Brève cohabitation

Note: 2.33/5
(2.33/5 pour 3 avis)

La cohabitation d'un homme et d'une blatte géante...


Les Insectes Manhwa

C'est l'histoire d'un jeune homme rempli de solitude. Un soir, alors qu'il rentre dans son petit studio, il y découvre un cafard. Et par n'importe lequel !...c'est un cafard géant. Et ce cafard a la taille d'une femme... Plutôt que de l'éliminer, et ayant découvert qu'il s'agit d'un cafard femelle, il l'appelle Uisoo et le/la laisse s'intaller dans sa vie. Uisoo va ainsi lui faire la vaisselle, l'aider à choisir ses vêtements, lui apprendre à s'habiller... Il leur arrive aussi de se balader en rue... Mais, forcément, les questions vont se multiplier : est-il normal de se promener en rue avec un cafard géant ?... Que faire pour aider les insectes qui sont victimes de tout dans les grandes villes ?...

Scénariste
Dessinateur
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 17 Août 2006
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Brève cohabitation
Les notes (3)
Cliquez pour lire les avis

02/03/2007 | L'Ymagier
Modifier


Avant toute chose, je voudrais noter que l’énoncé sur l’histoire dans la présentation de ce manwha est totalement erroné. Uisoo n’est pas le nom du cafard, mais le nom de la petite amie du héros (qui sont bel et bien deux personnages totalement différents). De plus, à deux reprises dans cette histoire, il est justement question de l’absence de nom du cafard. Le cafard expliquant à juste titre qu’un prénom ne lui servirait à rien et que ce serait plus une source de conflit qu’autre chose. Alors Brève Cohabitation, qu’est ce que ça donne ? Côté scénario : C’est donc l’histoire d’un personnage qui réalise son extrêmement solitude un beau jour. Et il finit par se dire qu’il préfère vivre avec un cafard dans son appartement plutôt que totalement seul. Un cafard, ce n’est qu’un cafard, mais ça reste malgré tout une compagnie, aussi minime qu’elle soit (on est dans les prémices du Bouddhisme, ce qui est assez compréhensible venant d’un pays tel que la Corée). Et on suit donc ce personnage dans sa non-solitude qui finit par rencontrer l’amour. Sa vie va se résumer entre Uisoo (sa petite amie) et le cafard (son amie qui vit avec lui). Ce qui est très fort, c’est qu’on ne tombe pas dans le cliché d’une banale histoire d’amour où la fille est jalouse de la coloc’ du héros. Non, ici, au contraire, elles semblent bien s’entendre et toute cette histoire assez légère repose finalement sur les questions existentielles que le personnage principal se pose. Un peu de philosophie poétique ne fait pas de mal et on sent que l’auteur lui-même s’est posé ces questions. En fait, on dirait bel et bien une espèce d’histoire autobiographique d’un dessinateur (car c’est le métier du personnage principal) qui serait un peu enjolivée par ces personnages qui sortent de l’ordinaire. On sent bien les questions sur la vie que pas mal d’auteurs se posent dans leurs périodes de doutes. J’ai adoré ce point là ! Côté dessins : Les dessins sont peut être le point faible de cette BD. Disons que les pages sont vraiment irrégulières. Parfois, on a du simple crayonné, d’autres fois, ça ressemble au style humoristico-simpliste des BDs franco/belges ; à d’autres endroits, l’auteur joue beaucoup sur les contrastes. En fait, cette multitude de variantes rend finalement un ensemble assez plaisant car on ne sait pas trop de quoi est fait la page suivante. C’est assez déconcertant, un peu comme l’histoire elle-même, donc tout est en harmonie. En revanche, même si les dessins peuvent parfois paraître un peu simple, on ne s’y perd pas du tout et les émotions sont très bien retranscrites et croyez-moi, ça ne doit pas être facile de faire passer des émotions à un cafard !! Côté personnages : C’est là que toute l’originalité et l’intérêt fait son œuvre. Le personnage principal est clairement un reflet de l’auteur qui devait un peu sombrer dans la déprime de sa solitude. Son amie le cafard, est tout simplement géniale. C’est une femelle cafard très gentille, toujours aux petits soins. Ils ont une relation vraiment particulière, ils vivent ensemble, mais ne sont rien d’autres que des amis très proches car ils ont conscience de ne pas être de la même espèce animale et parfois, ils parlent de leurs différences. Et puis il y a Uisoo, la petite amie du héros qui est très attentionnée également. Pas de caricature dans les personnages, ça fait du bien. Mon impression après l’avoir lu : On est dans un traitement totalement à l’opposé de Kafka, mais l’auteur le dit lui-même dans sa BD et on voit bien qu’il ne cherchait pas du tout à travailler ce thème insectoïde de la même façon. Ce que j’ai trouvé absolument génial, c’est qu’il n’y a pas de gentils et de méchants, on est comme dans le monde des insectes : il y a plusieurs espèces qui se croisent, certains sont un peu plus agressifs que d’autres (souvent les humains) mais il n’y a pas d’histoire autour de trahison ou compagnie. Enfin un peu d’originalité !!! Toute l’histoire parle de cette brève cohabitation entre un homme et son amie cafard. Franchement, je salue vraiment l’auteur pour cette histoire très originale, je n’avais jamais vu ça ailleurs. Dans d’autres BDs, ça aurait tourné rapidement au drame ou à l’horrifique, mais pas ici. Et puis il y a ces trois petites histoires courtes à la fin. Pour moi, la première (qui montre une démultiplication du personnage) est la suite directe de cette histoire principale. Je n’en dis pas trop pour ne rien révéler. Mais disons que l’auteur part dans un délire très intéressant ! J’aurai aimé que ça soit plus long. La deuxième petite histoire ressemble un peu plus à un gag qui part probablement d’une idée assez exceptionnelle mais qui n’est vraiment pas poussée très loin, dommage. Et puis la toute dernière histoire nous ramène encore dans un univers très personnel car l’auteur lui-même rencontre son double qui a 33 ans de plus. Et il discute un peu dans une sorte de labyrinthe cérébral. Ce Manwha est vraiment une très très bonne surprise pour moi, un lecteur qui aime bien voir des choses nouvelles.

06/03/2010 (modifier)
Par Ems
Note: 2/5

"Brève cohabitation" n'a rien à voir avec l'univers kafkaïen. Certes l'auteur intègre sans sa fiction des insectes permettant de traiter de certains sujets de façons imagées. L'inconvénient avec ce procédé, c'est le faible poids des arguments car les thèmes abordés ne sont pas ouvertement débattus. Il y a des points intéressants dans ce one shot qui peut s'assimiler à un roman graphique sur bien des points. Malheureusement, la BD m'est tombée des mains sur le final du long récit principal (les 2 autres sont anecdotiques). L'auteur passe dans l'abstrait lugubre, avec une multiplication de son personnage comme dans 676 apparitions de Killoffer avec le même côté trash. Le dessin N&B est simpliste, juste moyen, sans plus... Cette BD se révèle étrange, l'auteur prend de drôle de chemins pour s'exprimer mais il n'arrive pas à faire ressortir correctement les thématiques pour réellement passionner le lecteur.

12/02/2010 (modifier)
Par L'Ymagier
Note: 1/5

J'aurais pu écrire : " Magnifique !... Une superbe oeuvre du Coréen Jang Kyung-sup, où je me suis retrouvé dans un univers véritablement Kafkaïen !... La tension. La détresse. L'ambiguïté. En début de lecture, j'ai pensé me trouver en présence d'un personnage au cerveau malade ; mais j'ai découvert une histoire qui -progressivement- touche à la politique et lorgne vers la science-fiction ; tout en évitant d'être tentée par une forme de Grand-Guignol. Le dessin ?... beau dans sa simplicité. Un trait qui me paraît plus proche du style graphique américain que des manhwas traditionnels. 192 pages d'une réelle découverte d'un auteur passionné. Un très beau récit en noir et blanc, prolongé par deux courtes nouvelles tout aussi existentielles. Du grand art. " ET BEN NON !.. Hé !... ho !... faut arrêter de déconner, là !... Je veux bien tenter de m'initier aux nouvelles formes d'une certaine BD contemporaine, dont nombre nous viennent de ces pays "de là-bas", mais faudrait arrêter de prendre certains lecteurs pour des gugusses !... "L' amour" d'un être humain et d'une blatte géante. Vous savez où vous pouvez vous la mettre, la blatte, Môssieur Jang Machin-sup ?... Désolé, mais vos démêlés cervico-spirito-graphiques teintés d'ostracisme glissent sur moi comme un pet sur la toile cirée de mon indifférence. Non, Môssieu Chose, c'est vraiment du n'importe quoi !... si un auteur franco-belge se mettait à réaliser une histoire narrant les amours d'une taupe avec un vieux pied de chaise en fonte, on le traiterait de malade !... Votre style graphique ?... digne d'un gamin de 10 ans victime de toux répétitives. Poésie ?... j'en ai relevé autant que dans un vieux bol de soupe froide !... Non, Mr. Jang... euh... Machin. Je ne marche pas. Et si certains vous portent aux nues, qu'une certaine "élite" vous admire ( parce que "ça fait bien' ), tant mieux pour eux. Mais jamais, jamais, Mister Magoo, vous n'arriverez à la hauteur du talon de nombre de "grands" et même de "moins grands" de "ma" BD. Et même si je ne suis qu'un "petit lecteur insignifiant", j'ai plaisir à cette petite mise au poing. Et tralala !...

02/03/2007 (modifier)