Terre ou Lune
Après quatre années en foyer, Othello est enfin en mesure de retourner dans son village pour un stage d'ornithologie. Alors qu'il fait de son mieux pour s'intégrer, il se retrouve inévitablement sur les traces du lourd passé de ses parents...
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"Rien de tout ça n'est arrivé. Rien de tout ça n'est arrivé". Othello a beau se le répéter en boucle, l'acte qu'il vient de commettre est irréparable. Du haut de ses sept ans, lui qui n'avait d'yeux que pour les oiseaux et leurs promesses d'évasion, vient de tuer son père. Derrière cette tragédie familiale, de nombreux secrets enfouis, une enfance bafouée, et l'ombre d'un héritage dont il ignore encore la portée.
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Editeur
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Genre
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Public
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Type
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| Date de parution | 04 Février 2026 |
| Statut histoire |
Série en cours
(prévue en 2 tomes)
1 tome paru
Dernière parution :
Moins d'un an
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Les avis
Une véritable ode à la nature. Tout d’abord, je soulignerai la rareté de tomber sur une BD (hors documentaire) proposant tant de précisions scientifiques. Ici, on nomme le vivant car "on protège ce qu'on aime et on aime ce qu'on connaît ". RIP Cousteau. Ainsi, les descriptions et identifications de l’avifaune sont pléthores, bien évidemment hors de portée d’un profane comme je le suis, mais ne nuisent pas à la qualité du récit. On peut survoler les énumérations latines comme y prêter un regard curieux et attentif, cela n’a que peu d’incidence (et heureusement au risque de ne cibler qu’un public membre de la LPO si j’exagère le trait). Je suppose que cette singularité est le reflet de cette passion de l’auteure ? Ce premier tome peut finalement se résumer brièvement : le protagoniste perd ses parents à la suite d’un drame familial et se retrouve à fouiller dans le passé de ces derniers dans un besoin de reconstruction personnelle et d’émancipation il me semble. L’intrigue se met alors doucement en place tout en prenant le temps de bien développer l’univers de l’histoire. J’ai vraiment pris plaisir à découvrir ce lieu à la fois futuriste, poétique, surnaturel et de prime abord utopique. Ce premier tome s’achève lorsque le lecteur devine l’approche d’un nœud narratif, d’un momentum qui va faire basculer le récit et que le lecteur n’a pu qu’effleurer jusqu’à présent. C’est très bien joué de la part de l’auteure pour nous projeter avec hâte sur la suite et maintenir cette tension narrative entre les deux opus. Côté graphisme, il y a à dire tant le dessin m'a déstabilisé. On retrouve un univers graphique très certainement inspiré de la culture japonaise (manga, animés..) et plus particulièrement de l’œuvre de Miyazaki. De grandes plaines verdoyantes et lumineuses balayées par les vents, des nuits étoilées de campagne… sont autant de symboliques paysagères présentes dans Terre ou Lune et ayant contribuées à la renommée de l'artiste japonais. Il y a également un côté enfantin dans le trait, notamment pour le traitement des personnages : des visages peu détaillés et similaires dans les expressions, des corps parfois rudimentaires et une quasi absence de mouvement (pour le coup, les oiseaux sont bien plus travaillés que les personnages !). Cumulé à cela une colorisation assez vive et je me retrouve ainsi plongé dans l’imaginaire de mes livres d’enfance... Toutefois, avec une lecture plus minutieuse, on se rend compte que le dessin fourmille de détails, notamment au travers des décors (les ciels sont par exemple une grande réussite). Je ne sais pas si c’est volontaire de la part de l’auteur, mais j’ai ressenti une confusion graphique vis-à-vis du genre des personnages. J’ai dû attendre des scènes avec des attributs physiques évidents en seconde moitié de lecture pour me rendre compte que je faisais fausse route depuis le tout début avec deux des cinq principaux personnages (et qui plus est portaient des prénoms mixtes). Si je me questionne sur ce détail c’est que j’ai du mal à voir ce que cela apporte en valeur ajoutée à l’histoire (et que j’ai sans doute un esprit trop cartésien) ? Quoi qu’il en soit, ce n’est pas le plus beau coup de crayon à mon goût, mais associé à des choix osés notamment dans la colorisation, le tout forme un ensemble très réussi. Bravo. C’est avec cette belle promesse à l'esprit et de fortes attentes que je languis la suite de ce récit onirique !
J’ai littéralement craqué dès que j’ai vu cette première de couverture : elle m’a captivé, intrigué et donné immédiatement envie de plonger dans cette BD. Puis, lorsque j’ai découvert la bande-annonce, j’ai été encore plus séduit : elle reflète parfaitement l’atmosphère poétique et étrange de l’univers et m’a mis l’eau à la bouche. Dès les premières pages, j’ai été frappé par l’univers unique que Jade Khoo a créé. On suit Othello, un jeune garçon dont la vie bascule après un geste irréversible. Mais loin de se limiter à un simple drame familial, le récit prend rapidement une ampleur bien plus grande. Il mêle émotion, poésie et science-fiction contemplative, tout en s’ancrant profondément dans la nature et l’observation du vivant, notamment des oiseaux, omniprésents et essentiels au récit. Visuellement, l’album est une véritable splendeur. Jade Khoo livre près de 300 pages en couleurs directes, entièrement réalisées à la main, et cela se ressent à chaque planche. Son trait d’une grande délicatesse, souvent à l’aquarelle, magnifie aussi bien les paysages naturels que les mondes imaginaires de science-fiction. Forêts embrumées, champs baignés de lumière, ciels crépusculaires, oiseaux dessinés avec une précision et une tendresse évidentes : on sent dans chaque image une véritable déclaration d’amour à la nature. Les influences de Moebius, Zao Dao ou Hayao Miyazaki se devinent, mais sans jamais écraser l’identité propre de l’autrice. J’ai adoré ce mélange subtil entre sensibilité intime et enjeux plus larges. À travers la quête d’Othello, Jade Khoo aborde des thèmes profonds comme l’identité, l’aliénation, l’altérité, la transmission et le prix des utopies. Progressivement, par petites touches et sans jamais forcer le trait, l’histoire personnelle du héros laisse apparaître une réflexion plus vaste sur l’Humanité, ses erreurs passées et ses idéaux écologiques. Tout est amené avec une grande fluidité, sans lourdeur ni discours appuyé. On suit Othello pas à pas, on partage ses doutes, sa curiosité et son rapport presque fusionnel au monde naturel. Le récit est initiatique, contemplatif, parfois bouleversant, et toujours d’une grande justesse émotionnelle. Chaque symbole, chaque silence, chaque regard contribue à l’immersion. Cette histoire est prévue en deux parties (diptyque), et ce premier tome nous laisse dans une attente excitante tant l’univers est riche et mystérieux. On referme l’album à regret, avec encore de nombreuses questions en tête et une seule envie : découvrir la suite de ce voyage poétique et poignant. Je ne peux que confirmer ce qu’indique le bandeau de l’album et le commentaire de Mathieu Bablet : « L’album le plus important de 2026, Jade Khoo est déjà un grand nom de la BD ». C’est exactement ce que j’ai ressenti. Et au passage, c’est aussi une entrée remarquable pour la toute nouvelle maison d’édition Morgen, qui frappe très fort avec cette 2ème sortie. Avec son prix de lancement à 27,90 € avant de passer à 32,90 € après le 29 avril 2026, c’est clairement le moment idéal pour se procurer ce véritable coup de cœur.
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