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La Petite Bédéthèque des Savoirs

Note: 3/5
(3/5 pour 3 avis)

Ces petits albums vulgarisent des sujets tantôt scientifiques tantôt culturels pour les rendre compréhensibles du plus grand nombre. Illustrés par des auteurs reconnus, ils donnent la parole à des scientifiques ou des journalistes qui connaissent leur sujet.


BDs éducatives Documentaires

Ces petits albums vulgarisent des sujets tantôt scientifiques tantôt culturels pour les rendre compréhensibles du plus grand nombre. Illustrés par des auteurs reconnus, ils donnent la parole à des scientifiques ou des journalistes qui connaissent leur sujet. De Hubert Reeves à Jean-Baptiste Thoret, des scientifiques et des journalistes vous font partager leur savoir grâce au talents d'auteurs tels que Marion Montaigne, Etienne Lécroart ou Alfred (entre autres).

Scénariste
Dessinateur
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 04 Mars 2016
Statut histoire Une histoire par tome 29 tomes parus
Couverture de la série La Petite Bédéthèque des Savoirs
Les notes (3)
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25/05/2016 | Mac Arthur
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Par Blue Boy
Note: 4/5
L'avatar du posteur Blue Boy

Il y a des signes comme ça qui laissent à penser que la bande dessinée est en train d’acquérir un peu plus chaque année ses lettres de noblesse. A moins que ce ne soit la connaissance qui ait décidé de quitter les étagères poussiéreuses des universités pour se faire plus sexy, ne considérant plus déshonorant de s’acoquiner avec ce garnement parfois turbulent qu'est le neuvième art. C’est ainsi qu’en 2016, le Lombard inaugurait cette collection au slogan imparable : « Un spécialiste et un dessinateur s’unissent pour vous faire comprendre le monde en bande dessinée ». Depuis, la collection a fait des petits et compte désormais seize ouvrages. Présentés dans un mini-format (13.9 x 19.6 cm) et comprenant entre 70 et 100 pages, chaque volume est réalisé par des auteurs différents (un expert de la question associé à un dessinateur). Les sujets couvrent des domaines extrêmement variés, de l’univers (avec en co-auteur Hubert Reeves, excusez du peu) au droit d’auteur, en passant par le heavy metal et les requins… Une ligne éditoriale en apparence disparate mais dont la folle ambition, à l’instar des fameux « Que sais-je ? », est d’aborder de façon ludique et sans restriction tous les thèmes de la connaissance humaine : histoire, pensée, science, culture, technique, nature, société… On ne peut que se réjouir de l’apparition d’une telle collection et souhaiter bonne chance au Lombard. L’éditeur s’est donné les moyens de trouver son public avec non seulement un format peu encombrant mais également un tirage séduisant. Un beau mariage à célébrer entre la connaissance et la bande dessinée. ------------------------ 12 - Le minimalisme Une excellente entrée en matière sur un concept qui n’est pas vraiment nouveau et se retrouvait déjà dans l’art dès la Préhistoire. Si comme moi, vous vous êtes déjà retrouvé désorienté voire agacé devant une sculpture ou une peinture abstraite, ce petit ouvrage pourra vous fournir les codes d’accès pour tenter de comprendre, à défaut d’apprécier, ce que l’artiste a voulu exprimer. Pour les adeptes du minimaliste, « moins, c’est plus », car l’art ne sert pas qu’à faire joli mais aussi à faire réfléchir, en recourant parfois à la provocation. Une approche vulgarisatrice et ludique très appréciable. 17 - Internet C’est une excellente idée que d’avoir créé deux mascottes dans le cadre d’une collection qui se veut à la fois didactique et distrayante. Pour ce faire, les auteurs se sont basés sur un fait réel qui s’est produit en 2011 en Géorgie, lorsqu’une vieille paysanne d’une région reculée priva tout le pays de l’accès à Internet en creusant un trou pour y chercher du cuivre, tranchant ainsi le seul câble optique qui reliait électroniquement la Géorgie au monde… démontrant toute la fragilité de ce moyen de communication. C’est ainsi qu’une discussion s’ensuit entre le bout de câble qui prend vie et la vieille femme, cette dernière étant là pour jouer le rôle de candide face au câble-boa qui va l’emmener en voyage à travers le cyberespace et son histoire. Cela donne une narration très vivante, et le coup de crayon rond et vif de Mathieu Burniat, qui avait récemment mis en images Le Mystère du Monde Quantique, fait le reste. Le dessinateur s’en sort d’ailleurs beaucoup mieux ici, mais aussi sans doute en partie parce qu’Internet est un domaine qui recèle moins de nébulosités que la physique quantique pour le commun des mortels. Jean-Noël Lafargue développe le thème de façon assez exhaustive, des aspects techniques aux enjeux économiques, de ses bienfaits à ses dérives… Devenu en l’espace de vingt ans aussi vital que l’eau courante, Internet est finalement assez mal connu de par son histoire et son fonctionnement, et cet ouvrage vient judicieusement combler nos lacunes. 18 - Le conflit israélo-palestinien Les récents événements viennent encore de le prouver, le conflit dans cette région du monde n’a pas fini d’empoisonner l’atmosphère… Tels deux frères ennemis, ces deux peuples semblent irréconciliables et leur querelles ne datent pas d’hier... Autant le sujet peut s’avérer rébarbatif et complexe, autant il fascine et reste le centre d’attention du monde entier de par ses répercussions délétères, inversement proportionnelles à la superficie géographique sur laquelle se déroulent les événements. De manière générale, la politique israélienne choque ceux que révoltent l’injustice et la violence, d’autant plus surprenantes de la part d’un peuple ayant subi lui-même la barbarie nazie. L’ouvrage, par la voix de l’historien Vladimir Grigorieff, tente d’expliquer le conflit en remontant d’abord aux origines, nous livrant les clés factuelles nécessaires à une compréhension globale et raisonnée. D’une certaine façon, il fait appel à la capacité d’empathie de chacun en tentant lui-même de rester le plus objectif possible, se gardant bien de prendre parti pour l’un ou l’autre camp, tout en soulignant l’importance de parvenir à une cohabitation durable et respectueuse. Car, faut-il le préciser, Vladimir Grigorieff est aussi un pacifiste convaincu. Par son dessin minimaliste, Abdel de Bruxelles apporte un peu de légèreté dans la lourdeur de cette discorde, s’inspirant parfois de photos d’actualités et d’archives. Un outil synthétique et très utile pour appréhender un conflit millénaire aux ramifications multiples, dans un état d’esprit optimiste, si tant est que cela soit possible… 19 - Les zombies A l’heure où les zombies n’ont jamais été autant à la mode, il était pertinent d’explorer ce phénomène culturel devenu un genre à part entière, en se penchant sur l’origine de ces terrifiantes créatures qui fascinent autant qu’elles hantent nos nuits. Car oui, et on le sait moins, les zombies n’existent pas seulement dans les œuvres de fiction, mais bel et bien dans la réalité contemporaine. S’étant attelés à la tâche, les auteurs nous rappellent qu’en Haïti à l’heure actuelle, sous couvert de traditions et rites vaudous, des êtres humains sont enterrés vivants après avoir été empoisonnés (sans « e »), pour servir ensuite d’esclaves à des sorciers, des esclaves dépourvus d’identité une fois déterrés… C’est passionnant et instructif, même si de telles pratiques, dussent-elles perdurer au nom de la tradition ou de croyances d’un autre âge, font froid dans le dos. Pour ce qui est des morts-vivants en tant que source d’inspiration dans la pop-culture, Philippe Charlier ne fait qu’effleurer le sujet, ce qui peut dérouter le lecteur qui s’attendait à un digest des œuvres du genre à travers le cinéma, la littérature, la BD… De même, l’aspect sociologique n’est abordé que sur trois pages en fin d’ouvrage. Cela peut sembler dommage, mais clairement, l’auteur a visiblement souhaité se concentrer sur la « genèse ». Peut-être faudra-t-il éditer une seconde partie sur le sujet. Par ailleurs, l’ouvrage est mis en images par Richard Guérineau, l’occasion d’admirer une fois encore le joli coup de crayon du dessinateur du « Chant des Stryges », tout comme son talent de coloriste. Précisons enfin, à l’attention des passionnés d’étymologie, que le terme « zombi » s’écrivait sans « e » à la fin avant d’être popularisé par Hollywood. 20 - Les abeilles Einstein disait que la mort des abeilles entraînerait la disparition de l’Homme sur Terre. Soixante après sa mort, les abeilles sont menacées d’extinction, en grande partie du fait de l’activité humaine, notamment l’agriculture intensive et les pesticides. Fort heureusement, les opinions publiques commencent à faire pression pour revenir à des modes de production respectant mieux la nature. Le livre n’oublie pas d’évoquer le sujet, parmi toutes les menaces qui pèsent sur nos amies productrices de miel et pollinisatrices, ce qui en fait un élément fondamental de la biodiversité…Conçu en deux parties, cet ouvrage, rédigé par Yves Le Conte, spécialiste éminent des abeilles et également apiculteur, détaille en premier lieu les caractéristiques de ces précieux insectes, leur mode d’organisation et leur habitat. Le tout, illustré par un vieux routier de la BD, ancien de Pilote ( !) et de Fluide Glacial, j’ai nommé Jean Solé. On retrouve son style mi-réaliste mi-caricatural associant abondance de détails les plus saugrenus et humour potache - preuve en est que la BD aide à conserver son âme d’enfant. Cependant, il n’est pas certain que cela soit ce qu’il y a de plus adapté à ce type de production. En effet, si la mise en page est extrêmement fantaisiste, le dessin reste très chargé et tend à parasiter le propos, donnant à l’ensemble un côté désordonné, de même que l’humour un peu daté semble parfois puiser son inspiration dans l’almanach Vermot

09/02/2017 (MAJ le 13/12/2017) (modifier)
Par Erik
Note: 2/5
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Le concept était intéressant avec ces thématiques diversifiées mais la mise en pratique ne m'a absolument pas convaincu. Je pensais trouver sans doute plus de sérieux à l'évocation de ces sujets. Je me suis malheureusement fortement ennuyé au point d'être sérieusement agacé par cette lecture. Quand le divertissement tourne au calvaire, il faut fuir. D'un tome à l'autre, à cause d'un collectif, cela diffère totalement. Mais bon, il n'y a pas vraiment de titres qui sont sortis du lot à part peut-être celui consacré à l'univers où l'astrophysicien Hubert Reeves se trouve au coeur même de l'album. L'intelligence artificielle par contre est un gros loupé. Maintenant et je le redis, l'idée est même excellente que de se servir du support de la bd pour créer une espèce d'encyclopédie et transmettre ainsi le savoir par l'image.

10/06/2016 (modifier)
L'avatar du posteur Mac Arthur

Série ou collection ? J’avoue avoir longuement hésité avant de me décider à poster cette série tant je ne savais que choisir entre la réalisation d’une fiche par tome ou celle d’une seule fiche pour l’ensemble des tomes. En effet, chaque tome de cette ‘série’ est réalisé par des auteurs différents et les sujets abordés sont des plus variés. D’un autre côté, ces tomes sont numérotés et il s’en dégage une harmonie sinon de sujet du moins de ton. Enfin, les éditions du Lombard nous présentent ces albums sous l’appellation de série. Voilà ce qui finalement m’aura convaincu à ne créer qu’une seule fiche pour ces albums des plus variés. Leurs points communs ? - Des duos d’auteurs composés d’un dessinateur souvent déjà reconnu, d’une part et d’un scénariste/auteur issu d’un domaine scientifique ou culturel lié au sujet traité d’autre part ; - Des sujets traités de manière assez globale, avec un souhait de vulgarisation manifeste et sur des thèmes hétéroclites ; - Un ton résolument léger, voire humoristique. Le format, bien entendu, est lui aussi identique pour tous les albums. Un format ‘livre de poche’ très facile à manipuler et à emporter, ce qui accentue encore ce sentiment d’avoir devant soi quelque chose de léger et de moderne (on est loin de l’image de la grosse encyclopédie qui prend la poussière au fond d’une bibliothèque tant l’idée même de devoir la sortir du rayonnage fait grincer les articulations de nos épaules). Le résultat ? Des albums instructifs et amusants, qui vulgarisent agréablement des sujets parfois ardus (la notion de hasard est par exemple analysée du point de vue mathématique, et le lecteur peu passionné par les statistiques risque d'être rebuté devant des concepts difficiles à saisir lors de certains passages), parfois plus légers (un tome traite du heavy metal). Ces albums sont dans l’ensemble réussis voire très réussis. Ce très bon résultat d’ensemble est, je pense, dû en grande partie à la pertinence du choix des auteurs. Marion Montaigne dans un exercice de vulgarisation sur l’intelligence artificielle ou Brüno dans l’illustration du cinéma hollywoodien des années ’70, ce sont des choix presque évidents ! Par ailleurs, les auteurs/scénaristes ne sont eux aussi pas les premiers venus. Jacques De Pierpont pour le heavy metal ou Hubert Reeves pour nous parler de la création de l’univers, avouez qu’il y a de la compétence au bout du fil ! Le seul reproche que je ferai, c’est que dans plusieurs albums, on se retrouve finalement plus devant un livre illustré que devant une bande dessinée. Celle qui s’en sort le mieux de ce point de vue est très certainement Marion Montaigne (qui est une habituée de cet exercice de style). Des albums comme ‘Le Tatouage’ (Alfred), ‘Le Hasard’ (Etienne Lécroart), ‘Les Requins’ (Julien Solé) ou ‘L’Univers’ (Daniel Casanave) utilisent un subterfuge qui fait que ce qui, en réalité, n’est jamais qu’une discussion entre deux personnes ou un long monologue devient effectivement une bande dessinée. Dans d’autres cas, enfin (Hervé Bourhis pour ‘Le Heavy metal’ ou Brüno pou ‘Le nouvel Hollywood’ par exemple), le résultat obtenu est clairement un livre illustré. Ce n’est pas spécialement une raison pour snober ces albums (ils sont tout de même instructifs à plus d’un point de vue) mais, à mes yeux, la gageure de réaliser une bande dessinée sur un sujet technique n’est pas totalement relevée. Je vous conseille en tous les cas de lire ‘L’Intelligence artificielle’ et ‘L’Univers’. Ces deux albums valent pour moi un 4/5 et intéresseront un large public. Pour les autres albums, ma note ne descend jusqu’à présent jamais en dessous du 3/5 mais les sujets abordés ne m’ont pas toujours follement passionné même si j’y ai appris plusieurs choses étonnantes (‘Les Requins, ‘Le Tatouage’) ou me sont apparus tout de même ardus (‘Le Hasard’ – là, j’ai clairement du m’accrocher). Quoiqu’il en soit, cette série mérite plus qu’un coup d’œil distrait. Pour moi, au vu de sa qualité d’ensemble, elle se rapproche de la collection ‘Sociorama’ de Casterman, dont elle épouse d’ailleurs un peu la même forme (un dessinateur établi associé à un auteur (scientifique ou journaliste) qui maîtrise son sujet). Ce sont des albums très intéressants et faciles à lires, de véritables documentaires modernes et divertissants.

25/05/2016 (modifier)