Monsieur Chouette
Il fait nuit. Une jeune femme marche en rasant les murs afin d'éviter son ombre dont la forme carnassière l'inquiète. Un curieux personnage l'apostrophe : c'est Monsieur Chouette qui propose de la guider à travers le pays des morts.
Ecole Duperré La Mort Les petits éditeurs indépendants
S'ensuit un voyage aussi fantastique qu'inquiétant... Car au pays des morts, tout est si éphémère, que chaque jour, les immeubles se transforment, poussés par l'arrivée de nouveaux bâtiments morts, tandis que des voitures rejouent continuellement l'accident qui les a menées à la casse. Un monde surpeuplé, où se bouscule une foule bigarrée qui craint plus que tout Cerbère, créature canine au flair infaillible et maître des lieux redoutés. Avec Monsieur Chouette, David B. crée sa propre mythologie et propose une course-poursuite hallucinée et métaphysique dans un au-delà regorgeant d'ombres et de recoins, de gargotes et d'êtres chimériques. Dessiné à l'encre de Chine avec une minutie virtuose, ce Pays des Morts s'avère aussi terrible que merveilleux.
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| Date de parution | 12 Septembre 2025 |
| Statut histoire | One shot 1 tome paru |
Les avis
David B. est un auteur qui m’intéresse beaucoup, et qui a produit certaines des meilleures séries de L’Association. Et je retrouve ici ce qui innerve une bonne partie de son œuvre – et qui m’attire particulièrement – à savoir une imagerie surréaliste débridée. Il ne faut en effet pas être réfractaire à ce type de récit jouant sur une poésie un peu loufoque, qui se développe comme un rêve qui aurait enfilé les habits de la réalité. Dans un Paris onirique, nous suivons l’héroïne qui, avec l’aide de Monsieur Chouette, tente d’éviter la police et surtout Cerbère (ici démultiplié), alors qu’elle est la seule – ou quasiment la seule – mortelle a s’être aventurée au pays des morts. Décrire les aventures et tous les détails amusants et oniriques proposés par David B. serait inutile. Il y a d’ailleurs fort à parier qu’il ait développé son récit au fil d’une improvisation plus ou moins contrôlée, voire en utilisant une sorte d’écriture automatique sur certains passages. Ce qui donne un récit un peu décousu, mais qui jamais ne m’a ennuyé ou déçu. Quant au dessin, il est classique pour l’auteur, très agréable. Un beau Noir et Blanc, avec des cases souvent pleines de détails, chargées (et, là aussi, le surréalisme est à l’honneur !). Les amateurs de l’auteur – dont je suis – ne peuvent qu’apprécier une œuvre très originale – visuellement et narrativement. Très chouette lecture, monsieur David B.
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