Tarzan par Russ Manning
Les aventures de Tarzan par Russ Manning.
Les petits éditeurs indépendants Tarzan
Tarzan a connu de nombreux auteurs pour ses aventures en bande dessinée. L'un de ses auteurs est Russ Manning. Retrouvez les aventures de l'homme de la jungle sous la plume de ce dessinateur.
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| Date de parution | 27 Octobre 2010 |
| Statut histoire | Histoires courtes 4 tomes parus |
Les avis
Je connaissais déjà plusieurs des dessinateurs historiques de Tarzan, de Foster à Hogarth, et j’étais curieux de découvrir ce que Russ Manning, souvent présenté comme l’un de leurs grands héritiers, avait pu apporter au mythe. Malheureusement, ma lecture s’est révélée bien moins enthousiasmante que prévu. Graphiquement, Manning livre un travail propre, élégant, parfois même trop sage. Ses personnages ont la classe et l'élégance des comics de l'âge d'or. Toutefois son trait clair et fluide donne au roi de la jungle une allure policée, presque trop soignée avec sa coiffure impeccable. Il propose un héros lisse, aux postures parfaites mais sans vraie intensité. Ses animaux sont en outre parfois peu convaincants, en particulier les primates pourtant si essentiels au récit de l’homme singe. Les arrière-plans sont souvent vides et comblés par les couleurs informatiques et assez laides des rééditions récentes chez Soleil puis Graph Zeppelin, ce qui n’arrange rien : elles aplatissent les reliefs et privent les planches de leur mystère. On devine le soin, mais il ne reste pas grand-chose de la moiteur et du danger de la jungle. Narrativement, il paraît difficile de dater la série tant sa naïveté semble parfois accuser un âge encore plus ancien que le sien, alors que son graphisme et son rythme plus modernes donnent l’impression d’une œuvre récente. Les scénarios sont répétitifs, prisonniers d’un schéma d’aventure à l’ancienne : Tarzan sauve la belle, affronte des fauves, croise des civilisations perdues ou de vils méchants bien manichéens, puis recommence. Il a tout du super-héros capable d’apprendre seul à lire et à écrire une langue inconnue, de s’envoler en tendant le bras vers une liane providentielle, et de garder sa stature de mâle alpha impeccable. Ce n’est pas désagréable, mais difficile d’y voir autre chose qu’un feuilleton figé dans les codes des années 60, voire d’avant. Les dialogues sont plats, et l’héroïsme sans nuance finit par lasser. Sur le plan du contenu, chaque histoire se déroule à une époque différente de la vie de Tarzan, avec parfois des ellipses si grandes qu’on a clairement l’impression d’avoir manqué des épisodes. Entre la première et la deuxième histoire, on découvre que Tarzan a vécu de nombreuses aventures en Europe et en Amérique, notamment contre des espions russes. Puis entre la deuxième et la troisième, on apprend qu’il a eu un bébé avec Jane, lequel est déjà adolescent dans l’histoire suivante. Par la suite, on revient en arrière, dans un flou artistique où tout se mélange et où le monde paraît minuscule, tant tous les protagonistes semblent se retrouver sans cesse au même endroit, avec des coïncidences énormes. L’auteur lui-même se perd dans ses continuités : des marins français retrouvent des naufragés déjà sauvés des mois plus tôt dans une aventure précédente, ou le fils de Tarzan appelle à l’aide Tantor, l’éléphant ami de son père, surgissant de nulle part alors qu’on l’avait laissé des années auparavant à l’autre bout de l’Afrique. Certaines histoires se déroulent dans la jungle africaine fantasmée chère aux classiques du personnage, d’autres plongent Tarzan dans la civilisation où il affronte divers scélérats, ennemis de la France ou de l’Angleterre, ou part en quête de trésors oubliés. Cette version de Tarzan m’a semblé à la fois trop lisse sur le plan graphique et trop kitsch dans ses intrigues. Manning a sans doute apporté une clarté et une rigueur bienvenues, mais au prix d’une part d’âme. Une curiosité historique, certes, mais une lecture assez fade pour qui espère encore frissonner dans la jungle.
Les aventures de Tarzan ont été dessinées par une foule d'artistes à la suite de Foster. Parmi les plus doués et les plus célèbres, citons Dan Barry, Bob Lubbers, Al Williamson, Doug Wildey, John Celardo, Joe Kubert, Mike Royer. On a vu dans mon avis précédent que Burne Hoggarth reste de loin le dessinateur le plus doué, en lui ayant donné une vraie dimension. Mais en 1967, la bande s'enlise un peu et ne semble plus passionner les lecteurs américains ; arrive alors Russ Manning qui donne un nouveau souffle à cette vieille Bd, et se hisse presque au niveau de Hoggarth. Chez les fans de Tarzan, il y a les inconditionnels de Hoggarth, et ceux de Manning. A la force un peu agressive de Hoggarth, Manning oppose le muscle policé, en livrant un dessin plus affiné, fluide et esthétisant ; il dessine Tarzan jusqu'à sa mort en 1981 en conservant ce trait appliqué et en insistant sur le glamour des femmes. Son Tarzan est également un peu plus "civilisé", il est connaisseur des armes nouvelles et des technologies des années 60 et 70, il fait plus souvent des incursions dans des villes, mais revient toujours à sa jungle. C'est ce Tarzan là que j'ai connu dans les fascicules de moyen format édités par la firme Sagédition au cours des années 70, touchant un public plus populaire. Ces pockets Tarzan comportaient également des épisodes consacrés à Korak, son fils, dessinés par Russ Manning et par d'autres. Car parallèlement à Manning, on verra aussi le grand John Buscema dessiner Tarzan en 1977 pour le compte de Marvel (je n'ai pas lu ces épisodes). En 1992, un Tarzan new look est dessiné par Mike Kaluta. Tous ont apporté un ton personnel et un style à eux, faisant de ce héros un personnage évolutif au fil des années, contribuant à perpétuer le mythe qui a inspiré des imitations parfois réussies, surtout en Europe (Akim, Zembla, Bengala, Kali, Tiki, Yataca ou Bingo...), sans compter les pastiches (Karzan, un pastiche érotique chez l'éditeur Elvifrance). A lire donc plutôt en bibliothèque, surtout que de nombreux albums d'origine ont subi des planches remontées ou tronquées (limitant la violence notamment) et des scénarios arrangés pour un lectorat enfantin.
Je savais depuis longtemps que Tarzan avait connu des histoires en bande dessinées, mais je n'avais jamais eu la chance de lire un album. C'est chose faire maintenant je ne suis pas très impressionnée. Russ Manning est censé être un très grand dessinateur, mais je trouve que si son dessin est pas mal, je ne vois pas pourquoi il est exceptionnel. Je crois que cela vient des couleurs. Je pense que j'aurais préféré si cela avait été fait en noir et blanc. D'ailleurs, l'éditeur dit que les albums ont été recolorisé. J'aurais bien aimé voir comment c'était avant cette recolorisation. Je me demande même s'il y avait de la couleur... Mais le gros défaut vient des scénarii qui ont très mal vieillis. C'est de l'aventure a l'ancienne avec un héros sans aucune personnalité qui sauve chaque fois une très jolie femme contre les méchants. En plus, ses aventures ne correspond pas toujours à l'image que je me faisais de Tarzan. Par exemple, dans une de ses aventures, Tarzan participe à un combat durant la première guerre mondiale et voir Tarzan en pagne tenir une arme à feux fait un peu étrange. Et je ne parle même pas des dinosaures. Je n'ai pas lu les romans donc je ne sais pas si cela correspond à l'œuvre originale, mais en tout cas une chose est sure je n'ai pas trop apprécié.
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