Dans l'infini et autres histoires

Note: 3/5
(3/5 pour 1 avis)

SF d'antan.


Les petits éditeurs indépendants Les Pionniers de la BD

Savants géniaux propulsés à travers le temps et l’espace, voitures volantes et dinosaures monstrueux : Dans l’Infini (1906-1907), Le Savant Diplodocus à travers les siècles (1912) et Dans la planète Mars (1914-1915) sont les trois récits du dénommé G.Ri qui composent ce recueil. De son vrai nom Victor Mousselet (1853-1940), G.Ri dessine dans la presse pour enfants dans le premier tiers du vingtième siècle. Il y créé avec bonheur des mondes fabuleux aux paysages grandioses, peuplés de créatures féroces et d’extraterrestres en tous genres: la fantaisie débridée de ses univers n’a pas d’égal à cette période en Europe. Cité par Vercors et Saint-Ogan parmi les lectures marquantes de leur enfance, G.Ri n’a pourtant jamais été publié en album de son vivant, le conduisant peu à peu à l’oubli. Sa biographie tient en peu de lignes, sa bibliographie complète reste à établir, mais la fraîcheur, l’ingéniosité et la beauté de ses histoires nous poussent à rééditer ces pages sans plus attendre, associés pour l’occasion aux éditions de la BNF. Héritier de Jules Verne, de Méliès ou de Robida, G.Ri fait partie des premiers pionniers d’un genre qui fera plus tard les beaux jours de la bande dessinée : la Science-Fiction. Amateurs de L’Incal, fans de Laureline, nostalgiques des Pionniers de l’Espérance, ne boudez pas votre plaisir : vous avez devant vous une nouvelle Terra Incognita à découvrir.

Scénario
Dessin
Couleurs
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 14 Novembre 2017
Statut histoire Histoires courtes 1 tome paru

Couverture de la série Dans l'infini et autres histoires © 2042 (anciennement 2024)/BnF éditions 2017
Les notes
Note: 3/5
(3/5 pour 1 avis)
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15/06/2026 | Noirdésir
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Les éditions 2024 (désormais 2042 !) ont publié cet album en partenariat avec les éditions de la BNF. Et le moins que l’on puisse dire c’est que ce travail éditorial est de toute beauté (comme à chaque fois pour cette grande petite maison d’édition strasbourgeoise serais-je tenté d’écrire). Un très très grand format. Je ne sais pas si c’est pour garder le format de la parution initiale en revue – voir la fiche pour les références, mais en tout cas ça facilite la lecture, car sinon les cases auraient sans doute été un chouia trop petites. La publication initiale des trois histoires regroupées ici date du début du XXème siècle. On y retrouve donc des caractéristiques de cette époque « préhistorique » de la BD, à savoir de multiples petites cases, avec un texte en dessous de chaque case. En fin d’album, un très beau dossier d’une douzaine de pages, qui replace bien l’album dans son contexte, et donne au lecteur de nombreuses pistes pour approfondir sa lecture, et sur la « postérité » de ces histoires et de ce type de SF fantaisiste en général. Le texte est abondant, parfois indigeste, très « explicatif », prenant le temps de raconter une histoire dense, il faut s’y faire. C’est de la SF d’avant la SF de papa. Une SF qui ne s’embarrasse pas de crédibilité scientifique, ce qui lui donne une patine intéressante aujourd’hui, renforçant les aspects poétiques et décalés. On est entre Méliès et certains albums de Vuillier (pour reprendre un auteur publié par ces mêmes éditions 2024 : voir Le Voyage Céleste Extatique). Des savants, des découvertes, des situations, des animaux, personnages tous aux confins du monde connu (Lune, Mars) et de l’imagination de l’auteur (dont je n’avais jamais entendu parler). On ne cherche pas encore à ancrer les intrigues dans le sérieux. Place à l’aventure fantaisiste, à la science des rêveurs : les professeurs Theodolitus, Diplodocus et Polycarpe (qui apportent chacun une fausse caution scientifique dans chacune des histoires successivement reprises ici) ont le sérieux de Tournesol sans en avoir la loufoquerie. On cherche vraiment à nous faire croire à ce sérieux (seuls quelques jeux de mots sur certains noms de personnages, comme l’ingénieur Troisix par exemple) nous font un peu dévier de cette idée. Mais leur sérieux fait l’impasse sur la réalité, pour s’épanouir dans les possibles imaginaires. J’ai lu cet imposant album par petites touches, et j’admets avoir zappé quelques textes parfois, car c’est quand même très chargé. Pour un lecteur contemporain, mais il ne faut pas oublier que c’était publié en revue à raison de deux pages par numéros… Et cette SF fantaisiste devait quand même faire du bien aux lecteurs qui l’ont découverte durant la boucherie de la Première guerre mondiale. Une curiosité, qui a forcément énormément vieilli, mais qui conserve quand même suffisamment de fraicheur pour intéresser les lecteurs curieux de découvrir une des œuvres pionnières de la BD francophone. Et c’est un très bel objet !

15/06/2026 (modifier)