Au-delà de Neptune

Note: 3/5
(3/5 pour 3 avis)

L'objectif n'est pas de voir plus loin, mais de voir mieux.


Auteurs italiens Conquête de l'espace Les petits éditeurs indépendants

Grâce au programme odyssée, nous allons explorer des planètes inconnues, trouver de nouveaux matériaux et découvrir des sources d'énergie durable inédites. A bord de l'ulysse, le téléscope spatial, la présence d'astronautes sera indispensable. Là-haut, ce ne sont pas de robots dont nous aurons besoin, ce sera d'être humains. Nous avons besoin de créativité.

Scénario
Dessin
Traduction
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 28 Mai 2025
Statut histoire One shot 1 tome paru

Couverture de la série Au-delà de Neptune © Steinkis 2025
Les notes
Note: 3/5
(3/5 pour 3 avis)
Cliquez pour afficher les avis.

30/09/2025 | nisaY_keciC
Modifier


Par Ro
Note: 2/5
L'avatar du posteur Ro

J'aime la science-fiction lorsqu'elle parvient soit à me faire rêver par son imagination, soit à me convaincre par sa crédibilité. C'est généralement de cette manière qu'elle m'emporte, que j'accepte son univers et que j'ai envie d'en découvrir les enjeux. Au-delà de Neptune semblait justement partir dans cette direction. J'ai apprécié le point de départ : cette astronaute seule aux confins du système solaire, après sept années de voyage vers Neptune, les contraintes psychologiques liées à une telle mission, les problèmes d'isolement, ainsi que le concept de ce gigantesque télescope spatial permettant d'explorer virtuellement des systèmes stellaires lointains. Tout cela reposait sur des bases qui me semblaient suffisamment rationnelles pour susciter mon intérêt. J'avais envie de découvrir où le récit allait m'emmener. Graphiquement, l'album est également intéressant. La peinture directe fonctionne bien pour représenter l'espace. Les planètes, nébuleuses, étoiles et paysages extraterrestres dégagent un sentiment d'immensité et de contemplation. Les vues extérieures du vaisseau sont belles aussi. J'ai été un peu moins convaincu par les scènes d'intérieur et par la représentation de Léla, même si les flashbacks sur Terre avec sa compagne sont plutôt réussis. Cela reste cependant un détail face à la qualité générale des séquences spatiales. Malheureusement, le récit prend assez rapidement une direction qui m'a beaucoup moins intéressé. Ce qui semblait être au départ un récit de science-fiction exploratoire bascule progressivement vers une forme de thriller psychologique, ou plutôt de dérive mentale, où l'héroïne accumule hallucinations, cauchemars, vertiges et visions de plus en plus envahissantes. Rapidement, il devient difficile de distinguer ce qui relève de la réalité, du souvenir ou du fantasme. Ce qui m'a surtout sorti de l'histoire, c'est l'absence quasi totale de communication avec la Terre. Léla est censée accomplir une mission exceptionnelle, probablement l'une des plus importantes de son époque, et pourtant elle semble abandonnée à elle-même pendant des années sans aucun retour humain. J'ai eu beaucoup de mal à y croire. Soit la Terre ne répond plus du tout, ce qui devrait provoquer une inquiétude et une détresse bien plus importantes chez elle, soit le scénario force artificiellement son isolement pour servir son propos psychologique. Dans les deux cas, cela a fini par casser ma suspension d'incrédulité. La seconde moitié de l'album accentue encore cette impression. Les visions deviennent de plus en plus présentes jusqu'à une conclusion abrupte qui repose elle aussi sur une interprétation essentiellement psychologique, métaphysique ou hallucinatoire. C'est précisément le genre de final qui me laisse à distance. Je n'aimais déjà pas la fin de 2001 : L'Odyssée de l'espace, mais le reste du film possédait une ampleur et une ambition qui contrebalançaient cette conclusion. Ici, j'ai eu l'impression que le récit basculait vers ce registre beaucoup trop tôt, sans avoir eu le temps de construire suffisamment d'éléments concrets pour que cette dimension métaphysique me touche. Je suis ressorti de cette lecture davantage frustré que fasciné, avec le sentiment que l'album délaisse trop vite la science-fiction que j'avais envie de lire au profit d'un récit introspectif et hallucinatoire qui ne m'a pas convaincu.

11/06/2026 (modifier)
L'avatar du posteur Noirdésir

Une lecture plutôt sympa et très rapide – malgré une pagination conséquente – mais qui m’a laissé un peu sur ma faim. Qui me laisse en tout cas un goût de « trop peu » après avoir refermé l’album. Le dessin est agréable, et certaines planches sont vraiment jolies, avec une belle colorisation. Mais ce dessin est aussi avare de détails : comme pour l’intrigue, il joue davantage sur l’ambiance, les marges, que sur quelque chose de précis et fouillé. En effet, l’histoire est à la fois simple et légère. Plaisante à suivre, mais aussi manquant de développements, de profondeur. La société terrienne du XXIIIème siècle est à peine effleurée, alors que pourtant on nous la présente comme repoussante, l’Homme ayant visiblement continué à dégrader l’environnement, au point que des paysages sont projetés dans des intérieurs aux fenêtres closes, l’extérieur n’étant « pas beau à voir ». Le récit est centré sur une femme, qui voyage dans l’espace (depuis près d’une dizaine d’années), explore – de façon virtuelle – les diverses planètes rencontrées – en espérant y trouver les ressources qui manquent désespérément à la Terre. Ses messages/dialogues avec l’ordinateur de bord sont ses seuls moyens d’être entendue – à défaut d’être écoutée – avec quelques passages d’énervement, d’incompréhension presque amusants. Apparait aussi une autre jeune femme – dans des flash-backs – que l’héroïne a aimée, mais qu’elle a dû quitter pour sa mission spatiale. Comme je l’ai déjà écrit, ça se laisse lire facilement. Mais j’aurais aimé que soit plus étoffé l’intrigue. Surtout que la fin ouverte laisse le lecteur avec pas mal de questions. Mais bon, cela part du choix de l’auteur j’imagine. Note réelle 3,5/5.

19/11/2025 (modifier)
L'avatar du posteur nisaY_keciC

Au-delà de Neptune est un voyage à la fois intime et cosmique, qui illustre parfaitement l’ambition du nouveau label Aux confins des éditions Steinkis, dédié aux récits de genre étrangers. Signé par l’Italien Gabriele Melegari, ce one-shot raconte l’odyssée solitaire de Lela, unique astronaute à bord du vaisseau-télescope Ulysse, en route vers Neptune en 2283. Pendant plus de sept ans, elle vit coupée de la Terre, retransmettant ses rapports vidéo avec une précision quasi militaire, mais aussi avec une honnêteté crue sur ses états d’âme, ses doutes et ses regrets, notamment celui d’avoir laissé sa compagne sur une Terre polluée. Melegari réussit un subtil équilibre entre SF et introspection. Lela n’est pas seulement exploratrice, elle incarne une tension entre vocation altruiste et désir personnel de découverte, entre la quête de solutions pour sauver l’humanité et l’appel irrésistible de l’infini cosmique. L’auteur interroge ainsi des thématiques contemporaines comme le dérèglement climatique et la dépendance à la technologie, sans jamais imposer de réponses faciles, laissant le lecteur méditer sur ce qui pourrait attendre l’Homme au-delà de notre système solaire. Graphiquement, l’album est un régal. Les scènes spatiales sont vertigineuses, mélangeant perspectives imposantes, décors technologiques détaillés et plongées lyriques dans des paysages exoplanétaires enchanteurs. L’usage de la gouache et de l’aquarelle donne une densité et une profondeur au noir spatial qui rendent l’expérience visuelle presque palpable. Les hallucinations de Lela, ses souvenirs de Béa et ses explorations virtuelles des exoplanètes sont autant d’occasions pour Melegari de mêler réalisme scientifique et lyrisme. Au-delà de Neptune est une réussite qui capte le lecteur dès la première page et le maintient suspendu jusqu’au dénouement. C’est un premier album prometteur qui inaugure idéalement le label Aux confins, à la fois par la force de son récit et la beauté de son objet-livre. On en ressort avec l’impression d’avoir voyagé autant dans l’espace que dans l’esprit d’une héroïne attachante et complexe.

30/09/2025 (modifier)