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Yalla ! (la vie de soeur Emmanuelle en BD)

Note: 3/5
(3/5 pour 1 avis)

Evocation de la vie de soeur Emmanuelle, et plus particulièrement de son oeuvre auprès des éboueurs du Caire.


Biographies Egypte Prix Gabriel du CRIABD Spiritualité et religion

Le Caire. Dans l’un des immenses bidonvilles de la capitale égyptienne arrive une religieuse européenne de 60 ans, Soeur Emmanuelle, avec la ferme intention de s’y installer. L’entreprise aurait de quoi décourager les volontés les plus affirmées. Pas de dispensaire, pas d’eau, pas d’électricité…Ces familles de chiffonniers que l’on appelle les éboueurs du Caire vivent dans des conditions abominables, bien en dessous du seuil de pauvreté. Mais c’est justement ce qui a motivé le projet inébranlable de cette femme de caractère : vivre ici parmi les oubliés, les réprouvés, les pauvres d’entre les pauvres, et leur consacrer le reste de son temps de vie, pour les aider de toutes ses forces. Le monde apprendra bientôt que des forces, Soeur Emmanuelle en a à revendre. Et que son énergie est capable de déplacer les montagnes… Traité sur un mode réaliste, mais imprégné de l’optimisme et de la puissance de conviction qui caractérisait Soeur Emmanuelle, un portrait juste et sensible d’une grande figure contemporaine de l’action humanitaire.

Scénariste
Dessinateur
Coloriste
Flo
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 30 Septembre 2009
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Yalla ! (la vie de soeur Emmanuelle en BD)
Les notes (1)
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12/02/2010 | Mac Arthur
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L'avatar du posteur Mac Arthur

Il n’y a pas si longtemps, je remarquais que si un album comme Baden-Powell avait connu un grand succès à l’époque de sa sortie, je doutais fort qu’un album consacré à, par exemple, Sœur Emmanuelle, connaîtrait un succès équivalent au jour d’aujourd’hui. Et je me retrouve en cette froide soirée d’hiver devant un album consacré à Sœur Emmanuelle … Première constatation : si cet album n’était pas disponible dans ma bibliothèque, sans que je ne doive débourser un centime d’euro, jamais je ne l’aurais lu. Deuxième constatation : cette bande dessinée est bien réalisée. Pourtant, l’art de la biographie est délicat. Bien souvent ce genre d’album nous offre un assemblage de séquences décousues sensées relater les grands événements de la vie du personnage. Cet album évite intelligemment ce piège en débutant assez tard dans la vie de la religieuse, et en se centrant sur la création par Sœur Emmanuelle de ce qui deviendra l’œuvre de sa vie, à savoir son action au milieu des éboueurs du Caire. L’album évoquera encore d’autres actions de la bonne sœur, mais sous la forme de souvenirs, ce qui permet de conserver une relative dynamique et une agréable fluidité tout le long du récit. Mais, si la structure est bien maîtrisée, et si Sœur Emmanuelle est sans nul doute un personnage admirable, je dois bien avouer ne pas avoir trouvé dans l’évocation de sa vie des éléments qui m’auraient bouleversé. Les anecdotes sont bien gentilles mais les grosses difficultés que la copte dut connaître dans la réalisation de son rêve sont, sinon passées sous silence, du moins à peine évoquées. Et son déploiement d’énergie, que l’on imagine énorme au vu des résultats obtenus, en devient négligeable, tant tout semble tomber du ciel (croyance oblige ?) pour l’aider dans ses desseins. De même, la forte personnalité de la sœur est à peine évoquée. S’il est rapporté, de sa bouche même, qu’elle était dotée d’un caractère bien trempé, voire colérique, le récit n’offre pas d’exemples illustrés. C’est regrettable, je trouve, car cela déshumanise quelque peu le personnage qui reconnaissait elle-même ne pas être une sainte. En insistant un peu plus sur ses défaut, et donc sur son humanité, et sans tomber dans le sensationnalisme, les auteurs seraient sans doute parvenus à plus m’intéresser, à plus m’attacher au personnage. Du point de vue graphique, je me suis retrouvé devant une agréable ligne claire, qui, par moment, m’a fait penser au travail d’André Taymans. C’est simple, très lisible, frais et agréable à l’œil. Ce trait manque toutefois de personnalité pour vraiment se dégager du lot, mais, dans ce genre de réalisation, ce n’est pas ce qu’on lui demande. Pas mal, donc, pour une bande dessinée dont le sujet n’était pas de nature à m’emballer. Malheureusement, je crains que ce genre d’album ne parvienne qu’à convaincre des convaincus, et que les adolescents (et même les adultes) qui ignorent tout de l’œuvre de Sœur Emmanuelle ignoreront aussi cet album, au sujet de prime abord austère. Enfin il faut croire aux miracles. Yalla, comme elle avait coutume de le dire …

12/02/2010 (modifier)