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Massacre au pont de No Gun Ri

Note: 4/5
(4/5 pour 2 avis)

Une terrible tragédie a lieu en Corée du sud, en 1950...


1946 - 1960 : L'Après-Guerre et le début de la Guerre Froide Adaptations de romans en BD Corée Gros albums La Guerre de Corée Manhwa

25 juin 1950. Les troupes nord-coréennes franchissent le 38e parallèle, la guerre est déclarée. C'est le début de la fuite vers le sud pour des milliers de sud-coréens. Un mois plus tard, le 26 juillet, près du hameau de no gun ri, un bataillon de la première division de cavalerie américaine prend position près d'un pont ferroviaire avec pour mission de tenir l'emplacement pendant trois jours au moins. Des centaines de civils sud-coréens trouvent un abri sous les arches du pont, avant d'essayer de poursuivre leur fuite éperdue. C'est le début du cauchemar : pendant trois jours et trois nuits, les soldats américains ouvrent le feu à la mitrailleuse sur les réfugiés, faisant plusieurs centaines de victimes.

Scénariste
Dessinateur
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution Février 2007
Statut histoire Série terminée 1 tome paru
Couverture de la série Massacre au pont de No Gun Ri
Les notes (2)
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17/08/2009 | Spooky
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Par cac
Note: 4/5

Massacre au pont de No Gun Ri relate en bande dessinée un fait avéré survenu pendant la guerre de Corée : la tuerie de civils coréens en fuite qui se sont réfugiés sous l'arche d'un pont pour échapper à la pluie de balles américaines. Ils vont vivre un véritable cauchemar pendant plusieurs jours, dans la peur, l'obscurité, au milieu des cadavres d'autres villageois, famille ou amis. Certains vont essayer de fuir subrepticement une fois la nuit tombée, d'autres restent terrés, d'autres encore s'insurgent contre ces tirs et ne comprennent pas, ils ne sont que de simples villageois sans arme quelconque et ne représentent pas une menace. Est-ce qu'on leur tire dessus en connaissance de cause, les sachant non armés ? On ne peut pas dire que je sois fan du dessin, il présente des traits assez laids et déformés à ces différents personnages, pauvres victimes qui n'ont rien demandé dans cette guerre. Le volume est épais, plus de 500 pages, mais elles se tournent vite, des dizaines de pages sur la tuerie donnant au lecteur une overdose d'images affreuses. Les 2 auteurs eux-mêmes coréens font à travers ce livre un devoir de mémoire d'un événement mal connu. D'ailleurs si vous lisez l'anglais (il n'y a pas d'article français), l'article du Wikipedia anglophone est une première approche pour connaître le contexte de ce fait historique. On se rend compte que des dizaines d'années après, la réalité n'est pas connue à commencer par celle du nombre de victimes et des questions demeurent sur les responsabilités de l'armée américaine. En conclusion il s'agit là d'un bon ouvrage, la fin laisse supposer une suite, je ne sais pas trop où veulent aller les auteurs car ce premier tome se lit comme un one-shot.

17/08/2009 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
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Quelle abomination ! Pour ceux qui ont eu le courage de lire le résumé, vous vous rendez compte que cet épisode de la guerre de Corée est tout à fait révoltant. En effet, non seulement l’armée américaine fait preuve d’un manque de discernement (comme toujours), mais en plus ce qu’il s’est passé est une pure boucherie. Ce manhwa est un témoignage poignant de la tragédie qui s’est déroulée dans ce petit coin de Corée du sud au début de la guerre, 5 ans seulement après la fin de l’occupation japonaise. Le dessin est naïf, mais il ne cache rien de ce qu’il s’est passé : bombardements meurtriers, brimades des fantassins, arrachages de membres et de têtes, même si ce n’est pas d’un réalisme à tout crin, la vérité est présente, et les auteurs (dont le scénariste a écrit un livre dont le manhwa est une adaptation) s’appliquent à raconter cette tragédie dans les moindres détails, de façon presque clinique, mais il est impossible de ne pas être touché par ces victimes. L’Etat américain a présenté ses excuses pour cette méprise meurtrière en… 2001, par la bouche de son président, Bill Clinton. L’album fait plus de 600 pages, et le détail des évènements se poursuit ad nauseam, mais au final on a le sentiment d’avoir, par l’intermédiaire d’un livre, été là-dessous, avec eux, pendant trois jours et trois nuits, à voir mourir nos familles, à ne pouvoir bouger sous risque de se prendre une rafale d’armes automatiques de la part de ces étrangers qui ne parlent pas un mot de coréen… Il n’y a pas de héros dans cette histoire, même si nous avons un fil conducteur avec ce père de famille qui retrouve sa femme, rescapée du massacre, après coup, et que c’est son récit et celui des autres survivants (ils furent 25 en tout, pour probablement près de 400 victimes) qui nous est livré. Deux petits regrets à la fin de ma lecture : ne pas avoir eu un petit dossier montrant le cheminement des réfugiés sur une carte du pays, ainsi que des précisions sur les suites de cette triste affaire. Petit défaut du côté des éditeurs donc. Pour le reste, c’est l’un des ouvrages les plus tétanisants que je connaisse, sur une histoire comparable à celle d’Oradour-sur-Glane, en France. Mais, étant donné qu'il est écrit à la fin "Fin du premier livre", on peut supposer que la suite (dont je ne connais pas le contenu) sera peut-être édité un jour en France. La longueur conséquente (et le prix qui va avec) de ce premier tome va sans doute rebuter de nombreux lecteurs potentiels, mais cette forme permet tout de même de garder son unité narrative... Un ouvrage nécessaire, qui nous montre une fois de plus l’absurdité de la guerre, par l’irrationalité qu’elle engendre.

17/08/2009 (modifier)