Le Chœur des sardinières

Note: 3/5
(3/5 pour 2 avis)

Au cœur d'un mouvement féministe et social en Bretagne en 1924.


1919 - 1929 : L'Après-Guerre et les Années Folles Bretagne Féminisme Les petits éditeurs indépendants Les Roux ! Luttes des classes & conflits sociaux

1924, Mona est ouvrière dans l’une des usines de sardines de Douarnenez. Elle vit au rythme de la cloche et de l’arrivée des bateaux de pêche. Face à un quotidien de plus en plus difficile, son mari pense qu’il est temps que leur fille rejoigne aussi l’usine. Mais en novembre, une poignée de sardinières se soulève contre les conditions de travail et déclare la grève. Mona commence à rêver d’un autre avenir et rejoint les rangs des manifestantes, contre l’avis de sa famille. Dans la rue, toutes s’élancent : les cantiques bretons qui rythmaient le travail sont remplacés par le chant des Penn-Sardin en lutte. (texte : Steinkis)

Scénario
Dessin
Couleurs
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 16 Janvier 2025
Statut histoire One shot 1 tome paru

Couverture de la série Le Chœur des sardinières © Steinkis 2025
Les notes
Note: 3/5
(3/5 pour 2 avis)
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24/01/2025 | Spooky
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Par Cacal69
Note: 3/5
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L'adaptation d'un fait Historique qui m'était inconnu. À Douarnenez en 1924, la révolte gronde dans les usines de mise en boîte des sardines. Des conserveries où ne travaillent que des femmes. Leurs conditions de travail sont épouvantables, absence de droits et de protection sociale pour un salaire de misère vont les pousser à cesser le travail. Un album qui dénonce l'inégalité des salaires des sardinières, 80 centimes de l'heure soit un tiers du salaire moyen national, de leurs journées de travail qui peuvent durer jusqu'à 18h00 au lieu des 8h00 réglementaires. Sans oublier le travail des enfants en-dessous de l'âge légal ("la greve c'est pas pour nous, l'école c'est pas pour nous, l'argent c'est pas pour nous"). Un patronat prêt à tout pour casser cette révolte. Une période pas si lointaine... Une narration pas toujours en maîtrise entre destins individuels et lutte sociale où vient se greffer des figures emblématique de cette époque. Le final est un peu expéditif. Un album féministe sur la difficulté d'être une femme à cette période, mais cela a-t-il réellement changé cent ans plus tard ? L'inégalité salariale est toujours d'actualité par exemple. Un mouvement social avec un impact retentissant qui fera des émules en France et hors des frontières. Graphiquement c'est pas mon truc, je trouve le trait grossier et j'ai eu des difficultés à reconnaître certains personnages. Pas adepte de ce type de colorisation. Un bof pour moi. Lecture recommandable pour ne pas oublier. « Un jour toutes ensemble ces femmes se lèvent À plusieurs milliers se mettent en grève. Écoutez claquer leurs sabots Écoutez gronder leur colère, Écoutez claquer leurs sabots C’est la grève des sardinières. »

02/02/2026 (modifier)
Par Spooky
Note: 3/5
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Tout semble immuable à Douarnenez en 1924. Tout tourne autour de l'industrie de la pêche à la sardine : un homme est un pêcheur, une femme travaille à l'usine de traitement et de mise en conserve. Mais il suffit d'un petit grain de sable pour tout faire dérailler : une chanson un brin provocatrice, le sentiment grandissant d'être surexploitée... C'est comme ça que les ouvrières commencent à se rebiffer, à faire grève, tenir tête aux gendarmes, aux casseurs de grèves, jusqu'au jour où survient un drame. Mona et ses amies décident d'aller au bout, pas comme leurs devancières 20 ans plus tôt, qui avaient craqué face à l'urgence économique. La montée des syndicats, la prise de conscience féministe, à un stade primitif, tout cela les amène à faire plier leurs patrons, avec l'aide des édiles de la ville, et même du ministre du Travail de l'époque. Léah Touitou nous rappelle donc que la lutte des classes ne date pas d'hier, mais d'il y a 200 ans au moins (sans compter la Révolution et d'autres évènements marquants de notre Histoire, bien sûr), et nous raconte tout cela sans fioriture, avec fraicheur, au travers des yeux de Mona, une mère de famille qui connaît ses limites financières mais décide d'aller au bout, malgré les fortes réticences de son mari. Elle ajoute donc à cet épisode historique un peu d'intimisme, pour donner plus de chair à l'anecdote historique. Max Lewka se charge de la partie graphique, dans un style semi-réaliste qui manque encore de maturité. J'avais parfois du mal à être sûr d'être en présence de Mona, heureusement les dialogues étaient là. Un épisode important, qui peut être inspirant pour celles qui se battent encore pour l'égalité salariale, le respect des travailleuses dans certaines branches. A ce titre la dernière séquence, avec les quatre femmes de l'histoire, assume son côté prophétique.

24/01/2025 (modifier)