Connectez-vous pour cacher cette bannière publicitaire - Commander en ligne : pourquoi BDfugue ?

Les Miettes

Note: 4/5
(4/5 pour 9 avis)

Une bande de terroristes timbrés tente de détourner un train suisse sur Vaduz. Oui, oui, détourner un train…


Absurde Atrabile Auteurs suisses Autour du rail Bichromie Frederik Peeters Futurs immanquables Les petits éditeurs indépendants One-shots, le best-of Suisse

Le « Baron » et son gang ont pris le contrôle d’un train à destination de Zurich. Leur but : le détourner sur Vaduz, capitale du Liechtenstein. Le Baron est un idéaliste, qui a décidé de faire du Liechtenstein un grand pays, une superpuissance qui fera trembler le reste du monde, et plus seulement une petite miette de terre dont tout le monde se moque. Son plan génial : garder les passagers du train en otages et leur faire cultiver des rutabagas dans les environs de Vaduz, pour nourrir une immense armée de mercenaires financée grâce à l’or produit par un alchimiste préalablement capturé, et grâce à laquelle le Liechtenstein pourra partir à la conquête du monde. Mais tout ne se déroule pas comme prévu : les hommes de main du Baron n’arrivent pas à convaincre le machiniste de la loco de changer de destination, l’alchimiste n’est pas aussi doué qu’on l’espérait, une cavalerie de nationalistes du San Marin attaque le train…

Scénariste
Dessinateur
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution Mars 2001
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Les Miettes

07/01/2003 | Cassidy
Modifier


L'avatar du posteur Noirdésir

Alors là, c’est un gros gros coup de cœur !!! Voilà un album que j’avais très envie de lire depuis bien longtemps, eu égard aux très nombreux et très bons échos qu’il avait suscités. Mais sa rencontre (petit tirage oblige) était plus qu’aléatoire, et alors le prix (petit tirage mais aussi spéculation ?) était franchement prohibitif et dissuasif. La réédition par les éditions Atrabile – très belle d’ailleurs avec couverture épaisse et dos en toile, m’a permis d’acquérir et donc de lire ce qui est une sorte d’ovni ! Dans une préface, Ibn Al Rabin rappelle l’histoire hasardeuse et quelque peu mouvementée de l’écriture et de la première publication. Dans la même préface, il conclut en disant qu’il avait cherché à l’époque à faire du Audiard genevois. Et c’est vrai qu’à la lecture on retrouve une parenté dans ces dialogues désopilants – et cette comparaison est clairement un compliment, avec aussi peut-être une influence du capitaine Haddock pour la préciosité des jurons (quelque mots peu courants se glissant alors dans les conversations). En tout cas cette sorte de western alpin (l’accoutrement de certains personnages, l’attaque du train donnent cette touche « Far West ») est jubilatoire, avec une intrigue loufoque, improbable, et des personnages qui le sont tout autant ! C’est vraiment une imagination débordante qui innerve l’intrigue, énerve les protagonistes. L’ambition délirante à la base du détournement du train (faire du Liechtenstein une grande puissance !) s’accompagne de personnages hauts en couleur (les faux siamois, le comte avec son alchimiste entre autres). Les répliques fusent et ajoutent au délire de l’ensemble. De nombreux gags absurdes, parfois récurrents (comme ce voyageur demandant imperturbablement quand le train arrivera à Zurich, ou comme ces pillards de San Marin ????, dézingués à tour de bras et qui (re)surgissent de partout, toujours plus nombreux) élargissent la palette de l’humour employé. La chute finale est elle aussi bien vue. Bref, c’est vraiment un album qui ne peut laisser indifférent ! Pas forcément grand public – si vous êtes réfractaire au loufoque et à l’absurde, vous raterez une bonne partie de ce qui fait de cet album une grosse pépite. A lire, à acheter, et merci encore à Atrabile ! Et encore bravo aux auteurs (dont c’était une sorte de sortie d’anonymat fracassante) pour avoir laissé quartier libre à leur imagination ! Allez, hop ! Voilà cinq étoiles bien méritées pour cet album qui nous y envoie très souvent.

09/01/2015 (MAJ le 09/01/2015) (modifier)
Par Jetjet
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur Jetjet

Ça commence directement par le détournement d’un train, oui un train !!!! L’homme qui menace le chauffeur de la locomotive est également un peu spécial puisqu’il a l’élégante particularité d’avoir un frère siamois partageant le même corps sous le nombril ! Bienvenue dans le monde hyper barré de Ibn Al Rabin illustré par l’immense Frederik Peeters dans une bichromie argentée beige du plus bel effet ! Le lecteur n’a même pas le temps de poser ses fesses pour lire confortablement qu’il est happé à 150 km/h dans cette histoire invraisemblable mené tambour battant dans un train avançant à la vitesse d’un omnibus ! Car évidemment dans cette sombre histoire de détournement au profit du Lichtenstein libre, rien ne va tourner correctement pour le plus grand plaisir du lecteur effaré devant tant d’absurdités ! Il faut bien le dire, les 20 premières pages n’ont pas été des plus aisées à suivre. On passe d’une situation ubuesque à une autre dans un échange de bons mots que Michel Audiard lui-même n’aurait pas renié. Mais après une fois que le décor est bien planté, qu’on pense avoir à peu près le dessus sur la narration éclatée je vous garantis que ce n’est qu’un pur best of d’humour cynique et non sensique propre à dérider chaque dépressif potentiel qui sommeille en chacun de nous ! Un alchimiste pris en otage censé redonner un peu de fortune à ces terroristes désoeuvrés va surtout transformer le plomb en ricard, un train qui n’avance pas attaqué par une bande de pillards de San Marino à cheval, un baron au look soigné mais à la verve peu inspirée et une sacré bande de pieds cassés qui n’arrivera jamais à accorder ses violons pour arriver à bon port ! Les miettes, (dont on comprend le sens le temps d’un phylactère disséminé sur les 70 pages !!) est une superbe madeleine de Proust à dévorer et dont il ne restera que des miettes également à la fin tant le voyage onirique offert prend tout son sens au fur et à mesure d’une lecture unique et dont on ne reviendra pas sans un sourire. L’occasion est d’autant plus agréable à vivre que Atrabile a eu la bonne idée de rééditer à un prix tout doux une œuvre rapidement épuisée et dont la remastérisation des couleurs doit faire honneur à l’œuvre d’origine. Dos toilé, grand format, l’ensemble est suffisamment classe pour en faire un objet de choix à posséder pour toute bibliothèque décalée qui se respecte. Et Peeters avait déjà une sacrée maitrise alors qu’il n’était qu’un inconnu. Voici une belle occasion de mettre la main sur ce Saint Graal désormais à nouveau disponible et accessible à toutes les bourses !

26/05/2014 (modifier)