Du beau avec du moche

Note: 3/5
(3/5 pour 1 avis)

Comment gérer l'horreur quand elle surgit dans nos vies ? Victime « par ricochet » des attentats du 13 novembre, Kek évoque avec pudeur ce temps d'après, quand il ne reste plus qu'à faire « du beau avec du moche ».


Paris Terrorisme

13 novembre 2015, Paris, Xe. Des coups de feu dans la rue. Descendus porter secours aux blessés, Kek et son amie Amélie se retrouvent vite désemparés. Les jours d'après ne sont guère plus faciles à gérer. Traumatisme, colère, sentiment de solitude, errance médicale, le quotidien se mue en tragédie. Et si l'art pouvait aider à se reconstruire ?

Scénario
Kek
Dessin
Kek
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 18 Janvier 2023
Statut histoire One shot 1 tome paru

Couverture de la série Du beau avec du moche © Delcourt 2023
Les notes
Note: 3/5
(3/5 pour 1 avis)
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27/02/2024 | Cacal69
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Par Cacal69
Note: 3/5
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En ce vendredi 13 novembre 2015, Kek se trouve chez son amie Amélie, rue Alibert dans le X° arrondissement de Paris. Ils avaient prévu de manger au "Petit Cambodge", juste à côté du Carillon. La flemme d'Amélie a sûrement évité le pire pour nos deux protagonistes. Ils vont assister en direct au massacre qui se déroule en bas de l'immeuble, une minute qui va durer une éternité, juste à entendre le bruit ininterrompu des mitraillettes. Après un silence... de mort, avant les premiers gémissements des blessés. Ils vont descendre pour porter secours, mais voir des gens avec des trous dans le corps les paralysent, ils sont devant une scène de guerre et personne n'est préparé à ça, pas même les secours. Un album qui va se concentrer sur l'après, sur cette blessure invisible et indélébile qui va les ronger de l'intérieur. Un traumatisme qui va les emmener de la colère à la solitude au travers un long et laborieux parcours médical. Ils sont aussi des victimes de cet odieux attentat. En milieu d'album, deux photos, deux visages : Fanny 29 ans et Claire 34 ans, deux amies décédées pendant ce vendredi noir. Un récit qui va droit à l'essentiel, il dévoile la difficulté à se reconstruire et l'art sera une bouée de sauvetage salvatrice, où comment faire du beau avec du moche. Mais comme Brel le chantait : "On n'oublie rien de rien - On n'oublie rien du tout - On n'oublie rien de rien - On s'habitue c'est tout". Une lecture qui ne m'a pas laissé insensible. Un album au petit format, type manga, pour une partie graphique efficace avec une mise en page de deux cases par planche. Un noir et blanc qui n'est clairement pas le genre que j'apprécie, mais il n'a pas gêné ma lecture. Il m'empêche néanmoins de mettre une meilleure note. Un témoignage intime et touchant que je recommande.

27/02/2024 (modifier)