Le Mage du Kremlin

Note: 2.33/5
(2.33/5 pour 3 avis)

Le best-seller de Giuliano Da Empoli servi par le dessin de Luc Jacamon. Dans cette adaptation, Luc Jacamon donne corps à la Russie post-soviétique grâce à son réalisme stylisé, parfaitement adapté à cet univers implacable.


Adaptations de romans en BD Politique Russie

On l’appelait le « mage du Kremlin ». Vadim Baranov, ancien metteur en scène devenu éminence grise de Poutine, fascine autant qu’il intrigue. Un soir, il livre enfin son histoire au narrateur : des coulisses du pouvoir russe surgit un monde de manipulations et d’illusions, où la politique devient théâtre. De la Tchétchénie à l’Ukraine, Le Mage du Kremlin dévoile les ressorts du régime et médite sur la nature du pouvoir.

Scénario
Oeuvre originale
Dessin
Couleurs
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 29 Avril 2026
Statut histoire One shot 1 tome paru

Couverture de la série Le Mage du Kremlin © Casterman 2026
Les notes
Note: 2.33/5
(2.33/5 pour 3 avis)
Cliquez pour afficher les avis.

26/04/2026 | pol
Modifier


Par gloubi
Note: 2/5
L'avatar du posteur gloubi

Comme pour toutes les œuvres multi-adaptées (livre, cinéma, bd...), la question sera toujours : qu'est ce qu'une nouvelle adaptation, qu'est-ce qu'un nouveau support est susceptible d'apporter au récit ? Et comment dépasser l’œuvre originale, qui est en général déjà très bien puisqu'ils sont une tripotée à vouloir la transposer. Je me rappelle m'être déjà fait la remarque à propos de Shutter Island, pour qui le livre de Dennis Lehane, paru avant le film de Scorsese et la bd de Christian De Metter (que j'ai vu et lue après), me semble toujours nettement supérieur. Pour Le Mage du Kremlin, j'avais lu et apprécié le livre de Giuliano Da Empoli : il s'agit d'un roman, s'appuyant sur de nombreux faits historiques, et qui relate l'expérience d'un très proche conseiller de Poutine. La frontière entre le réel et le roman est floue, et l'un des intérêt du livre est justement de proposer une histoire qui lèverait une part du mystère de son accession au pouvoir et comment il s'y maintient. La bd est sortie 4 ans après le livre et 3 mois après l'adaptation en film, et elle ne me semble malheureusement pas apporter grand chose. Ce n'est pas déshonorant pour autant : le dessin est plutôt bon, les principaux éléments et personnages du livre sont là. Mais, à moins de réussir un exploit graphique, on met quand même beaucoup moins dans une bd de 144 pages que dans un livre qui en fait le double, ou même dans un film. Il a donc fallu couper et faire des choix, et la priorité du récit a été, me semble-t-il, trop portée sur le narrateur lui-même, au détriment de son expérience du pouvoir auprès de Poutine, presque reléguée au second plan.

14/07/2026 (modifier)
Par Blue boy
Note: 3/5
L'avatar du posteur Blue boy

Cette fiction adaptée du best-seller empruntant à des faits historiques nous plonge dans les coulisses du Kremlin, au moment où Poutine succède à Boris Elstine, après sa démission après huit années de présidence. Vladimir Baranov, le protagoniste principal a bien existé mais fut plutôt inspiré par Vladislav Sourkov que Baranov, qui lui n’a jamais fréquenté les instances du pouvoir russe. On assiste ainsi au moment où l’homme rencontre pour la première fois le futur maître du Kremlin. Lors de cet échange, Poutine adoube Baranov en lui proposant d’être son éminence grise, mais on comprend vite que celui qui sera bientôt surnommé « le tsar », n’est pas du genre à s’en laisser conter. Ici, Jacamon a su parfaitement reproduire et souligner son regard d’acier, reflétant son absence totale d’états d’âme, comme on pourra s’en rendre compte dans la suite du récit. Entre les deux hommes, on sent une sorte de fascination réciproque. Baranov est un type brillant, issu du monde du spectacle, qui connaît parfaitement les rouages de la manipulation et possède l’éloquence. Poutine sent très vite le bénéfice qu’il tirerait de l’avoir à ses côtés, mais pour cela, il n’hésitera pas à imposer ses conditions : Baranov devra travailler « exclusivement » pour lui ! Sous les traits de Jacamon, Baranov apparaît comme un personnage totalement romanesque et séducteur, qui aspire à faire partie des hautes sphères du pouvoir. Son regard bleu acier, à l’instar de Poutine, évoque celui des loups, des animaux que le co-auteur du « Tueur » utilise avec pertinence comme métaphore tout au long du récit. Mais Baranov, contrairement au dictateur, a des états d’âme, lesquels contribueront à son éviction… le conseiller de l’ombre perdra les faveurs du chef et finira par démissionner, comme « ces loups qui abandonnent la meute sans raison apparente »… Dans cette adaptation plutôt fluide, les dialogues restent de haut vol et la réflexion sur le pouvoir passionnante. On ne doute pas de la réalité dépeinte dans une séquence saisissante où Baranov visite les bureaux de Prigojine, propagandiste et chef du groupe Wagner de sinistre mémoire. Comme on le voit, les Russes avaient depuis longtemps compris comment ils pouvaient agir sur la géopolitique via les réseaux sociaux en créant leurs « usines à trolls ». Le dessin réaliste de Luc Jacamon, non dénué d’un certain académisme, recèle une finesse dans le trait, avec une maîtrise des effets visuels et de la couleur qui révèle l’étendue de son talent. Les premières scènes se déroulant dans les paysages de Sibérie sont particulièrement réussies. Alors que le « tsar » est dans la vingt-sixième année de son règne sans partage, « Le Mage du Kremlin » n’est pas de nature à nous rassurer sur ses intentions, notamment en ce qui concerne la guerre en Ukraine, dont nous saisissons ici les raisons. Mais en basant son histoire sur des faits réels, Da Empoli s’est efforcé dans une tonalité littéraire de nous livrer une reconstitution fidèle de cette plongée au cœur du pouvoir russe, qui fait froid dans le dos, certes, mais demeure instructive pour tenter de comprendre ce qui se passe dans la tête d’un autocrate tel que Poutine.

26/05/2026 (modifier)
Par pol
Note: 2/5
L'avatar du posteur pol

Luc Jacamon, dessinateur du classique Le Tueur adapte ici un roman consacré à Vadim Baranov, surnommé le mage du Kremlin. Cet homme de l'ombre a façonné Poutine, facilitant d'abord son accession au pouvoir puis en restant un proche conseiller par la suite. Côté dessin Jacamon reste fidèle au style qu'on lui connait. Son trait réaliste est vraiment adapté pour donner vie à ce roman. Ça fonctionne à merveille pour accompagner ces sombres histoires politiques faites de manipulations et de trahisons. C'est pas un polar de fiction, mais c'est tout comme, l'ambiance est là. Côté scénario je reste sur ma faim. Les chapitres se succèdent chronologiquement. On y retrouve de manière datée quelques grands jalons des 30 dernières années (l'élection de Poutine, le sous marin qui a coulé au début des années 2000, les évènements de Crimée, et plein d'autres...). Au milieu, le fil conducteur ce sont des dialogues qui racontent la face cachée de la vie politique russe. Comment certains hommes de pouvoir ont décidé un beau jour qu'il était temps d'offrir au peuple russe un nouvel élan au sortir des années Boris Eltsine. Comment ils ont choisi Poutine pour être cette personne. Très vite on va comprendre qu'il est ambitieux, puissant, déterminé et surtout qu'il n'a besoin de personne pour lui dire quoi faire. Il sera question du pouvoir sous toutes ses formes : politique, militaire, médiatique. Poutine fait la pluie et le beau temps. Il place un pion ici... pour se débarrasser de lui des années plus tard. Exil, prison, rien ne l'arrête pour faire taire ceux qui ne lui servent plus à rien. Ça à l'air très bien me direz vous ? Ça pourrait, sauf qu'on ne rentre pas dans le détail. Ça manque de profondeur et d'explications. Pourquoi cet homme ? Pourquoi plus lui soudainement ? Pourquoi Poutine prend telle décision ? Telle autre ? Quelles sont les motivations qui le poussent à faire ce qu'il fait ? Pourquoi envahir ici ou là ? Et le rôle de Baranov dans tout ça ? Que des questions sans réponse. Cet album aurait pu apporter un éclairage intéressant sur le contexte géopolitique actuel, pour permettre de comprendre comment on en est arrivé là. Il n'en n'est rien. Le comble c'est qu'une fois l'album terminé, je n'ai pas du tout l'impression de savoir qui est Vadim Baranov, je ne suis pas plus avancé sur son rôle de l'ombre, passée la première élection de Poutine.

26/04/2026 (modifier)