Meurtres, torture, viols, pressions morales, rien ne nous sera épargné dans cet album dénonciateur (à juste titre). Au niveau du dessin, le style de Loïc Locatelli est très brut et convient bien à ce type de reportage. J’aurais personnellement apprécié que les personnages masculins soient mieux différenciés (le port de la moustache et des cheveux mi-longs étant de mise pour tous, ils ont une fâcheuse tendance à se ressembler) mais avec un peu d’attention, le lecteur ne sera pas trop freiné par ce petit problème. Au niveau de la narration, comme je le disais, le début du récit, avec ses changements de date fréquents et ses multiples personnages, est assez ardu (j’ai laissé tomber l’album en première lecture pour y revenir par la suite). Mais dès que je suis rentré dans l’album, le style de Maximilien Le Roy s’avère à nouveau très efficace. Les faits sont annoncés brutalement (l’auteur ne met pas de gants) mais une réflexion plus profonde, souvent en écho avec notre propre situation politique et économique, se dégage de nombreux passages bien choisis tant dans ce qu’ils dénoncent que dans ce qu’ils énoncent. Reste le fait qu’il s’agit d’un témoignage, donc d’une vision à sens unique des évènements. Et même si je ne me permettrais pas de mettre en doute les faits énoncés, le lecteur qui s’engage dans ce récit doit être prévenu de cet état de fait. Si le sujet vous intéresse, je ne peux que vous en conseiller la lecture. Quant à l'achat, je suis plus partagé : je ne le déconseillerai pas mais, à titre personnel, je privilégiera plutôt les livres de Carmen Castillo à cet album.

17/02/2015 (modifier)