Perramus
Perramus est une allégorie sombre et oppressive sur la dictature militaire argentine. C'est une grande fresque qui nous fait suivre les pérégrinations de trois personnages en quête d'histoire et d'aventures dans un univers dominé par les régimes totalitaires et la censure.
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Perramus, un jour, s'enfuit en laissant ses amis à la merci des millitaires. En fait, il ne s'appelle pas encore Perramus. Dans un bar perdu, on lui propose l'oubli, il accepte. Dès lors, il devient Perramus, l'homme sans passé. Au cours de ses pérégrinations, il rencontre Canelone, le négro, puis l'ennemi et enfin Borges, l'aveugle, le maître poète de Santa Maria. La dictature fait rage et menace l'âme de Santa Maria que les trois hommes vont tenter de sauver. De la lune au solitaire en passant par Mimile et le révérend, nos trois comparses se perdent dans une Santa Maria, rongée par la dictature militaire...
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Editeur
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Genre
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Public
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Type
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| Date de parution | Octobre 1986 |
| Statut histoire | Série terminée 4 tomes parus |
Les avis
Parfait ! Les généraux à tête de mort, le noir et blanc qu'on devrait nommer noir blanc et gris ! Et l'histoire ? Parfaite aussi, et tiens, comme dans Mortelune, et quoi qu'on en dise, il n'y a pas de baisse de régime à la fin. Par contre, je concède que c'est le cas dans Little Némo où il y a moins de couleurs, moins d'imagination, peu à peu. L'ai-je seulement mentionné, pris dans la nostalgie de l'époque où je découvrais cette œuvre, et dans le désir de rêves aussi brillants et beaux que Nemo ? Bref, enfin, je vois pourquoi on prétend qu'il y a une baisse de régime dans Perramus : à un moment, les méchants ne sont plus au pouvoir, et il se fait une quête pour dépasser le traumatisme collectif de la dictature… Je trouve l'idée excellente, mais il me semble que si je devais la décortiquer, je spoilerais quelque peu pour les gens devant découvrir l'œuvre. Je me conterais de dire qu'il s'agit, au fond, d'une réinterprétation du thème de la relique, déclinée d'une façon musicale et latino-américaine. Oui, latino ! Dans la deuxième partie, on s'ouvre sur tout le continent, et même le monde sans que ce soit forcé. Perramus et ses deux compagnons ont toujours autant de personnalité. Il en faut pour résister aux généraux, soutenir des dialogues avec Borges et autres aventures. Je ne prétends pas avoir compris toutes les allusions de l'œuvre. Et alors ? Comme avec Corto Maltese, elle rend la connaissance qu'on a plus joyeuse, et incite surtout à savoir et surtout vivre et rêver davantage ! J'ai enfin lu ce que j'ai longtemps désiré, et ce, sans déception. Souvent, dans tous les arts, quel à quoi bon ? Bref, remarquons que le scénariste aurait vu ses idées gâchées avec un dessinateur moindre, et que le dessinateur, sans une histoire digne de ce nom, n'aurait pas été amené à se dépasser. Bande dessinée : le dessin, il est toujours là, et le texte, doivent être valables et si possible, comme ici, plus que valable et se soutenir l'un l'autre. Non, la bande dessinée ne sert pas à dessiner si on ne sait pas dessiner pour refourguer son texte à ceux qui ne veulent pas lire plus que ça. Et d'un autre côté, le dessin n'est pas le paravent d'une histoire débile et de dialogues stupides. Donnons un coup du volumineux Perramus au premier qui coulera l'art séquentiel en en faisant une espèce de sous dessin ou de sous littérature !
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