On ne parle pas de ces choses-là

Note: 4/5
(4/5 pour 1 avis)

Marine Courtade décortique auprès des membres de sa famille les mécanismes de silence autour de l’inceste qu'elle a subi.


Documentaires

Le tabou des tabous. La journaliste Marine Courtade décortique les mécanismes de silence autour de l’inceste. Son terrain d’enquête ? Sa propre famille. Avec un savant mélange de rigueur et de dérision, elle s’embarque dans un tour de France audacieux afin de confronter un à un ses oncles et tantes avec la même question : pourquoi vous êtes-vous tus ?

Scénario
Dessin
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 02 Avril 2025
Statut histoire One shot 1 tome paru

Couverture de la série On ne parle pas de ces choses-là © Casterman 2025
Les notes
Note: 4/5
(4/5 pour 1 avis)
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01/07/2026 | gruizzli
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Par gruizzli
Note: 4/5
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Cette BD est dure, mais c'est un documentaire parfaitement bien fait pour comprendre l'enjeu derrière le sujet. Un tabou bien trop présent dans nos sociétés, un tabou qui s'exprime encore malheureusement trop souvent : l'inceste. Comment la violence s'installe dans les familles par l'inceste, voila tout ce qu'explore la BD. En ne parlant pas des faits précisément, bien qu'ils aient eu lieu, Marine Courtade s'attache à essayer de comprendre les mécaniques du silence. Si tout le monde savait, pourquoi personne n'a parlé ? Comment as-t-on pu laisser faire ? Comment a-t-on pu laisser des nouvelles personnes être victimes ? La BD est faite par des habitués de La Revue Dessinée, donc avec une certaine rigueur dans la construction et la narration. La BD est très fluide, parfaitement lisible et le nombre de pages conséquent est gobé en un rien de temps, pour peu qu'on accepte de se prendre en une seule lecture le poids de toute la violence présente ici. Et là-dessus je tire mon chapeau à la dessinatrice, Alexandra Petit, qui a fait un excellent travail dans le rendu. Ce sont principalement des interviews entrecoupés de réflexions de l'autrice, et pourtant on a une vraie BD. C'est dynamique, lent quand ça doit l'être, marquant dans les silences et les manifestations de cette violence latente, mais aussi clair et lisible. Je n'ai jamais tiqué sur ce documentaire, ni sur le fond ni la forme, preuve d'une parfaite maitrise du trait. Comme dit plus haut, la BD est dure, mais pas lourde. Sur le thème de l'inceste on a d'autres BD bien plus frontales, comme Daddy's Girl par exemple. Ici c'est vraiment un reportage sur le silence familiale, la culpabilité et le manque de communication, en interrogeant les mécanismes individuels qui ont conduit à cette omerta. Car oui, le résultat est évidemment que chacun à une raison individuelle de ne pas avoir parlé. Et que les raisons sont hélas banales, ordinaires, humaines : peur de briser la famille, honte, dégout, hésitations, impression de ne pas être légitime ... Bref, les travers habituels face à une situation de ce genre. Il reste alors que l'horreur de voir que tout aurait pu être géré tellement plus tôt. Comme tant d'autres cas, le silence a été un agent de l'horreur, mais qui blâmer ? Qui obligerait les victimes à parler ? La BD a même des passages incroyablement triste, comme ce que lui raconteras son père sur la relation qu'il eut ensuite avec ses filles. C'est cruel, triste mais aussi libérateur de l'entendre. Une BD de plus sur ce que fait la violence de l'inceste dans les familles, mais qui incite à parler et à reconstruire ensuite. Salutaire, donc.

01/07/2026 (modifier)