Uncle Sam

Note: 2.85/5
(2.85/5 pour 13 avis)

Un portrait acide de l'idéologie américaine.


Alex Ross DC Comics Vertigo

Il est vieux et halluciné. Il erre dans les rues, dort au milieu des poubelles, et se nourrit de sandwiches jetés sur le bitume. Il est l'esprit de l'amérique. Il est Uncle sam Uncle Sam : une parabole politique où les icones et les allégories prennent vie et nous montre le monde moderne sous un jour nouveau, parabole qui a fait grand bruit lors de sa parution aux Etats-Unis. (texte: Semic)

Scénario
Dessin
Couleurs
Traduction
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution Février 2001
Statut histoire One shot 1 tome paru

Couverture de la série Uncle Sam © Panini 2001
Les notes
Note: 2.85/5
(2.85/5 pour 13 avis)
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23/05/2002 | ArzaK
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L'avatar du posteur Noirdésir

Étrange album que celui-ci ! Il n’y a pas vraiment d’intrigue, ça part un peu dans tous les sens. Nous suivons un vieux type aigri et à moitié fou, incarnant la mauvaise conscience des États-Unis, dans la peau de leur allégorie, Oncle Sam donc. Celui-ci, à travers les siècles, rappelle les horreurs commises au nom de la bannière étoilée. Les deux premiers tiers de l’album sont à la fois jouissifs, amusants, et étonnant. En effet, c’est assez rare de voir un comics dézinguer à ce point, et aussi systématiquement, les valeurs et la société américaine. Je dois dire que Darnall est exhaustif, et n’oublie aucun travers ! La noirceur, le cynisme sont donc au rendez-vous, on suit cette vision au vitriol de l’histoire américaine avec délectation, et parfois circonspection : où veut-il en venir au final ? Et c’est un peu là que le bât blesse. En effet, dans les dernières pages, ça devient un peu de la bouillie, comme si Darnall n’avait pas su conclure son pamphlet. C’est dommage. Le dessin de Ross est très lisible. Hyper réaliste, proche parfois dans le rendu de la photo (je pense que des photos retravaillées ont même été utilisées dans certaines cases), il accentue le côté à la fois « réaliste » et dénonciation d’un réel frelaté. A emprunter à l’occasion.

06/04/2024 (modifier)
Par Ems
Note: 2/5

A mi lecture, j'aurais mis un 4/5, aux trois quarts un 3/5 mais au final je m'arrêterais à 2/5. C'est une déception car cette BD a des atouts. Le dessin est ultra réaliste, chaque case fourmille de détails et est aussi travaillée qu'une couverture. Malheureusement, il finit par devenir indigeste. Le scénario est assumé, l'auteur prend ses responsabilités et n'hésite pas à dénigrer les USA sur leur passé. Cette nation s'est construite sur des idéaux peu avouables, un génocide (indiens), le racisme, le sexisme, le crime organisé... L'oncle Sam représente l'âme américaine qui se repend et réalise toutes les exactions passées, actuelles et certainement futures. C'est rare de voir un comics dénigrer les USA, en temps normal c'est plutôt le contraire... Malheureusement la narration est lourde et l'organisation des idées manque de structure. La première moitié de la BD fut agréable à lire, puis ce fut de plus en plus pénible. On n'apprend rien de nouveau mais je salue l'initiative tout de même.

12/09/2010 (modifier)
Par Erik
Note: 3/5
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Uncle Sam est un comics intéressant qui nous livre une sorte de vision de ce que sont les Etats-Unis. Le pays est passé au vitriol par son auteur qui ne le ménage pas. On n'apprend rien de nouveau entre les massacres des populations indiennes, la guerre fratricide entre le Nord et le Sud ou l'assassinat du Président Kennedy. Il n'en demeure pas moins que la démarche semble assez originale. J'aime quand un auteur exprime de manière claire son point de vue. J'ai trouvé que le dessin était magnifique de réalisme: on s'en prend plein les mirettes ! Les enchaînements entre le passé et le présent sont également très surprenant dans le bon sens du terme. Bref, la lecture a été plutôt agréable malgré certaines lourdeurs dans le scénario. Uncle Sam est personnifié par un vieux vagabond qui hante les rues comme pour souligner l'extrême pauvreté qui côtoie la richesse. En même temps, nous savons que les USA est le pays des extrêmes. On peut passer par exemple de Bush à Obama en un clin d'oeil ... Si la critique de l'impérialisme est de mise au départ, il y a comme une sorte d'atténuation vers la fin dans ce qu'est une véritable démocratie pour le peuple et par le peuple. Cela reste un exemple dans un idéal qui ne sera pas approuvé par tout le monde, je vous le concède. A noter que je ne partage absolument pas le parti pris par l'auteur ce qui ne m'empêche pas d'être indulgent.

13/10/2009 (modifier)
Par Pasukare
Note: 4/5
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Uncle Sam est la première oeuvre d'Alex Ross que j'ai eu le bonheur de lire et surtout de regarder. Il nous donne ici une vision des Etats-Unis d'Amérique vraiment peu commune, le rêve américain, oublié en chemin, qui tente de reprendre sa vraie place. J'ai eu un peu de mal au départ à me mettre à l'unisson des délires du personnage principal mais une fois que j'ai compris où l'auteur voulait m'emmener, c'est devenu plus facile. Les dessins sont magnifiques, c'est la première chose qui saute aux yeux ! Juste un reproche : les phrases qui commencent dans une bulle puis qui sont coupées par des [...] puis qui continuent dans la bulle suivante précédées de [...] , voire sur la page suivante. C'est un peu lassant à force on en oublierait presque de regarder le dessin tellement on cherche la suite de la narration.

05/10/2008 (modifier)
Par Spooky
Note: 3/5
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Les Etats-Unis d'Amérique sont souvent personnifiés par cet Oncle Sam, ce vieillard à la barbe fine et au tuyau de poêle tricolore. En faire le héros d'un comics est une bonne idée, surtout à une époque où un certain patriotisme regagnait des couleurs de l'autre côté de l'Atlantique. Cependant, j'ai trouvé que le récit manquait d'audace. Certes, montrer ce que les Etats-Unis sont devenus, c'est à dire une nation décadente, où règnent l'égoïsme et la bêtise et où l'apparence est magnifiée au détriment des compétences, ce n'est pas inintéressant, mais comme l'ont dit mes camarades, cela n'a rien de nouveau. Si au moins Darnall avait été plus loin dans sa volonté de "choquer"... Mais non, cela reste superficiel. Reste tout de même le dessin d'Alex Ross, que certains qualifient de peinture. C'est vraiment superbe, j'aime beaucoup l'aspect épique de son trait. Il est peut-être le meilleur pour croquer des personnages de stature mythique. En résumé, c'est un comics d'assez bonne tenue, surtout au niveau visuel, mais qui manque tout de même de profondeur dans son propos.

19/08/2008 (modifier)
Par Alix
Note: 3/5
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Bon, je comprends les posteurs qui trouvent que ce bouquin enfonce des portes ouvertes, et ne raconte rien de vraiment nouveau. De l’assassinat de Kennedy à la corruption des politiciens, en passant par le massacre des indiens et le KKK, Steve Darnall dresse un portrait au vitriol de son beau pays en nous servant un espèce de « best of » de tout ce qui a déjà été publié sur le sujet. Ce n’est pas toujours très fin, et finalement assez difficile à suivre, on a un peu l’impression que les auteurs ont déguisé leur rhétorique simpliste à grands coups d’effet de mise en scène. Reste que malgré tout ça, j’ai quand même passé un agréable moment de lecture, et que ce genre de sujet un peu contestataire me ravit toujours. Et le coté « épouvantail impérialiste » de ce portrait des USA est plus d’actualité que jamais… A lire si ce genre de récit engagé vous intéresse.

05/11/2006 (modifier)
Par Dakhan
Note: 2/5

Beau dessin, vraiment. Après, ce scénario du pays des allégories est discutable. Moi j’ai pas adoré, je trouve pas cette histoire très originale ni subtile. Je sors un peu déçu de cette énumération des vilaines actions américaines. Tout ça est un peu lourd. Je rejoints assez Cassidy. La critique est facile, l'art est difficile. Mais peut-être que ces histoires sont destinées au public américain, et qu’il est nécessaire d’en faire beaucoup (en partie parce que c’est le style de ce pays du superlatif) afin de faire passer aux Américains le message que leur pays n’est pas toujours le paradis ni l’idéal qu’il se plaisent à croire. Il semble en effet que nombre d’entre eux soient particulièrement ignorants, et donc crédules, et donc manipulables. En tout cas, ça finit à l'américaine. La lucidité a été de courte durée. Bref, un comics très dispensable.

02/02/2006 (modifier)
L'avatar du posteur ThePatrick

L'oncle Sam en tant que personnage véritable et non simple allégorie, voilà le personnage central de cet album. Mais les temps changent, et il n'est plus ce qu'il était. Il ne reste de lui qu'un pauvre vieillard qui traîne dans la rue, sale, vêtu de loques, hagard, presque fou. Déchu. A travers lui et ses souvenirs mouvementés, on revoit l'histoire américaine, avec les aspirations, les réalisations et les échecs de tout un peuple. Le dessin d'Alex Ross, j'ai déjà eu l'occasion de le dire à propos de Kingdom Come, est quasiment photo-réaliste, et pourtant il parvient à rester très vivant, ce qui, si on le compare à d'autres du même genre, n'est pas un détail. Les expressions des visages en particulier, relativement outrées lorsqu'on examine de près les cases une par une, sont en tant que séquence parfaitement rendues et rendent la lecture très fluide (traduction : lecture y en a être très naturelle même si dessin y en a être très réaliste. Ca y en était pas gagné, lecteur y en a qu'à regarder ce que Hermann y en a faire…). Le traitement du sujet est, lui, assez surprenant. Il s'agit en effet ni plus ni moins que d'une attaque assez virulente contre ce que les Etats-Unis sont devenus, au détriment de leur idéal. Un passage en particulier est très édifiant, celui où un nouveau sénateur a été élu et fait un discours, traduit en même temps par Uncle Sam pour montrer sa véritable signification. Un ouvrage engagé chez DC Comics ?! Dessiné par Alex Ross ?! O_ô Le problème, c'est que l'ensemble est tout de même un peu confus. Uncle Sam est en effet à la limite de la folie, a plein d'hallucinations (qui sont l'évocation de passages historiques marquants, ou de symboles tels que Victoria ou Marianne incarnant l'empire britannique ou la révolution française), le tout est mêlé au présent et on a donc un peu de mal à s'y retrouver. Mais c'est surtout au niveau de l'argumentation que c'est un peu confus. Le propos revient en gros à "on nous ment, les grosses entreprises tiennent le pouvoir et nous endorment, notre histoire n'est pas si glorieuse qu'on voudrait le croire", le tout semblant faire nettement plus appel à l'émotionnel qu'à l'intellectuel. Dans un genre similaire, "Bowling for Columbine" de Michael Moore, est d'une efficacité, d'une précision et d'une intelligence bien plus grande. Il démonte et détruit l'argumentation de ceux à qui il s'attaque d'une manière éminemment plus magistrale. Et puis il faut bien dire que la fin d'"Uncle Sam" est tout de même un peu décevante… Et puis certaines petites choses sont oubliées, comme Pearl Harbor par exemple, ou même tout simplement les deux guerres mondiales, ou encore la guerre du Vietnam, sur lesquelles il y aurait pourtant eu bien des choses à dire. Cela relève certainement d'un choix, celui de n'évoquer que les périodes et événements complètement centrés sur les Etats-Unis, mais du coup le résultat en paraît beaucoup plus égocentrique, plus partiel (et donc partial) et moins convaincant. Ceci dit, cet album est loin d'être à jeter aux orties, mais il est tout de même loin d'être aussi bien construit qu'il aurait pu l'être, avec un tel sujet.

17/04/2004 (modifier)
Par Ro
Note: 2/5
L'avatar du posteur Ro

Pfiou... J'ai trouvé cette bd lourde... Bon, le dessin d'Alex Ross, pour qui aime, est beau, mais je n'apprécie que peu de lire une BD aussi hyper-réaliste. Ensuite l'histoire... En est-ce bien une ? Ca ressemble plus à un pamphlet politique ou moralisateur sur l'Amérique et ce qu'elle est devenue dans la société moderne. J'ai trouvé le côté mélodramatique ennuyeux et le message trop direct, trop brutal et sans aucune finesse. Et surtout il s'agit de choses que toute personne qui connaît les USA sait déjà. L'auteur met le doigt et insiste lourdement sur le mauvais côté de la société américaine et de son histoire, un peu à la manière de Michael Moore mais encore moins intelligemment. Il étale le tout, le montre bien, le commente avec force cris angoissés et nous montre un Uncle Sam désespéré. Je suis tout à fait d'accord avec Cassidy, dont l'avis est donné ci-dessous : cette critique des USA enfonce des portes ouvertes et se veut tragédique quand elle n'est que répétition de faits connus pour peu que vous ayez une culture différente de ce qu'on voit dans les films hollywoodiens.

20/01/2004 (modifier)
Par okilebo
Note: 2/5

Cette bd sortie depuis quelques mois nous présente une vision différente de l'Amérique. Celle-ci est sans fioriture et très engagée. Le scénario de Steve Darnall est développé d'une manière originale. L'histoire des Etats-unis est présentée sous un visage peu courant: le massacre des indiens, la guerre de sécession, les discours hypocrites de certains politiciens sans oublier la délinquance et la pauvreté qui sont, elles, toujours d'actualité. Tous ces différents thèmes ont comme fil conducteur une figure emblématique de ce pays tout puissant: Uncle Sam. Avec lui, on traverse les années sans transition et on découvre d'une manière un peu surréaliste tout le mal que l'espèce humaine peut engendrer au nom d'une idéologie ou d'un régime aux limites du totalitarisme. Le récit est écrit avec clairvoyance et l'analyse que l'auteur nous propose de son pays est judicieuse. Ceci dit, j'ai trouvé la narration un peu fastidieuse. De plus, l'aspect surréaliste du récit m'a souvent déconcentrer. Le dessin d'Alex Ross est superbe, comme d'habitude. Son graphisme hyper-réaliste est parfois d'une beauté insolente. Je serais vraiment impressionné de le voir travailler en séance de dédicace.( En fait-il, seulement?!) En conclusion, ce comics est un album intéressant mais que j'ai trouvé un peu lourd et indigeste!

10/09/2003 (modifier)