L'Art du chevalement

Note: 2.33/5
(2.33/5 pour 3 avis)

Du fond de la fosse 9, Orfeo, un jeune « meneux d’quéviaux », s’apprête à faire sortir par le monte-charge, Pigeon, un vieux cheval qui travaille au fond de la mine depuis plus d'une décennie. Mais au lieu d’arriver sur le carreau du puits, ils se retrouvent devant une structure de verre : le musée du Louvre à Lens, vide de tout visiteur. Par quel mystère ont-ils traversé le temps? Peu importe...


Au fond de la mine... La BD au féminin Le Musée du Louvre

Orfeo est frappé par la beauté de ce lieu inconnu et étrange pour lui. Parcourant les galeries, il décrit ce qu’il voit à Pigeon, dont il a bandé les yeux pour les protéger de la lumière. Dans une atmosphère irréelle, leur chemin croise des œuvres d’époques très lointaines et très différentes, qui s’animent sur leur passage. Il y a l’Idole aux Yeux qui parle, vole, explique, raconte ; le cul d’Hermaphrodite qui lui rappelle tant Yvette, la Muse des mineurs ; les Ouchebtis, en grand nombre, à la recherche de la sépulture de leur maître ; la déesse Bastet sous l’apparence d’un chat... Un dialogue débute entre Orfeo et les œuvres d'art. Celles-ci lui expliquent leurs fonctions, tandis que le jeune homme leur déroule l'histoire de la fosse 9. Ouvertes en 1889, les galeries de la fosse 9 sont inondées, chevaux compris, les machines démontées par les Allemands, afin de détruire l’industrie du charbon, pendant la Grande Guerre. Elle reprend du service en 1924 seulement, le temps de tout remettre en marche, pour devenir après la Seconde Guerre, un camps pour les prisonniers allemands, puis le lieu des garnisons britanniques. C’est alors qu’Orféo et son meilleur ami le Grand Dédé — celui qui ressemble tant à la statue du Kouros de Paros, exposée dans la Galerie du Temps —, descendent à leur tour comme les pères et grands-pères dans la mine. Pigeon y est alors depuis déjà 10 ans. Entre le monde de la mine et les œuvres d'art, des correspondances sémantiques se créent, un lien intime se tisse entre les générations. C’est un dialogue à travers le temps, qui raconte l'histoire des hommes, de leur vie de labeur, de leurs souffrances, et l’histoire de l’art. Une réflexion fine, légère, intelligente sur le rôle de l’art, qui prend tout son sens, en ce musée construit en plein cœur du bassin minier du Nord Pas-de-Calais, région tant de fois meurtrie par les guerres et l’exploitation intensive du charbon. Texte : Editeur.

Scénariste
Dessinateur
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 25 Novembre 2013
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série L'Art du chevalement
Les notes (3)
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18/11/2013 | Alix
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Par Ro
Note: 2/5
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Cet album ressemble trop à une BD de commande à mes yeux. On a visiblement demandé à l'auteure de créer un album sur le sujet du Louvre Lens, et comme il se situe sur territoire des anciennes mines de charbon et des terrils, elle a dû se dire que ce serait bien de faire le lien entre le musée et ce cadre, de faire se rencontrer les œuvres d'art et un garçon de la mine et son cheval de trait. A l'image d'un Période Glaciaire, première BD parue sur le thème du Louvre, on se retrouve dans une atmosphère onirique où les sculptures parlent au jeune héros et lui transmettent des paroles de sagesse et de poésie un peu loufoque. Je n'ai vraiment pas été touché par cette tentative artistique qui, paradoxalement, m'est apparue très convenue et sans surprise. Je n'ai fait qu'apprécier les petits moments relatant la réalité de la vie à la mine et sur les terrils au milieu du 20e siècle mais ils sont très succincts et superficiels. Et le graphisme non plus ne me séduit pas : pas assez soigné et abouti à mon goût.

18/08/2019 (modifier)
Par Spooky
Note: 3/5
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Pour ma part je n'ai pas passé un mauvais moment de lecture. Les auteurs utilisent le voyage dans le temps dans un lieu symbolique pour amener le parallèle sur le monde de la mine et celui des Beaux-Arts. J'ai trouvé le parallèle plutôt bien amené, même si en effet, comme le souligne Alix, le récit est léger. Le parallèle ne peut pas être complètement établi, car notamment on n'a pas forcément tué des milliers de personnes pour réaliser une statue, alors que pour extraire du charbon, si. Cependant, et une nouvelle fois dans cette collection rattachée au Musée du Louvre, nous voyons quelques oeuvres remarquables (installées au Musée de Lens, cette fois-ci). Un petit détour par la case explication pour justifier leur présence (ainsi que dans les bonus de l'album), et les voilà actrices de l'histoire. Le trait de Philippe Dupuy, accompagné des couleurs d'Isabelle Merlet, est élégant, mais un peu trop à l'état d'esquisse selon moi, même si on est clairement dans la sphère de l'onirisme. A noter dans les bonus un lexique croisé entre la mine et l'art.

30/11/2013 (modifier)
Par Alix
Note: 2/5
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L'Art du chevalement - 2/5 J’avais pourtant adoré l’onirisme de Loo Hui Phang dans son dernier album en date chez Futuro (Cent mille journées de prières), mais ce coup-ci je n’ai pas du tout accroché. J’ai trouvé l’histoire ennuyeuse au possible. Il ne s’y passe rien de bien passionnant, le protagoniste discute avec des œuvres d’art dans un musée (on baigne donc dans une ambiance loufoque). Il leur parle de son travail minier, elles lui parlent de leur rôle (et donc du rôle de l’art de manière plus générale). Un parallèle est vaguement établi entre les deux sujets, mais franchement j’ai trouvé ça trop léger, trop abstrait. Bref, je suis complètement passé à côté de cet album, malgré la mise en image élégante de Philippe Dupuy. Je serais curieux de connaitre l’avis d’autres Bédéphiles.

18/11/2013 (modifier)