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Rouge passé

Note: 3/5
(3/5 pour 1 avis)

Comment devient-on membre des Brigades rouges ? Comment s'en détacher après avoir assassiné ?


Terrorisme

Le 27 mai 1980, Anna Laura Braghetti est arrêtée et condamnée à la réclusion à perpétuité pour avoir abattu le vice-président du Conseil supérieur de la magistrature. C’est sur cet épisode que s’ouvre le récit. En 1977, Anna Laura Braghetti rejoint l’organisation terroriste d’extrême gauche italienne, les Brigades rouges. C’est elle qui reste dans l’appartement dans lequel est séquestré et assassiné Aldo Moro au printemps 1978 et elle qui abat de onze coups de revolver Vittorio Bachelet. Au fil des pages, elle se confie au père Adolfo Bachelet, le frère de Vittorio Bachelet, qui l’accompagne sur le chemin de la réconciliation et lui rend visite jusqu’à sa mort. Un récit poignant sur l’engagement, le terrorisme et la rédemption, qui fait singulièrement écho à notre époque. En fin d’ouvrage, Alessandro Orsini, professeur de sociologie du terrorisme à l’Université Luiss de Rome, livre une analyse des origines du terrorisme. Quel est le lien entre idéologie et terrorisme ? (site éditeur)

Scénaristes
Dessinateur
Coloriste
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 25 Septembre 2019
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Rouge passé
Les notes (1)
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25/07/2020 | Noirdésir
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Sous-titré « histoire d’une rédemption », cet album raconte comment une jeune femme a intégré les Brigades rouges, puis a assassiné un haut magistrat italien. Mais aussi comment elle a cherché (et obtenu ?), une fois arrêtée et incarcérée, une forme de rédemption, suite aux visites et dialogues avec le frère de sa victime, un prêtre. On le voit il y a une dimension christique, religieuse sous-jacente à cette histoire – histoire vraie par ailleurs – à laquelle on peut ne pas adhérer (c’est mon cas). Mais c’est quand même intéressant, même si l’ensemble est très – trop – vite survolé, que ce soit la constitution d’une conscience politique, le fonctionnement des Brigades rouges, mais aussi les 15 années de réclusion. Je ne sais pas ce que ce témoignage peut avoir de représentatif – par-delà son côté un peu lacunaire (ça m’a quand même un peu frustré), mais il se laisse lire, avec un dessin moderne et minimaliste: la lecture est fluide. En fin d’album, un dossier/analyse du fonctionnement du terrorisme des Brigades rouges est très intéressant, c’est une analyse sociologique solide, plus consistante d’ailleurs que l’album BD lui-même. Même si un seul type de terrorisme n’est évoqué, ce qui peut un peu biaiser l’analyse. A noter que les années 1970 sont restées connues en Italie comme les « années de plomb », en référence aux assassinats (par arme à feu généralement) perpétrés par l’extrême gauche (Brigades rouges en tête), ce qui évacue le terrorisme d’extrême droite (qui lui utilisait des bombes, et a d’ailleurs fait bien plus de victime – comme dans la gare de Bologne). De la même manière, sont encore poursuivi sans perspective d’amnistie ces anciens « brigadistes », alors qu’aucun terroriste d’extrême droite (liés à l’armée et à la CIA) n’est poursuivi. (on retrouve le même phénomène partout, y compris en France)

25/07/2020 (modifier)