Arrêt de jeu

Note: 3/5
(3/5 pour 2 avis)

Un polar glaçant sur les dérives du football contemporain.


Football

Devenir joueur de foot professionnel, c'est d'abord un rêve. Mais lorsqu'on arrive enfin à être sélectionné par un grand club et qu'on devient une star comme Lucas DiLucca, il faut savoir garder la tête sur les épaules. Car la fortune et la célébrité excitent les jalousies, suscitent les convoitises... Et peuvent pousser à la faute.

Scénariste
Dessinateur
Lem
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 20 Juin 2018
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Arrêt de jeu
Les notes (2)
Cliquez pour lire les avis

25/07/2018 | Mac Arthur
Modifier


Par pol
Note: 3/5
L'avatar du posteur pol

Vraiment pas mal cette petite BD. La mise en place de l’histoire est intéressante, voire même plutôt prenante. La découverte du héros, un footballeur célèbre, son milieu, ses amis, ses relations avec les sponsors, présidents, agents, et tous les vautours qui gravitent autour de lui dans l’espoir de se faire de l’argent sur son dos. Ça sonne très vrai, on se croirait dans complément d’enquête sur les dessous du foot. C’est bien fichu. Le héros, lui, a peut-être un côté trop gendre idéal en comparaison de nos footballeurs actuels. Et à l’opposé lorsqu’il est pris dans la tourmente et qu’il craque, c’est assez radical, il n’y a pas de juste milieu. Le côté polar s’installe progressivement pour atteindre son point central assez tard dans l’album : une grosse affaire de corruption. C’est vrai qu’au final cela parait un peu trop gros. Mais on s’en fout en fait parce qu’on est en train de lire une BD de divertissement et pas un documentaire justement. Et comme dans l’ensemble tout le reste est quand même bien fichu, ça fonctionne bien. Le dessin est simple, lisible et efficace. Il contribue pleinement à faire de cette histoire une BD sympathique. Sans doute que ça parlera plus aux amateurs de foot qu’aux amateurs de polar pur et dur, mais moi j’ai trouvé ça plaisant. 

22/08/2018 (modifier)
L'avatar du posteur Mac Arthur

Arrêt de jeu est un thriller se déroulant dans l’univers du football professionnel. Guère original dans son intrigue (un joueur mis sous pression pour lever le pied lors d’un match), il se distingue d’autres séries du même genre (je pense plus particulièrement à I.R.$. Team) du fait qu’il se centre prioritairement sur le personnage central, victime du chantage, Lucas DiLucca. Si l’album n’est pas déplaisant à lire (bon découpage, bonne progression scénaristique avec un étau qui se resserre sur le héros au fil du temps, dessin agréable et épuré), il me laisse tout de même sur ma faim, du fait d’un propos que je trouve bien trop caricatural et finalement peu crédible. Tout d’abord, le héros, footballeur vedette d’un grand club parisien, professionnel et à la vie bien rangée (même sa call-girl de maîtresse est très lisse), dégage une image de gendre idéal un peu trop propre à mon goût. Son groupe d’amis amène bien un peu de couleur mais chacun a un caractère très défini souligné par deux ou trois traits par individu, et c’est pareil du côté des méchants de l’histoire. Le résultat manque de finesse, de profondeur. L’avantage est que chaque rôle est directement cerné mais bon, à titre personnel, j’aurais aimé un peu plus de nuances dans ces profils. Ensuite, l’intrigue en elle-même est caricaturale et s’adresse à des personnes qui ne connaissent que finalement très peu la problématique de la corruption dans le sport en général et le football en particulier. Vouloir faire croire que les matches les plus susceptibles d’être arrangés sont ceux où les enjeux financiers sont les plus gros n'est pas très pertinent à mes yeux. La corruption est au contraire bien plus souvent présente à des niveaux inférieurs, le but n’étant pas d’acheter un match ultra-médiatisé dans lequel chaque phase est analysée et discutée, mais bien d’influer sur le résultat d’un match qui passera inaperçu mais sur lequel une grosse somme d’argent aura été misée. Les groupes mafieux, souvent à l’origine de ces pressions et actes de corruption, réalisent alors un coup double (blanchiment d’argent grâce au passage dans la grande machine à laver des paris sportifs -l’origine des sommes misées n’est pas vérifiable mais les gains sont on ne peut plus légaux- et multiplication du bénéfice du fait que l’on connait le résultat par avance). On est loin de l’intrigue proposée ici, qui me semble donc peu réaliste et fort simpliste. Résultat : un album qui n’est pas désagréable à lire mais qui manque de profondeur et de finesse pour réellement me convaincre.

25/07/2018 (modifier)