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Hautes Oeuvres, Petit Traité d'humanisme à la française

Note: 3/5
(3/5 pour 8 avis)

En 1757, dans la jolie ville de Paris, Charles-Henri Sanson est effondré : bourreau de son état, il ne se remet pas du cauchemar qu’il a vécu la veille.


1643 - 1788 : Au temps de Versailles et des Lumières Consensus sur une BD La Boite à Bulles Paris

En 1757, dans la jolie ville de Paris, Charles-Henri Sanson est effondré : bourreau de son état, il ne se remet pas du cauchemar qu’il a vécu la veille. Alors qu’il devait torturer et mettre à mort Damiens, un présumé régicide, les événements se sont ligués contre lui : son oncle intoxiqué par la fumée lui cède la peu enviable place pour officier aux tenailles et surtout l’écartèlement par les chevaux tourne à la catastrophe, le corps refusant de céder… Sur la place, le bon peuple, assiste, enthousiaste pour la plupart, à cette exécution pleine de sang et de rebondissements. Les nobles, du haut de leur appartement, marient le plaisir du libertinage à celui de contempler ce spectacle des plus gores… Une histoire d’autant plus édifiante qu’elle est historique… Et que Sanson deviendra quelques années plus tard le véritable régicide, celui qui guillotinera Louis XVI et Marie-Antoinette. Texte : Editeur.

Scénariste
Dessinateur
Coloriste
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 06 Juin 2008
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Hautes Oeuvres, Petit Traité d'humanisme à la française

27/05/2008 | Alix
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L'avatar du posteur Noirdésir

L’essentiel de l’album nous décrit par le menu le supplice d’écartèlement subi par Damiens après sa tentative d’assassinat contre Louis XV, supplice qui nous est montré de différents points de vue (protagonistes directs, et divers témoins, puisque c’était un spectacle très prisé à l’époque). Et qui nous est aussi montré dans ses moindres détails. Simon Hureau semble avoir une prédilection pour les situations scabreuses, les univers glauques, et il met souvent en avant (sans forcément en faire l’apologie) ce que certains êtres ont de moins avouable, de plus noir dans leur âme, leurs comportements. En cela l’apparition du marquis de Sade dans une orgie, à laquelle participent quelques membres de la haute société dans un appartement avec vue sur le supplice infligé à Damiens, est assez symbolique. Quant au dessin, je le trouve intéressant, j’aime bien le style de Simon Hureau, un peu brouillon, mais dynamique et efficace. J’ai lu la réédition en couleur, celle-ci est peu marquée – de la même manière que les décors ne sont pas toujours très développés (souvent des bouts de personnages sont entourés de blanc) : ce minimalisme (partiel, car pour le reste le dessin de Hureau est complet et précis) passe très bien. Certains passages sont même presque comiques (tronche des chevaux et du supplicié pendant l’écartèlement ; immeuble montré en coupe avec les réactions diverses des occupants, hésitations et maladresse du bourreau, etc.), alors même qu’il n’est au fond question que de massacrer un homme. De la même manière, Hureau fait intervenir – de façon plus ou moins fantaisiste, plusieurs personnages « historiques », ayant assisté à ce spectacle (la Du Barry, Guillotin, Sade, etc) : c’est bien amené et l’ensemble est d’une lecture agréable, malgré un sujet – comme souvent chez cet auteur – plutôt noir.

20/06/2020 (modifier)
Par Erik
Note: 3/5
L'avatar du posteur Erik

Ce petit traité d'humanisme à la française nous montre les bienfaits de la société parisienne du XVIII ème siècle. Depuis Ravaillac en 1610, jamais individu n’avait osé attenter à la personne sacrée du Roi. En 1757, alors que Louis XV sort du Château, un homme se précipite et lui porte un coup au flanc. Il s’appelle Robert-François Damiens. Il va subir les conséquences de cette tentative de régicide car Louis XV s'en tirera avec quelques égratignures. On ne saura rien sur les motivations de cet homme ce qui aurait mérité un développement. Non, on va plutôt vivre une lente agonie liée à son supplice sur la place publique. Il sera écartelé et brûlé car il s'est rendu coupable du crime suprême : celui de lèse-majesté. La journée sera rude. Une foule immense assiste à ce spectacle, les balcons des maisons de la place de Grève sont loués jusqu'à 100 livres. Alors que des femmes du grand monde croient se faire bien voir du roi en trouvant plaisant le spectacle, la foule gronde car les exécuteurs, horrifiés, n'ont réussi leur œuvre qu'au bout de soixante reprises ! Cela nous montre également les méthodes de l'ancien régime. Celles du nouveau régime ne seront guère meilleures...

21/03/2015 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
L'avatar du posteur Ro

Simon Hureau excelle à faire ressortir dans ses représentations en bande dessinée le pire de l'âme humaine, le plus sadique, le plus détaché de toute morale, le plus détestable. Cela confère parfois à l'outrance et à l'artificialité comme dans Aspic Voisine que je n'ai pas aimé. Mais quand il s'agit de décrire une scène historique de torture publique, celle de l’exécution du "Régicide" Damiens en 1757, cela convient bien. C'est ainsi que l’événement est mis en scène de manière assez légère, avec une dose d'humour noir et une véracité historique un peu romancée et mélangeant des personnages dont la présence sur place n'est guère avérée. Le dessin de Simon Hureau est toujours très agréable, contrastant dans son esthétisme rond et légèrement mignon avec la dureté du propos. La palette des protagonistes mise sur l'accumulation de tares de l'âme humaine et d'absurdité devant l'horreur. On y trouve le jeune bourreau qui se désespère face aux ennuis techniques et logistiques d'une exécution qui se déroule difficilement, la foule qui vient là comme au spectacle jusqu'aux enfants sur les épaules de leurs pères, les aristocrates qui ont loué des appartements pour profiter de la scène en la commentant de manière désinvolte tout en assouvissant leurs autres délices pervers et sexuels par la même occasion, ou encore ces filles de petite vertu qui en profite pour se faire de l'argent facile... Tant et si bien que le supplicié n'en devient plus qu'un objet de spectacle dont la souffrance infinie n'est que sujet à commentaires ou à amusement. Tout ce récit est un révélateur de l'ignominie de l'âme humaine à cette époque, avec probablement en arrière-pensée que cela n'a pas beaucoup changé entre-temps. Concrètement, cet album est intéressant et bien mené, même si certains passages sont déconseillés aux âmes sensibles. J'y retrouve cependant cette insistance un peu trop appuyée et artificielle sur la noirceur humaine qu'aime à représenter Simon Hureau et qui me déplait assez. Ce n'est donc pas un album que j'achèterais personnellement mais j'en conseille néanmoins l'achat pour l'intérêt historique, la réflexion philosophique sur la dureté de l'âme humaine et le graphisme très agréable.

17/09/2013 (modifier)
Par Ems
Note: 3/5

C'est difficile de s'exprimer sur ce genre de BD. J'ai été relativement dérangé par le côté cru de l'exécution de Damiens pour un régicide burlesque. Ce qu'il subira le sera beaucoup moins. Hureau joue la carte du cynisme en jouant la carte de l'humour. Il est clairement dans la mouvance de l'époque et de ses idées. C'est difficile à comprendre de nos jours sauf comme dans le cas présent on est mis devant les faits accomplis. Les personnages du récit ont existé et les faits sont juste un peu romancés. Ce fait divers permet de décrire le contexte de l'époque et la vie d'un bourreau officiel, ainsi que son ressenti suite à l'exécution qui tourna au fiasco. Le dessin noir et blanc est très détaillé, limite chargé. Il est dans la continuité des autres BD du même auteur. Je suis étonné par cette BD et son contenu. Peu d'auteurs auraient eu l'audace de provoquer avec un tel récit. Hureau a cette capacité à déranger en ne prenant pas de pincettes. Il faut être prêt à sortir des sentiers battus avant de s'attaquer à cette BD.

07/08/2010 (modifier)
Par Sejy
Note: 3/5
L'avatar du posteur Sejy

Petit traité d’humanisme à la française. Voilà un sous-titre qui ne manque pas d’ironie ! Mais au-delà du délicieux cynisme engendré par l’acception usuelle de l’humanisme et sa résonance philanthropique, c’est plus dans sa conception philosophique qu’il faudra rechercher la véritable dimension de l’album. Ici, c’est l’être humain, avec ses ambiguïtés intemporelles, qui est au coeur de tous les questionnements. Derrière le déguisement d’un témoignage historique, l’album de Simon Hureau nous dévoile les dessous affriolants d’une chronique sociale drolatique et amère. Autour du supplice de Damiens, il déploie les trajectoires de multiples personnages à travers une chorale de points de vue subjectifs ou de tableaux plus prosaïques. Dans une atmosphère festive, quand la majorité se délecte de ce « spectacle populaire », les paillards, inspirés, s’abandonnent à la débauche, quelques opportunistes profitent de la distraction générale pour commettre d’ignobles larcins, et d’autres philosophes débattent de la qualité du divertissement ou épiloguent sur les droits fondamentaux de l’Homme. Un striptease (au propre comme au figuré) baroque, de la bourgeoisie jusqu’au bas peuple, l’exhibition de mœurs comme autant de majestueux doigts d’honneur à la moralité. La violence et la cruauté sont bien là. Tant dans les scènes très explicites que dans les sous-entendus intellectuels. Mais le ton se veut léger et décalé. Une narration enlevée, très spirituelle, qui comblera autant les extrémistes de la véracité historique que les adeptes de fraîcheur, et un graphisme enjoué aux courbes subtiles et élégantes sont les diversions qui repoussent allégrement notre seuil de tolérance à l’horreur. Et si cela fait du bien aux yeux, ça picote aussi la conscience… … et c’est vachement bien ! 3,5/5

12/10/2008 (modifier)
Par Pierig
Note: 3/5
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Soyons clair, cet album n’est pas à mettre entre toutes les mains, la faute à son contenu un peu gore et libertin. Néanmoins, il mérite qu’on le lise à plus d’un titre. D’abord par son côté "historique" (bien que certaines libertés aient étés prises par l’auteur). Cette bd relate la mise à mort de Damiens, qui fut écartelé puis mis au bûcher après plusieurs heures de supplice, pour avoir frappé le roi Louis XV d'un inoffensif coup de canif. Ensuite, par son côté "témoignage" de la vie parisienne au 18ème siècle. Et c’est vrai que la vie en ce temps-là a de quoi surprendre (les pouilleux et le libertinage). Le ton volontairement sarcastique employé par l’auteur sied bien à la mentalité de l’époque qui faisait de ces exécutions un spectacle tout public. Un pur moment de divertissement en somme... Plus largement, ce récit nous fait prendre conscience des méthodes nombreuses et barbares pour appliquer la peine de mort (tenaille des chairs, brûlure au soufre de la main, écartèlement, bûcher). La guillotine apportera un peu plus de civilité à cet acte barbare... Comme l’a fait remarquer Spooky, le trait de Simon Hureau présente bien des similitudes avec celui de Nancy Peña. Un gage de qualité en quelque sorte...

14/08/2008 (modifier)
Par Spooky
Note: 3/5
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Cet album est une sorte d'OVNI dessiné. Prenant comme prétexte l'exécution de de Damiens, qui blessa superficiellement le roi Louis XV, il nous permet d'avoir un bref aperçu de la société parisienne au 18ème siècle. La vie parisienne dans ce qu'elle a de plus sordide : l'attrait d'une exécution, le sang, les excréments, mais aussi le sexe à tout-va, aussi bien au sein du petit peuple que de l'aristocratie venue s'encanailler. Hureau ne nous épargne rien, pas même les détails assez crades de l'exécution, qui fut, et c'est avéré, particulièrement longue, répugnante et cruelle. Ses personnages sont bien campés, sa mise en scène est réussie, et certaines des pages sont anthologiques : je pense par exemple à la page 30, où une vue en coupe nous permet de suivre l'activité (souvent coquine) et les réactions (très diversifiées) des habitants d'une maison de cinq étages et des passants postés au-dehors. Au niveau de son trait, je citerai plutôt Nancy Peña pour la maîtrise du noir et blanc et la mise en scène. Alors pourquoi seulement un 3/5 ? parce que cet album, malgré toutes ces qualités, ne présente pas un gros intérêt, mis à part ce survol de la société dont on parlait précédemment. Une curiosité cependant, à lire ou même à parcourir si vous tombez dessus.

24/07/2008 (modifier)
Par Alix
Note: 3/5
L'avatar du posteur Alix

Une histoire (paraît-il) basée sur des faits historiques, mais racontée de façon très humoristique. L’exécution primaire du régicide Damiens nous est rapportée par différents témoins, ce qui nous permet d’en saisir les détails les plus sordides. Il est difficile de croire que la vie parisienne ressemblait à ça il y a à peine 2 siècles et demi. Quelle violence, quelle pauvreté, quelle débauche sexuelle ! La narration est originale, et mêle violence et crasse à des scènes sexuelles et un ton caustique et humoristique. Mais je me demande quand même quelle était l’intention de l’auteur quand il a écrit cette histoire. Nous faire rire ? Réfléchir ? Nous faire découvrir le Paris du 18ème siècle ? J’ai passé ma lecture à me demander si je devais rire ou pleurer. Une note sur le dessin. Il est très détaillé et fait très « sale » (à ce titre il me rappelle un peu le style de Jean-Marc Lelong dans Carmen Cru), et sied parfaitement à la morbidité du récit. Voilà, encore une curiosité et un auteur plein de talent chez La Boîte à Bulles. Pas un immanquable, mais à lire si ce genre de récit historique un peu décalé vous branche.

27/05/2008 (modifier)