Le Grand Large (Jean Cremers)

Note: 3/5
(3/5 pour 2 avis)

Abandonnée au milieu de l'océan par ses parents pour apprendre à se débrouiller seule, Léonie doit retrouver la terre ferme. Elle rencontre Balthazar, un adolescent dont le canoë prend l'eau, et Agathe, qui se laisse porter par le courant et n'a plus d'espoir d'accoster. Ils unissent leurs forces pour trouver un rivage.


Les naufragés

Sac sur le dos, Léonie se retrouve au milieu de nulle part, ou plus exactement en plein milieu de l’océan ! En lui apprêtant une embarcation, ses parents l’ont tout simplement forcée à prendre le large ! Mais pour aller où ? Comment diable va-t-elle s’y prendre pour trouver la terre ferme à l’aide de ses simples rames en bois ? Apeurée, elle va découvrir un univers sans foi ni loi où la nature, le hasard et la détermination vont guider sa barque. Bonne nouvelle: elle n’est pas si seule puisqu’elle rencontre Balthazar, un adolescent dont le canoë prend l’eau de toutes parts. Dans cette immensité, tout le monde n’est donc pas logé à la même enseigne. Les yachts et les bateaux à moteur circulent à toute allure et ne se gênent pas pour détrousser le voisin. Parmi ce faste, il y a aussi ceux qui semblent avoir abandonné tout espoir d’accoster un jour, comme Agathe, qui s’est laissé porter par le courant… Quand ces trois naufragés se croisent, l’aventure prend un autre tournant. Léonie, décidée à trouver un rivage, va embarquer Agathe et Balthazar pour une traversée éprouvante, à la limite des forces qui lui restent, à moins que ce ne soit le contraire…

Scénario
Dessin
Couleurs
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 03 Janvier 2024
Statut histoire One shot 1 tome paru

Couverture de la série Le Grand Large (Jean Cremers) © Glénat 2024
Les notes
Note: 3/5
(3/5 pour 2 avis)
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01/02/2024 | grogro
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L'avatar du posteur Noirdésir

Le dessin est simple mais efficace, agréable et très lisible, du moderne sans fioriture et dynamique. Avec une colorisation qui manque peut-être de nuances, mais qui elle-aussi se révèle très agréable. Et une histoire assez étrange. Comme l’héroïne, une ados prénommée Léonie, le lecteur est projeté dans « le grand large », sans aucune explication. D’ailleurs, jusqu’au bout Cremers est avare d’explication, et le lecteur doit accepter pas mal de chose. Mais je dois dire que ce mystère relatif fait partie du charme de cette histoire, où tous les protagonistes « naviguent », la terre ferme n’étant entr’aperçu que dans la première page et les quelques dernières. Tout se passe sur des bateaux, plus ou moins précaires, autour de quelques rares personnages, dont un trio hétéroclite (Léonie, un autre gamin muet, Balthazar, et une adulte décrépie étrange, Agathe). Les autres personnages croisés sont une menace plus ou moins directe contre notre trio. L’intrigue peut paraître creuse, pleine de longueurs, avec de longs passages où il ne se passe rien, lorsque notre trio dérive. Mais en fait je ne me suis jamais réellement ennuyé, et j’ai plutôt apprécié cette lecture, il y a là un univers étrange (vaguement post-apocalypse ?) original et, avec une économie de moyens (narratifs, mais pas que), Cremers parvient quand même à bâtir un récit intéressant. Un album à découvrir. Note réelle 3,5/5.

13/05/2024 (modifier)
Par grogro
Note: 3/5
L'avatar du posteur grogro

Voilà objectivement une bonne BD, même si l'on sait bien qu'il n'y a pas d'objectivité qui tienne. Mais on se laisse bien porter par le récit et ces personnages attachants. Le contexte, l'ambiance générale avec cette espèce de rite initiatique dont on ne saura rien : tout concourt à préserver une part de mystère tout en teintant l'histoire d'un soupçon de fantastique. De ce point de vue-là, c'est assez réussi. S'il y a bien quelques longueurs, si le dessin à la serpe n'est pas nécessairement mon truc, il y a malgré tout du rythme, et certains passages assez poétiques permettent de souffler un peu. Il faut avouer que l'auteur sait encaser, mais également animer les visages avec l'expression adéquate. Les couleurs sont enfin bien choisies et efficaces. Le grand large est une chouette métaphore sur le passage à l'âge adulte. Le grand large, bien entendu, c'est ce moment où l'ado, le jeune adulte, quitte le nid. Le grand large, c'est le grand bain, c'est la vie. Il y a de belles phrases qui résonnent, par exemple lorsque Agathe, la maman de substitution de nos deux héros, dit qu'elle préfère "rester en mouvement"... C'est donc un peu plus qu'un simple bon récit, ce qui ne serait déjà pas si mal. En revanche, je réitère la remarque déjà faite pour Vague de froid, sa BD précédente : le lettrage est vraiment difficile à lire : trop fin, parfois de guingois. Sans lunette, avec une lumière un peu légère, il faut s'accrocher et déchiffrer. C'est assez pénible, et ça gâte clairement le plaisir de lecture. N'empêche : Jean Cremers est un auteur à suivre...

01/02/2024 (modifier)