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Guerilla Green

Note: 3/5
(3/5 pour 1 avis)

Alors même que nos villes regorgent d’espaces non exploités, aucun fruit ou légume n’y pousse. Armée de râteaux, graines et arrosoirs, c’est là qu’intervient la Guerilla Green !


Documentaires Environnement et écologie

Les activistes non-violents issus de ce mouvement prônent un jardinage politique : il n’est pas seulement question de fleurir les balcons, mais bien de se réapproprier l’espace urbain, de recréer du lien social et de renouer avec l’autonomie. Ophélie, trentenaire et citadine confirmée, compte bien reverdir sa ville plutôt que de la quitter et donne les clés pour mettre en pratique la devise des guerilleros : Plantez... Partout !

Scénariste
Dessinateur
Coloriste
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 28 Août 2019
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Guerilla Green © Steinkis 2019

13/09/2022 | Ro
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Par Ro
Note: 3/5
L'avatar du posteur Ro

Guerilla Green tient à la fois du documentaire pédagogique et du pamphlet politique. C'est un manuel pratique de soutien à la végétalisation urbaine par le biais d'actes militants et de désobéissance civile. J'ai un sentiment très contradictoire vis-à-vis de cet ouvrage. Sur la forme, rien à redire, c'est bien foutu. Le dessin de Cookie Kalkaire est très attirant, avec un trait rond et dynamique et des couleurs pleines de vie. La mise en scène est bonne aussi avec une narration claire et une structure en chapitre qui facilite la lecture et son assimilation. C'est sur le fond que je ne sais pas bien appréhender les contradictions de cet album. Concrètement, c'est un message d'une urbaine trentenaire à d'autres urbains. Moi qui vis en lointaine banlieue, entouré de végétation, et malgré mon réel amour pour la biodiversité, je ne me sens guère concerné par ces appels à envahir les trottoirs des capitales du monde et à chercher les interstices dans les murs pour y glisser diverses graines. Quand on vit dans un milieu relativement végétalisé, la nature fait nettement mieux ce boulot et on se retrouve plutôt à tenter de l'empêcher de tout envahir pour ne pas voir ses murs se fissurer et son carrelage de terrasse se déchausser tous les deux ans. Pour dire les choses concrètement, même si les villes ne seraient que mieux si elles étaient bien plus végétalisées, je trouve contradictoire de désirer vivre dans de grosses villes et en même temps de vouloir y amener d'infimes morceaux de campagne sauvage. Ça me donne la même impression que les consommateurs qui commandent un coca light pour compenser leur gros cheeseburger-frites. Le récit de la BD prend également régulièrement des accents très politisés quand il prône la désobéissance urbaine et la lutte contre le "patriarcat totalitaire" et le capitalisme qui contrastent bizarrement avec l'omniprésence du smartphone de la narratrice et le fait qu'elle nous renvoie vers ses pages Youtube et Instagram. De même, le ton de la narration prend parfois une tournure assez condescendante qui m'a paru hors de propos quand elle provient d'une jeune autrice issue du monde de la com', qui s'est lancée dans le militantisme végétal depuis à peine deux ans et qui semble vouloir donner des leçons au monde entier comme pour partager une sagesse millénaire. Au final, je suis totalement pour la végétalisation des cités, la quête de maintien de la biodiversité et de l'équilibre naturel, et c'est bien ainsi que je mène ma vie et mon jardin, et de fait l'idée de fond de cette BD est bonne de même que sa mise en forme, pourtant cet album n'a pas su me toucher, me ravir ni me donner envie d'agir de la même manière, peut-être car il aborde des problématiques trop urbaines et éloignées des miennes.

13/09/2022 (modifier)