Mémoires d'un garçon agité
Âgé d'une dizaine d'années, Germain est un garçon sensible qui décide un jour d'écrire ses mémoires.
Bichromie La BD au féminin Le deuil
Il refuse de grandir et se replie dans son monde intérieur, où il consigne ses souvenirs à la machine à écrire. À travers ces fragments d’enfance marqués par la mort de son chat et des visions opposées du deuil au sein de sa famille, se dessine peu à peu un drame plus profond dont il se sent en partie responsable. L’écriture devient alors pour lui un moyen d’affronter sa culpabilité et de tenter de se reconstruire.
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| Date de parution | 30 Janvier 2026 |
| Statut histoire | One shot 1 tome paru |
Les avis
Germain, dix ans, rédige ses mémoires à la machine à écrire en revenant sur d'importants souvenirs de son enfance, qui dissimulent peu à peu un drame plus profond. Cet album bénéficie d'une construction narrative originale et assez amusante. En se regardant lui-même comme un écrivain à l'ancienne, Germain raconte ses petites bêtises, ses maladresses et ses découvertes avec une candeur désarmante, sans toujours mesurer la portée des événements qui l'entourent, ce qui rend certains passages à la fois drôles et touchants. Chaque souvenir fonctionne comme une petite histoire indépendante, douce-amère, où l'humour et la spontanéité de l'enfance côtoient discrètement des réalités bien plus graves. Ce procédé ainsi que le dessin de Valérie Vernay m'a fait penser au Petit Nicolas de Sempé et Goscinny. On retrouve cette même simplicité apparente, ces visages expressifs et cette capacité à observer le monde à hauteur d'enfant. Mais ici, c'est un Petit Nicolas plus mélancolique, traversé par le deuil, la culpabilité et la peur de grandir. La comparaison s'arrête là, mais j'ai retrouvé cette même justesse de ton qui permet d'aborder des sujets forts avec suffisamment de légèreté pour ne jamais sombrer dans le pathos. J'ai été doucement touché au début, puis de plus en plus au fil des pages à mesure que le puzzle se reconstituait. Vincent Zabus fait preuve d'une belle sensibilité dans son écriture et parvient à évoquer des thèmes difficiles avec beaucoup de pudeur. L'émotion est bien présente, parfois même bouleversante, mais elle reste toujours accompagnée d'un léger sourire, un peu jaune parfois, qui empêche le récit de devenir écrasant. Une très belle bande dessinée, tendre, délicate et profondément humaine, qui parle du deuil et de l'enfance avec finesse et légèreté.
La lecture est sympathique – même si elle n’est pas inoubliable non plus. Zabus nous présente un gamin, Germain qui, à l’âge de 10 ans, ressent le besoin de « faire le point », et de rédiger ses « mémoires ». A raison d’un chapitre par année (les quatre dernières en tout cas – autour d’un événement marquant à chaque fois), Germain présente et analyse ce qui l’a marqué et ce qui a pu faire de lui cet enfant mature (au point qu’il ait souhaité faire une « pause » et ne plus grandir). Alors, certes, on peut être étonné de suivre ce gamin, et ses réflexions dignes d’un adulte. Ce décalage n’est finalement pas gênant, on s’y fait, licence créatrice… Et ça se laisse lire, avec un gamin jouant le rôle de Candide, mais aussi de commentateur, et qui livre des moments forts (comme après la mort de son chat, ou pour l’événement final, qui a sans doute déclenché ce processus d’autoanalyse). La narration est fluide et plaisante, et le dessin est agréable, avec un trait fin, plusieurs bichromies (qui changent avec les chapitres), un rendu ressemblant à celui de certains albums autobiographiques récents de Sattouf.
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