Les Grandes Personnes - Récits du naufrage de la Belle Héloïse

Note: 3/5
(3/5 pour 2 avis)

Après le naufrage de son navire, Émilien échoue sur une île luxuriante, en compagnie d'une vieille esclave, Prudence.


1643 - 1788 : Au temps de Versailles et des Lumières Esclavage Géantes et Géants Les naufragés Points de vue

Quelle chance pour le négrier. Sauf que cet éden tropical foisonne d'une végétation étrange... et qu'il est peuplé d'une tribu de géantes ! Entre « Voyages de Gulliver » modernisés et histoire survivaliste merveilleuse, ces « Récits du naufrage de la Belle Héloïse » par Tehem sont une fable parfois cruelle, souvent drôle et toujours juste sur la rencontre et la vie avec l'autre.

Scénario
Dessin
Couleurs
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 16 Janvier 2026
Statut histoire One shot 1 tome paru

Couverture de la série Les Grandes Personnes - Récits du naufrage de la Belle Héloïse © Dargaud 2026
Les notes
Note: 3/5
(3/5 pour 2 avis)
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24/05/2026 | Noirdésir
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Par Ro
Note: 3/5
L'avatar du posteur Ro

Après le naufrage de son navire, un jeune aristocrate colonialiste du XVIIIe siècle échoue sur une île peuplée de géants avec Prudence, une vieille esclave qu'il méprise ouvertement. Sur cette terre inconnue, ils vont découvrir des races de géants qui vont rapidement inverser leurs rapports de domination. Impossible de ne pas penser aux Voyages de Gulliver tant le concept rappelle directement le classique de Swift, même si Téhem adopte ici un ton beaucoup plus cru, plus cruel et moins porté sur la satire légère. Derrière le récit d'aventure fantastique, l'album parle surtout d'esclavage, de colonialisme et de rapports de classe sans tomber dans le discours démonstratif. Le personnage d'Emilien est bien rendu. C'est un jeune homme suffisant, persuadé que sa naissance et sa couleur de peau lui donnent naturellement le droit d'être servi et obéi. Il est parfois un peu caricatural tant il manque de bon sens, mais cela fonctionne justement parce qu'on finit réellement par le mépriser. Son évolution finale m'a semblé plutôt crédible et satisfaisante sans chercher à le transformer miraculeusement en héros irréprochable. J'ai aussi apprécié la structure narrative en plusieurs chapitres donnant successivement le point de vue des différents protagonistes. C'est un procédé que j'aime quand il est bien utilisé, comme il l'était dans la série Berceuse assassine où la multiplication des regards enrichissait énormément le récit. Ici aussi, certains détails prennent un sens différent selon celui qui raconte les événements. En revanche, Téhem pousse parfois un peu trop loin le principe et plusieurs scènes reviennent quasiment à l'identique d'un chapitre à l'autre. À force, j'ai fini par survoler ces passages quand je voyais encore revenir les mêmes moments. Globalement, j'ai trouvé l'album intelligent et plutôt réussi, avec un bon mélange d'aventure, de fantastique et de réflexion sur les rapports humains et la nature. L'univers de cette île étrange fonctionne bien, avec sa faune bizarre, ses géants et son ambiance de conte cruel assez hostile. Pourtant, malgré toutes ses qualités, je suis resté un peu à distance émotionnellement. Je ne me suis pas énormément attaché aux personnages ni totalement immergé dans cette atmosphère particulière. Reste une BD solide, originale dans sa narration et assez subtile dans sa manière légèrement humoristique de parler de domination et d'émancipation sans transformer le récit en démonstration pesante. Une lecture globalement positive, même si elle ne m'a pas complètement captivé.

29/05/2026 (modifier)
L'avatar du posteur Noirdésir

Tehem nous propose un récit intéressant, souvent amusant (jamais d’éclats de rire, mais on sourit souvent – en particulier au détriment des préventions de l’aristo, qui peine pas mal à s’adapter à une situation où il n’est plus avantagé d’office par une particule). L’intrigue fait penser à du Swift (« Le voyage de Gulliver »), du Voltaire (« Candide » ou « Histoire des voyages de Scarmentado » – pour la partie sur l’inversion des termes de l’esclavage par exemple), mais aussi à pas mal de récits de voyage – plus ou moins fantasmés et édifiants ou à vertu philosophique des siècles passés. Émilien, un jeune noble se lance dans le commerce de « nègres », mais son navire négrier fait naufrage. Lui et une servante esclave, Prudence, s’échoue sur une île inconnue. Rapidement séparés, nous les suivons alternativement (avec la vision des mêmes moments d’autres personnages) dans leurs aventures pour « survivre », dans une jungle où les bestioles et les peuples inconnus et originaux sont autant de menaces, auxquelles ils s’adaptent plus ou moins bien. L’histoire se laisse lire agréablement – et rapidement. Tehem nous propose une sorte de conte philosophique qui peut se lire à plusieurs niveaux. Une lecture plaisante et recommandable, avec un dessin simple, mais fluide, qui accompagne bien le récit.

24/05/2026 (modifier)