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Tropiques toxiques

Note: 3/5
(3/5 pour 1 avis)

Enquête sur le scandale du chlordécone.


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« Dans quelques centaines années, en ce même lieu, un autre voyageur, aussi désespéré que moi, pleurera la disparition de ce que j’aurais pu voir et qui m’a échappé. Victime d’une double infirmité, tout ce que j’aperçois me blesse, et je me reproche sans relâche de ne pas regarder assez. » Tristes tropiques, Claude Lévi-Strauss La banane. L’un des principaux fleurons de l’économie des Antilles françaises, la Guadeloupe et la Martinique. Afin d’en assurer le rendement, un pesticide au nom particulier – le chlordécone – y a été utilisé très largement entre 1972 et 1993. Aujourd’hui, le cancer de la prostate s’y développe de façon exponentielle. Et la molécule est présente dans les corps des 800 000 personnes qui y vivent. Scandale environnemental ? Sanitaire ? Ou d’État ? (texte : Steinkis)

Scénariste
Dessinateur
Coloriste
Photographe
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 22 Octobre 2020
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Tropiques toxiques
Les notes (1)
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14/11/2020 | Spooky
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Par Spooky
Note: 3/5
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Voilà un ouvrage fort éclairant. En effet il propose d'explorer en profondeur les tenants et les aboutissants de l'affaire du chlordécone, ce composant utilisé pendant plusieurs décennies en Guadeloupe et Martinique en tant qu'insecticide pour protéger la culture de la banane dans les Antilles. Mais au fil des années, de nombreuses études ont prouvé sa toxicité, et sa probable corrélation dans la multiplication de maladies graves sur place. C'est donc Jessica Oublié, journaliste revenue sur ses terres natales en 2018, qui mène cette enquête, et nous livre un dossier plutôt complet, des origines du produit à la façon dont il a été utilisé par les producteurs de bananes, en passant par l'impact économique qu'il a eu, et a encore. Pour schématiser à l'extrême, on pourrait dire que sans le (ou la, les deux sont valables) chlordécone, la culture de la banane serait probablement morte dans les années 80 ou 90. Et l'économie locale aurait été nettement plus sinistrée. Mais la facture à payer risque d'être, humainement, très lourde, avec de nombreuses maladies qui se sont déclarées, ou qui sont encore en sommeil... C'est une vraie bombe à retardement, et un scandale d'Etat, d'autant plus que les autorités étaient au courant depuis longtemps mais n'ont rien fait. Un de plus... Sur le plan graphique Jessica Oublié bénéficie des talents conjugués de Kathrine Avraam et de Nicola Gobbi, une collaboration franco-italienne dont le résultat visuel me fait penser au travail de Clément Oubrerie, un peu plus ligne claire cependant. C'est un style semi-réaliste qui permet de lire et comprendre sans encombre ce qu'on voit et ce qu'on lit. Seul (gros) handicap : c'est un album de 250 pages, dense, peut-être un peu difficile à digérer. Un album digne de la qualité installée par La Revue dessinée, qui, on l'espère, permettra de mieux mesurer l'impact de cette catastrophe phyto-sanitaire.

14/11/2020 (modifier)