Le Sommeil du Monstre

Note: 3.6/5
(3.6/5 pour 52 avis)

Nike Hatzfeld a trente-trois ans lorsque sa légendaire mémoire hypertrophiée le renvoie aux tous premiers jours de sa propre naissance. Nous sommes en 1993. La Yougoslavie agonise, les obus bosno serbes pleuvent sur l’hôpital de Sarajevo. C’est là que Nike partage son lit et ses premiers jours de vie avec Amir et Leyla, orphelins comme lui. Son destin bascule lorsqu’il se souvient avoir juré, à l’âge de 18 jours, de les retrouver et de les « protéger toujours ».


Enki Bilal Les coups de coeur des internautes [EX] Yougoslavie

Entre sa mémoire de 1993 et sa réalité contemporaine de 2026, Nike Hatzfeld subit une brutale contraction du temps, qui l’entraîne dans un tourbillon d’apocalypse religieuse obscurantiste, comme si les gênes de son futur de 2026 étaient inscrits dans son premier souffle de 1993. Un bal macabre secoue la planète, ballotte le monde et ses démocraties, orchestré par un certain Optus Warhole, autoproclamé ; « l’incarnation du mal suprême »... Nike et Leyla se trouvent. Amir, de son côté, surnage avec Sacha, une fille paumée, quatrième pièce rapportée d’un puzzle en cours.

Scénario
Dessin
Couleurs
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution Septembre 1998
Statut histoire Série terminée 4 tomes parus

Couverture de la série Le Sommeil du Monstre © Les Humanoïdes Associés 1998
Les notes
Note: 3.6/5
(3.6/5 pour 52 avis)
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06/07/2001 | lon
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L'avatar du posteur Noirdésir

Le premier tome est monstrueux (sic) ! C'est-à-dire absolument génial je trouve (c’est essentiellement lui qui justifie mon coup de cœur). C’est d’ailleurs probablement mon album préféré de Bilal. Une claque visuelle d’abord. Le chef d’œuvre de Bilal sur ce point. Certaines planches, où quelques taches de rouge illuminent un bleu intense, m’ont fait penser à certains tableaux de Miro (en particulier la très belle trilogie « Bleu »). Et, même si le scénario est parfois alambiqué, il est globalement au diapason du dessin : dans l’utilisation du compte à rebours remontant le temps jusqu’à la naissance des personnages principaux en parallèle de leurs aventures, mais aussi dans le découpage/ télescopage des trajectoires de ces trois héros. Bilal part ici du traumatisme qu’a été pour lui – et pour d’autres – la désintégration de la Yougoslavie et la guerre civile qui l’a accompagnée, où les fanatismes qui se sont exprimés trouvent leur allégorie dans cet album. C’est aussi un très beau travail sur la mémoire. Un chef d’œuvre absolu, cultissime !!! Il aurait pu n’être qu’un one shot à 6 étoiles… C’est donc le souffle coupé qu’on ouvre la suite. Et je me fais là un peu la même réflexion que pour la trilogie Nikopol, c'est-à-dire que Bilal a du mal à garder le rythme sur des projets trop longs. Mais ne chipotons pas trop, ce deuxième tome (de ce qui n’était encore qu’une trilogie !) est encore très bon (facilement 4 étoiles). Mais entretemps, complications diverses, changement d’éditeur et de scénario visiblement, car la trilogie est devenue une tétralogie. Et je pense que le scénario aurait vraiment gagné à être resserré, et que ces deux derniers tomes, sans être totalement inutiles, ne sont plus à la hauteur du tome inaugural. Pas forcément au niveau graphique (quoi que), mais surtout au niveau du scénario, clairement moins inspiré pour le troisième tome. Plus laborieux, moins créatif, moins de souffle, on est moins porté par l’histoire, c’est clair. Contrairement à l’intrigue qu’on a aussi plus de mal à suivre. Le quatrième et dernier tome donne quelques clés, et en tout cas possède un scénario plus facilement lisible que le précédent. On en a fini avec la plongée dans la mémoire et le cauchemar de Bilal, qui a semblé exorciser avec ce « Sommeil du monstre » l’éclatement sanglant de l’ex-Yougoslavie (voir les mouches, omniprésentes dans cette série comme sur les charniers de l’histoire). Du coup difficile de noter l’ensemble, clairement inégal. J’ai opté pour un quatre étoiles tout de même, pour ce premier tome surtout, qu’il faut absolument regarder, lire, pour se rendre compte de ce qu’est un chef d’œuvre du neuvième art. Et qui permet de découvrir Bilal à l’apogée de son travail. Note réelle 4,5/5.

04/12/2013 (modifier)