L'Air de rien
À travers cent strips et une quinzaine de grandes illustrations, Aude Picault, auteure trentenaire, croque avec tendresse et une ironie délicatement distanciée ses contemporains et notre société moderne et urbaine.
Ecole nationale supérieure des Arts décoratifs La BD au féminin
L'Air de rien est un album entièrement consacré aux relations sociales dans un univers urbain – Paris.
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Editeur
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Genre
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Public
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Type
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| Date de parution | 13 Octobre 2017 |
| Statut histoire | Strips - gags 1 tome paru |
© Dargaud 2017
07/11/2017
| Mac Arthur
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Les avis
Il s'agit de strips et de saynètes abordant des fragments du quotidien d'êtres humains très divers. On y croise surtout des urbains autour de la quarantaine, en couple ou non, avec ou sans enfants. Aude Picault y observe les relations sociales, la maternité, l’amitié, la charge mentale, les stéréotypes ou encore les dynamiques hommes/femmes avec un regard souvent plus féminin que féministe (même si j'ai aimé ces quelques strips où elle montre comment les femmes transmettent inconsciemment à leurs filles des normes de féminité qui perpétuent la société patriarcale) : c’est subtil, juste, jamais accusateur, et cela touche d’autant plus que c’est montré... l’air de rien. Ce qui m’a séduit avant tout, c’est la finesse du regard. Beaucoup de planches ne cherchent pas à faire rire franchement, mais plutôt à faire sourire de reconnaissance : on se dit que c’est exactement ça. Il y a une sensibilité qui souligne avec douceur les petits ridicules, les contradictions, les non-dits qui empoisonnent parfois nos relations. On sent que l’autrice aime ses personnages, même lorsqu’elle les égratigne. J'ai souvent pensé à Jean-Jacques Sempé et je suppose que l'autrice ne s'en cache pas : rien que le titre et la couverture rappellent déjà son style. Ce n'est pas tant pour une ressemblance graphique que pour l’esprit : cette manière de représenter des scènes ordinaires pour révéler, avec délicatesse, l’absurdité ou la mélancolie de nos comportements sociaux. Comme chez Sempé, ce sont les thématiques (la vie urbaine, les petites vanités, les illusions sentimentales, la solitude au milieu des autres) et le ton à la fois tendre et légèrement ironique qui rapprochent les deux univers. En revanche, Picault a sa propre écriture visuelle : un trait plus épuré, des corps esquissés, des décors réduits à l’essentiel, des aplats de couleurs pastel. Là où Sempé pouvait suggérer beaucoup par une seule image ample, Picault s’appuie davantage sur le rythme du strip et le dialogue pour faire émerger l’émotion, même si ce sont justement les quelques images pleine page de cet album qui ont facilité chez moi le rapprochement avec Sempé. Tout n’est pas égal pour autant. Certains gags tombent un peu à plat : on devine l’intention, mais la chute manque de mordant. À la longue, la succession de strips peut aussi provoquer une légère lassitude ; c’est typiquement un album à picorer, à laisser reposer avant d’y revenir. Quelques planches paraissent un peu anecdotiques, parfois un brin bobo, et l’ensemble n’est pas irrésistiblement drôle, mais je ne lui en tiens pas rigueur car j'ai été très souvent touché par l'esprit qui s'en dégage. C'est une légèreté tendre, parfois teintée d’amertume discrète : sexisme ordinaire, incompréhensions conjugales, fatigue parentale, solitude urbaine... Ce n'est pas un album qui déclenche des éclats de rire, mais un recueil fin et humain, qui capte avec intelligence et justesse ces petits riens du quotidien dans lesquels on se reconnaît, et qui, l’air de rien, disent beaucoup de notre époque.
C’est un album au très grand format, qui regroupe une centaine de strips publiés initialement dans Libération. Aude Picault développe ici certaines observations du quotidien, certains archétypes. Comme Trondheim avec Les Petits Riens, ou Sattouf avec La Vie secrète des jeunes, elle met en avant des situations, des phrases, des réflexions prises sur le vifen les concluant d’une chute plus ou moins drôle. C’est assez vif et cela se laisse lire facilement (pas de décor, des corps parfois à peine esquissés – la tête suffit –, seuls les dialogues comptent ici. La majorité des personnages sont féminins, on peut penser qu’Aude Picault a glissé dans cet album – quitte à les modifier – en partie des choses vécues. Mais si la lecture n’est pas désagréable, je suis quand même resté sur ma faim. C’est moins poétique que Sempé, et peut-être pas assez dans l’autodérision (comme peut le faire Fabcaro). Cela reste un peu trop superficiel et un chouia « parisiano-branchouille ». Note réelle 2,5/5.
J'aime bien les oeuvres d'Aude Picault de manière générale. Celle-ci m'a paru un peu mièvre dans son humour si je la compare à d'autres que j'apprécie dans le même registre à savoir Fabcaro. Sans doute les thèmes abordés n'étaient pas en adéquation avec les miens. C'est certes tendre mais caustique. J'ai rarement souri. J'aime toujours le dessin tout en douceur. Le trait est simple et la couleur choisie toujours efficace. Les absurdités de nos comportements du quotidien seront décortiquées dans une centaine de strips qui se succèdent.
C’est gentil, souvent bien observé, parfois réellement anecdotique et rarement irrésistiblement drôle. Pourtant, je ne suis pas déçu par cet album. Il s’en dégage une certaine légèreté qui en fait sinon une lecture prenante, du moins un instant de déconnection pas désagréable. Le dessin d’Aude Picault est à l’image de ses histoire : le trait est fin, léger, et dégage une forme de tendresse envers ses personnages. La colorisation souvent pastelle ne fait que renforcer cette impression d’ensemble. A lire à l’occasion. A ne posséder que si vous aimez l’esprit ‘bobo’ et que vous recherchez une lecture facile pour vous distraire des grands tracas du quotidien en observant les petits tracas du quotidien des autres.
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