L'Homme qui fait le tour du monde

Note: 3/5
(3/5 pour 2 avis)

1995 : Prix France Info de la Bande dessinée d’actualité et de reportage. Voyages autour du monde en suivant un investisseur au coeur de l'économie internationale


BD Reportage et journalisme d'investigation Carnets de voyages Documentaires Pierre Christin Prix France Info

- Il y a longtemps que je voyage. Depuis l'adolescence où j'ai commencé à sillonner Paris en tous sens. La jeunesse où j'ai arpenté l'ouest américain en compagnie de Jean-Claude Mézières. Ensuite, les reportages dans les pays de l'Est à l'époque où personne n'allait là-bas et qui ont nourri toute une partie de mon travail pour Enki Bilal. Les errances sur les cargos, dans les villes sud-américaines ou au Cap Nord pour écrire d'autres récits... A un moment s'est imposée à moi la nécessité de boucler ma boucle. Pour savoir jusqu'où pouvait me mener mon étrange besoin de mouvement, il me fallait faire le tour du monde. Ce désir, où se mêlait le goût de l'enquête, de la fiction, du rêve, de l'indignation, du danger parfois aussi, m'a mené en 1992 durant plusieurs mois de Bucarest à Léningrad et au-delà, via la Turquie, Bombay, le Bengla Desh, les frontières cambodgiennes, la Chine, Tokyo, les Etats-Unis que je connaissais bien, les Caraïbes que je ne connaissais pas, les bords de la Baltique que je redoutais... De mon périple, est sorti un album un peu étrange. Mais pas plus étrange que mon voyage et ce que j'y ai découvert : par exemple, que ce qui fait le plus, et le plus vite, le tour du monde, c'est l'ARGENT, et ceux qui le manipulent. Car par certains côtés, " L'homme qui fait le tour du monde " est deux. Moi. Et l'autre. Roscoe K. Stockman, l'insaisissable, le redoutable homme d'affaires multimilliardaire que j'ai pisté dans son incessant parcours du globe. Au lecteur de le découvrir à notre suite.

Scénariste
Dessinateurs
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution Avril 1994
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série L'Homme qui fait le tour du monde
Les notes (2)
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16/11/2009 | roedlingen
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L'avatar du posteur Noirdésir

La recherche d’un milliardaire, jonglant avec de grosses sommes sert de prétexte à un long tour du monde, inspiré par celui réalisé peu avant par Christin. S’entrecroisent de longs textes de Christin accompagnés de docs, photos, etc., et une partie BD, mise en images par Cabanes et Aymond. L’ensemble se laisse lire, sans plus. Aymond au dessin est sans doute celui qui s’en sort le mieux, même s’il est daté et classique. L’intrigue est un peu mollassonne, même si la « découverte » et la dénonciation de l’argent roi n’est pas inutile ou inintéressante. On peut même sans prendre de risque imaginer qu’aujourd’hui cela n’a fait qu’empirer. Mais bon, je n’ai pas vraiment trouvé mon compte dans cet album. Note réelle 2,5/5.

23/03/2019 (modifier)

Pour éviter tout débat : oui il s’agit bien d’une bande dessinée ! Si chaque étape se présente comme un récit illustré en double page, à chaque lieu, un Récit BD vient détailler les faits marquants du lieu. Ca peut aller de 2 planches à 10 mais à chaque fois, le récit montre ce qu’a pu saisir notre journaliste. Question scénario, le journaliste se livre à la redécouverte du principe de base du capitalisme : l’argent tourne plus vite autour de la terre que l’homme. Avec une prime à chaque arrêt et pas forcément pour des activités universelles. Dans des situations toujours confidentielles, les investissements importants se nouent, le culte du secret devient obligatoire pour ce milieu quitte à employer des moyens violents et à mettre en danger la vie d’autrui. De toute façon, à chaque problème un arrangement, ce photographe a compris à ses dépends qu’il ne faut pas faire de photos, mais repartira certainement avec de quoi s’offrir un nouvel appareil et de quoi se soigner. Notre reporter même vivra une frayeur comme je préfèrerai m’éviter au cours de ma vie dans cet aérodrome africain. Le dessin classique ne vient pas bousculer le lecteur. Dans des décors typiques mais souvent anonymes, géographiquement plausibles mais sans foison de détails illustrent par leur simplicité brutale l’inhumanité de cet univers. La colorisation date de 16 ans, elle ressemble à ce qui se faisait à l’époque, un peu comme du « Largo Winch » première génération : parfois le poids des ans se fait sentir, généralement l’ensemble ne gène pas le lecteur. Au final, l’album me parait intéressant pour cette enquête au cœur d’une vie d’un personnage fictif mais tellement présent dans notre inconscient collectif. Presque en paparazzi financier, nous tentons de comprendre les rouages d’un groupe opaque et de raccrocher la performance aux actions d’un homme de pouvoir. L’ouvrage a 16 ans mais n’a pas pris une ride de ce côté, seuls les décors se sont modernisés. Agréable à lire et salvateur pour ne pas croire à un monde idyllique en haute finance, mais sans plus d’intérêt qu’un bon reportage. A connaître.

16/11/2009 (modifier)