L'Ours

Note: 3/5
(3/5 pour 1 avis)

Un petit village de montagne, en hiver. Barnabé, le bûcheron, est tué par un ours. Ce dernier le dépouille de sa peau, s’en revêt et adopte également les habits du défunt.


Ours et nounours

Quand il pénètre dans le village, personne ne remarque la substitution. Cependant l’ours manifeste rapidement une vive attirance pour les villageoises, qui ne sont pas non plus insensibles à sa mâle puissance. Il en résulte que les hommes sont cocufiés l’un après l’autre. Personnage mutique et taciturne, le faux Barnabé devient le révélateur de conflits longtemps tus, auxquels il ne comprend pas grand-chose. La tension s’exacerbe au sein de la petite communauté rurale, et l’ours, inévitablement, servira de bouc émissaire. Vincent Sorel signe une fable intemporelle, cocasse et pleine de charme, dessinée dans un style qui rappelle celui de l’école du New Yorker et sous une couverture pastichant la tapisserie de Bayeux. Ce récit charrie des échos des temps anciens (l’époque mérovingienne), quand l’ours était considéré comme le roi des animaux et était sexuellement très valorisé parce qu’on le tenait pour le seul animal à pratiquer le coït de face, comme l’homme. Vincent Sorel est un ancien élève de l’École des Arts décoratifs de Strasbourg. Il a collaboré au site numo.fr

Scénario
Dessin
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution Janvier 2010
Statut histoire One shot 1 tome paru

Couverture de la série L'Ours © Actes Sud 2010
Les notes
Note: 3/5
(3/5 pour 1 avis)
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03/02/2024 | Noirdésir
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Vincent Sorel développe ici une histoire étrange. Tout d’abord au départ, au vu du pitch, et de la couverture qui singe la tapisserie de la Reine Mathilde, j’ai pensé à un conte moyenâgeux. Mais en fait, même si rien ne date réellement ce récit, les vêtements des protagonistes semblent contemporains. Toujours est-il que ça reste quand même fortement inspiré par une ambiance du haut moyen-âge, à l’époque où l’ours était le roi des animaux (voir le superbe livre que Michel Pastoureau lui a consacré), et que toutes sortes de pouvoirs lui étaient attribués, en particulier sexuels. Ici, ça n’est pas un homme qui se revêt d’une peau d’ours, mais bien un ours qui, après l’avoir tué, revêt la peau et l’apparence d’un bûcheron, Barnabé, dont il usurpe ensuite l’identité, en passant quelque jour dans le village où vivait Barnabé. On apprend peu à peu à connaître les habitants, et les nombreuses rancœurs qui les divisent. L’ours/Barnabé, toujours mutique, se révèle obsédé par le sexe, et couche avec toutes les femmes du village. Lorsque ça finit par se savoir, les cocus oublient leurs querelles et se jettent sur lui. L’ours a joué le rôle de révélateur des tensions, et son passage et son meurtre permettent de rétablir un certain ordre. En cela ce récit a de faux airs d’exempla, pour revenir sur la période médiévale. Le récit est léger, la lecture agréable, avec quelques petites touches d’humour. Le dessin de Sorel (dont c’était je pense la première publication) est simple (peu ou pas de décors, parfois simplement des têtes sont dessinées) mais très lisible. Une petite curiosité à emprunter à l’occasion.

03/02/2024 (modifier)