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Suckle, suivi de Crumple (Suckle/Crumple)

Note: 2.67/5
(2.67/5 pour 3 avis)

Peuplé d'extraterrestres pervers, l'univers de Crumple est dominé par des lesbiennes qui complotent contre les mâles. On y suit les aventures de Knuckle, éjaculateur précoce incapable de contrôler sa vie, et de Zev, son copain misogyne. Dans Suckle, l'orphelin du désert Basil est à la recherche d'une histoire d'amour, jusqu'à ce qu'un orgasme géant ne donne sens à sa vie.


Comix Guerre des sexes

Peuplé d'extraterrestres pervers, l'univers de Crumple est dominé par des lesbiennes qui complotent contre les mâles. On y suit les aventures de Knuckle, éjaculateur précoce incapable de contrôler sa vie, et de Zev, son copain misogyne. Dans Suckle, l'orphelin du désert Basil est à la recherche d'une histoire d'amour, jusqu'à ce qu'un orgasme géant ne donne sens à sa vie.

Scénariste
Dessinateur
Traducteur
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution Octobre 2008
Statut histoire Histoires courtes 1 tome paru
Couverture de la série Suckle, suivi de Crumple
Les notes (3)
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20/05/2009 | Ro
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L'avatar du posteur Noirdésir

Dave Cooper est un auteur qui ne peut laisser indifférent les lecteurs (dans tous les sens du terme d’ailleurs). Les thèmes développés dans ses albums, leur traitement, peuvent rebuter à la fois les amateurs de récits et de dessin classiques, mais aussi ceux qui n’adhèreront pas à son côté trash et provocateur. Je me range résolument dans le camp de ceux qui apprécient son travail, qui se révèle très original, tout en traitant finalement des sujets « de société », des questionnements tout à fait « ordinaires ». J’aime bien cet album. Annoncé par l’éditeur comme comprenant « deux tomes d’une trilogie », il faut en fait reconnaître que les deux histoires qu’il contient sont tout à fait indépendantes (et ont d’ailleurs paru séparément dans l’édition originale), l’histoire, les personnages – et les décors n’ayant rien à voir : ils auraient tout aussi bien pu être édités séparément en Français (comme l’a été Ripple, soit-disant troisième tome de cette « trilogie »). Et puisqu’il faut les distinguer, j’ai beaucoup aimé « Suckle » (4 étoiles), et un chouia moins « Crumple » (3 étoiles). Si les deux histoires sont pleines de sexe, d’êtres hybrides, et se déroulent dans des décors et un univers indéfinis (situés ni dans le temps ni dans l’espace, dans une sorte de SF mâtinée de fantastique underground), la poésie de Suckle (noire et glauque) m’a davantage attirée que les décors parodiques d’Hollywood (et de la société américaine en générale) de « Crumple ». La première histoire est aussi la plus originale, accumulant les passages muets durant lesquels les tribulations d’un personnage s’accompagnent d’une nature, d’objets, d’êtres qui se transforment, s’absorbent : c’est trash et poétique, noir, mais très dynamique, fluide, très chouette quoi ! La seconde histoire, malgré le côté trash réaffirmé (sans doute plus sporadiquement que dans la première), se révèle moins surprenante dans son ensemble, moins originale. Comme souvent chez Cooper, les relations sexuelles, le désir – refoulé ou exprimé de façon libérée, le passage de l’adolescence à l’âge adulte, transparaissent en filigrane au milieu d’aventures à la narration plus ou moins académique (la seconde histoire m’a peut-être moins attiré justement par son côté moins surprenant sur ce point, tout en restant intéressante). Cooper est de toute façon un auteur à suivre pour les curieux et amateurs d’œuvres non conventionnelles. Note réelle 3,5/5.

12/02/2020 (modifier)
Par Erik
Note: 1/5
L'avatar du posteur Erik

Là encore, je dirai que ce n'est pas ma tasse de thé. Le graphisme passe encore mais c'est le sens de ce récit qui part dans tous les sens et qui n'est surtout pas très sain d'esprit. C'est peuplé d'êtres bizarres et difformes qui dégoulinent comme des masses gluantes. C'est assez chaotique. Il n'y aura par exemple pas de scénario. Il faut le savoir. Pour résumer: nous avons une belle bande d'obsédés sexuels. Il faut être un peu passionné par le sujet. Mais attention: on ne fera pas dans la grâce ou la beauté même du geste. Cela dégouline jusqu'à l'excès. Moi personnellement, je ne serai pas le lecteur qui rentre dans cette folie. Tout le monde peut faire des choix et les assumer. Une oeuvre que je qualifierai de très visqueuse et dans tous les sens du terme. :(:(:( :?) :(:(:( :(:(:( :?) :(:(:( :(:(:( :?) :(:(:( :(:(:( :?) :(:(:( :(:(:( :?) :(:(:(

31/03/2017 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
L'avatar du posteur Ro

Cet album fait partie d'une trilogie thématique de l'auteur associant Suckle et Crumple à Ripple. Quand j'avais lu cet autre album, j'avais été purement rebuté par le côté glauque et délétère qui s'en dégageait, une ambiance de sexe malsain et de fascination pour la laideur. Mais peut-être le relirais-je un jour car après la lecture de Suckle, suivi de Crumple, je commence à un peu mieux comprendre l'oeuvre de Dave Cooper. Suckle s'entame par la naissance du personnage principal, issu seul dans le désert d'un oeuf pondu par un vagin géant. Toute l'intrigue se structure sur la dure initiation à la vie de ce personnage au départ assez naïf. Et par initiation à la vie, l'auteur entend essentiellement découverte du sexe et des pulsions qui s'y associent. Au départ conscrit à un décor de nature et de végétation, le héros sera ensuite amené à découvrir la ville et les humains qui la peuplent. Il sera confronté à chaque instant à des mélanges d'attirance et de rejet, attirance pour le corps et la douceur des femmes qui l'entourent et rejet des noires pulsions de ces dernières, des autres hommes et de ses propres vices qui lui font honte et qui l'effraient. Le graphisme de Dave Cooper est très organique. Ses plantes, ses fruits et ses décors sont comme autant de corps vivants, suintants, sensuels et sexués. Par son graphisme et sa narration, il arrive à instaurer une atmosphère de sensualité à la manière d'un rêve érotique où le rêveur est successivement ramené à ses désirs enfantins et à ses pulsions adultes. On se sent facilement plongé dans les chairs suintantes de son dessin comme dans un corps-à-corps sexuel. La morale qui se dégage de ce récit est plutôt simple, et relativement empreinte de valeurs judéo-chrétiennes ("méfie-toi de tes envies sexuelles et de la femme perverse") mais elles sont amenées avec une telle ambiance narrative qu'il est difficile de ne pas être touché. Crumple baigne dans une atmosphère assez proche mais présente une intrigue plus axée sur la science-fiction voire sur l'horreur. Il s'agit cette fois de suivre un personnage bien ancré dans la société humaine, un jeune homme un peu looser qui se voit du jour au lendemain largué par sa copine et part "draguer de la gonzesse" à Hollywood avec son pote. Le récit prend alors la forme d'une insidieuse guerre des sexes, le héros découvrant peu à peu un étrange complot de toutes les femmes du monde envers les mâles. Une fois de plus, l'ambiance est très réussie. Son message est destiné aux hommes qui se sentiront touchés et angoissés par ces femmes mystérieuses qui se regroupent pour garder leurs discussions entre elles et infantilisent ou rejettent les hommes en les traitant de porcs lubriques. Cela titillera les craintes adolescentes de beaucoup de lecteurs, d'une époque où les filles et les femmes étaient énigmatiques et où ils se demandaient bien quels secrets elles pouvaient se raconter loin des oreilles de garçons. Le récit est bien fait et prenant mais il m'a moins plu que Suckle. Je n'aime pas en effet la façon de penser d'"adolescents américains" qui se dégage des comportements des deux héros. Le récit présente tous les hommes comme étant immatures et déforme les relations hommes-femmes comme ces relations pouvaient l'être durant l'adolescence. Il se dégage en outre de nouveau une morale de bien-pensance chrétienne à l'américaine dans la façon dont le héros a honte de ses envies sexuelles, dont les femmes traitent les hommes comme des pervers sans cervelle voire pire comme des enfants qu'il faut materner ou guider. On est bien loin d'un récit d'égalité des sexes et il s'en dégage une atmosphère de frustration sexuelle immature qui m'agace plus qu'autre chose. Quoiqu'il en soit, nous avons là un auteur assez à part et des histoires qui ne manquent ni d'originalité ni d'impact. Graphisme et narration s'accordent de belle manière pour réveiller des émotions et des sensations parfois dérangeantes dans l'esprit du lecteur.

20/05/2009 (modifier)