Courbet

Note: 3/5
(3/5 pour 2 avis)

Un meurtre sordide reconstitue la pose de L'origine du monde de Gustave Courbet. Une enquête policière pleine de classicisme pour découvrir un peintre précurseur et provocateur.


1816 - 1871 : De la chute du Premier Empire à la Commune Milieux artistiques Peinture et tableaux en bande dessinée

Paris, octobre 1866. En pleine mutation sous l’impulsion du baron Haussmann, la ville-lumière attire tout ce que le monde compte de génie de son époque. Un soir, lors de la première de l’opéra La Vie parisienne, une jeune femme est retrouvée morte égorgée. Entièrement nue, un chiffon sur le visage, les jambes écartées et le sexe en évidence, sa pose rappelle fort étrangement L’Origine du monde de Gustave Courbet. Exposé dans un secret tout relatif chez l’excentrique Khalil Bey, ce tableau fait depuis quelques temps parler de lui dans la capitale. Et alors que d’autres jeunes femmes sont retrouvées mortes dans les mêmes circonstances, la police entrevoit le véritable but du tueur : retrouver le modèle du tableau !

Scénariste
Dessinateur
Coloriste
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 18 Novembre 2015
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Courbet
Les notes (2)
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23/04/2016 | Erik
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Par Ro
Note: 3/5
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Une chose appréciable avec cette BD, c'est que ce n'est pas une biographie du peintre Gustave Courbet, chose qui m'aurait plutôt ennuyé. Le peintre et son oeuvre la plus connue, l'Origine du Monde, ne sont ici que le prétexte à une enquête policière et à une découverte du Paris artistique de 1866. J'aime la façon dont les auteurs donnent vie à la ville lumière de l'époque. On sent vraiment qu'il s'agissait d'un âge d'or pour la France et pour les parisiens, du moins sur le plan urbain et artistique. On peine à imaginer qu'à peine cinq ans plus tard, la ville sera ravagée par la guerre contre la Prusse puis la Commune. Nous suivons donc deux enquêteurs à la poursuite de ce qui ressemble à un tueur en série motivé par la peinture indécente de Courbet. Avec eux, nous allons croiser un florilège d'artistes en tous genres de l'époque. Même si les voir en rencontrer autant à chaque coin de rue sonne faux et artificiel, on ne peut qu'être admiratif du nombre d'artistes célèbres dans ces lieux et ces années là qui ont marqué l'histoire. Le dessin est appréciable. J'aime son réalisme, ses couleurs et son souci du détail vestimentaire et architectural, même si je lui sens un manque d'aisance technique dans le trait. La narration graphique n'est pas toujours impeccable. Les toutes premières pages de l'album notamment, se déroulant lors d'une représentation d'opéra, sont un peu embrouillées et il m'a fallu m'y reprendre à deux fois pour comprendre certains enchaînements. Le scénario pêche par le côté inventaire artificiel des grands noms de l'époque et par une enquête parsemée de quelques facilités et coïncidences heureuses. Le tueur est un peu médiocre en terme de personnage, dans sa motivation et dans la façon dont il se jette stupidement dans la gueule du loup. Mais ce n'est pas très gênant car c'est surtout la visite du Paris de 1866 et de son milieu artistique qui m'a plu dans cet album.

26/01/2017 (modifier)
Par Erik
Note: 3/5
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Le hasard du calendrier veut que deux auteurs publient en même temps une bd sur le peintre Courbet qui était totalement ignoré jusqu'ici par ce support. Je lirai sans doute plus tard Le rendez-vous d'onze heures afin de comparer les deux oeuvres. La présente bd est d'imaginer une fiction policière à partir d'un tableau célèbre à savoir "L'origine du monde". On découvre un peintre très coquin qui se servait du scandale pour imposer son talent. D'autres artistes l'ont fait après lui et même dans d'autres domaines. On peut penser à Madonna par exemple qui se servait du sexe afin de vendre. Cela marche contrairement à ce qu'on pourrait penser ! Il est dommage que la bd soit assez bavarde avec une intrigue dont le dénouement est très mièvre au vu d'une mise en scène assez élaborée. Il y a également une bonne reconstitution de la vie parisienne vers la fin du Second Empire. On y croise par exemple le poète Baudelaire. Les lecteurs les plus minutieux pourront repérer sans doute les nombreux anachronismes. Il n'en demeure pas moins que le portrait de ce peintre très ancré dans son époque est plutôt réussi.

23/04/2016 (modifier)