Eva

Note: 3.18/5
(3.18/5 pour 22 avis)

Huis-clos angoissant dans une maison habitée par deux étranges personnages


Comès Handicap Jumeaux, jumelles Pantins & Marionnettes

Neige a une panne de voiture et entre dans une maison pour téléphoner à un garagiste. Elle est invitée à rester quelques jours par les habitants, un homme (Yves) et sa soeur (Eva) Cependant elle se rend vite compte qu'une étrange relation unit le frère et la soeur, et que la maison est imprégnée d'une atmosphère envoutante. Cependant, Neige est attirée par Yves et elle décide de prolonger son séjour. Automates qui parlent, chaussures tâchées de boue: la tension dans la maison monte jusqu'au dénouement, violent et imprévisible

Scénario
Dessin
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution Avril 1985
Statut histoire One shot 1 tome paru

Couverture de la série Eva © Casterman 1985
Les notes
Note: 3.18/5
(3.18/5 pour 22 avis)
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03/09/2002 | Lalaith
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Par Solo
Note: 3/5
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En résumé : 3/5. J'ai aimé cette BD et Comès est un grand auteur. Mais je ressens un peu moins de tout dans cette histoire. Eva est un poil "facile" (si j'ose dire...), dans le sens où l'auteur reste avec ce qu'il sait faire : ça fait toujours plaisir, c'est homogène et fidèle avec l'ensemble de ses récits (je me limite pour le moment à Silence et la Belette) mais ça stagne un peu pour créer du nouveau. Dessin, pour moi, extra-ordinaire avec ces visages androgynes, toujours pareil ça me plait : le jeu d'ombre et lumière, les plans, le minimalisme (encore plus prononcé dans Eva peut-être ?)... Tout ce côté mystique et inquiétant me happe sans difficulté. Le résultat est assez bluffant et on devine que Comès a du s'éduquer à coup de films d'Hitchcock pour en venir à nous proposer ce style et cette ambiance, ça fait plaisir. Je note que, cette-fois, Comès a cherché une beauté disons plus...conventionnelle sur ces personnages! Et ça sera là la seule différence notoire, car les traits restent similaires aux autres BD du même auteur. Je trouve ça un peu décevant car le dessin évolue timidement Scénario très bien mené sans qu'il y ait d'actions, ce qui semble être une des marques de Comès. L'environnement change et l'ambiance reste la même : adieu la campagne glauque et isolée (cf. Silence + La Belette), bonjour le manoir glauque et isolé. J'imagine que certains lecteurs malins et visionnaires ont pu être ou seront déçus pour avoir deviné le dénouement, car il y a quelques appels du pied peu discrets. Personnellement j'ai quasiment rien vu venir, donc j'suis content du choc ressenti à la fin! Donc, pour ceux qui connaissent déjà Comès, à part l'environnement et la beauté des personnages qui donnent quelques changements dans la forme, il n'y aura pas de surprise dans le fond. Et pour ceux qui ne connaissent pas Comès et qui démarreraient par Eva, ça serait dommage de s'arrêter en si bon chemin...alors lisez au moins Silence pour affirmer définitivement votre esprit critique envers cet auteur!

17/03/2021 (modifier)
Par jul
Note: 3/5

J'ai lu cette bd de Comes avec un réel plaisir. Même s'il y a pas mal de choses bancales ou plutôt que l'on a affaire à tous les défauts ou étrangetés typiques de cet auteur, il se dégage une beauté anxiogène et étrange assez savoureuse. La référence à Psychose est assez écrasante. Et puis également à l'esthétique new-wave "neo romantique" des années 80 ": On voit le chanteur Klaus Nomi, les 2 petits automates me font penser à ceux de 'Blade Runner' (pareil pour le look général d'Eva ou de certains automates qui ressemblent à Rachel, la jolie et triste androïde du film de Ridley Scott). C'est clairement ancré dans l'esthétique new wave très datée des années 80. Mais en même temps ce style était déjà présent dans "Silence" (version campagnarde). Donc pour moi, Comes fait partie intégrante de ce mouvement. Ensuite on pourrait reprocher au récit un aspect un peu trop artificiel et caricatural, usant des codes du fantastique et du thriller avec de gros sabots. Ce n'est pas totalement faux. On retrouve les archétypes du suspense gothique (faux semblant,twist final, visages blancs froids et imperturbables). Et puis les automates qui parlent et bougent tels de vrais humains, ce n'est absolument pas crédible. Mais encore une fois cela fait partie style de Comes. D'où la renommée de cet auteur. Ce noir et blanc ultra contrasté, géométrique, avec ces visages blafards androgynes et flippants, c'est sa marque de fabrique. Donc pour conclure, mon œuvre préférée après "Silence". Devant "La belette" et "la maison ou rêvent les arbres" qui m'avaient un peu déçu. 3.5

18/01/2019 (modifier)
L'avatar du posteur Noirdésir

Etrange histoire que celle-ci, dans laquelle il ne se passe pas grand choses – ceci n’étant pas forcément une critique ! C’est que c’est avant tout une histoire d’ambiance, dans un quasi huis-clos oppressant. Neige, sa voiture en panne, est accueillie dans leur grande maison par un frère et sa sœur (jumeaux). Un début à la « Scoubidou », mais cela s’en éloigne assez vite, le mystère faisant monter la tension et les questionnements – de Neige et du lecteur dans la foulée. Cela se lit relativement vite malgré la centaine de pages, car les dialogues sont généralement courts et beaucoup de cases sont muettes. Comès arrive à instiller peu à peu de la gêne, un soupçon d’érotisme et du suspens, même si l’on devine bien avant la fin la réalité de la situation d’Yves et d’Eva, les jumeaux. La chute ultime est, elle, plutôt bien réussie. Le dessin de Comès utilise comme d’habitude un beau Noir et Blanc, bien tranché, comme le sont les figures des personnages, taillées au cordeau, anguleuses (je ne suis pas trop fan de cela). Idem pour le jeu des ombres à l’intérieur de la maison, certaines cases relevant presque d’un exercice de style – le plus souvent réussi. Au final, on a là un album intéressant, même si je ne sais pas si j’aurais envie d’y revenir.

29/04/2017 (modifier)
Par DamBDfan
Note: 4/5
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Un drame psychologique agréable qui ravira les amateurs d’étrange, de mystère et de suspense Hitchcockien. Nul doute d’ailleurs que Comès ait été influencé par le maître Hitchcock pour l’élaboration de son œuvre tant les différents clins d’œil abondent le récit. Pour ma part, ça été un plaisir et j’ai été conquis dès la première page grâce aux superbes dessins en noir et blanc qui restituent parfaitement cette ambiance oppressante et glauque. Même si au final l’histoire reste classique, on passe un excellent moment de lecture que je conseille. La fin est flippante et très réussie.

26/09/2013 (modifier)
Par Blue Boy
Note: 4/5
L'avatar du posteur Blue Boy

Une fois encore, Comès parvient à nous emporter dans son univers unique et étrange, avec cette histoire qui rappelle par bien des aspects « Psychose » de Hitchcock. L'élégante ligne claire et ses fameux aplats noirs font le reste. Le scénario allie jusqu’au bout efficacité et fluidité. Même si j’avais préféré La Belette et Silence, cette BD reste d’un très bon niveau et je l’ai lue avec plaisir. L’auteur semble décidément à l’aise avec ce type de récit où, comme à chaque fois, les apparences masquent jalousement de lourds secrets.

17/11/2009 (modifier)

Eva, album de Comes, auteur indépendant et particulier de la production des bulles, avait une très jolie couverture dans son édition originelle. Du beau matériel comme souvent chez Casterman. Dès le début le trait est traditionnel pour du Comes, noir et blanc, très contrasté, très travaillé et très dur. Comme d’habitude aussi une ambiance un peu ésotérique, ou l’on ne sait pas vraiment ce qui est réel, ce qui est fiction, ce qui est rêve… Le scénario est celui d’un mauvais film : le coup de la panne de voiture, un couple qui propose d’accueillir la jolie femme bloquée et çà dérape sensuellement ! Et puis tout cela est joliment dessiné, l’érotique est suggéré plus que couché sur les planches. Ce qui marque alors c’est cette relation trouble des occupants, ces personnages qui prennent vie, cette violence sourde cachée… Tout parait étrange sans que l’on puisse comprendre les sources de tout ceci. On se laisse tout de même prendre au scénario et l’on cherche toujours un peu plus loin. On suppute, on attend. La relation de domination, la beauté, le handicap, le plaisir, le désir, le défendu… : tout cela est développé dans sa dimension passionnelle charnelle pour notre plus grand plaisir. Voyeurs ? Non même pas, le lecteur n’est pas positionné dans ce registre comme il le serait dans des scénarios érotiques similaires. Et puis vient ce final, dans toute sa brutalité développée en réalité depuis le début, et là on se rend compte que d’autres thèmes viennent renforcer ceux déjà perçus : fétichisme, mort, double personnalité… tout ceci vient à la relecture permettre de nouvelles découvertes sur les planches. Bref cette histoire est à lire puis à relire pour en voir toutes les nuances et les subtilités. C’est ce qui vaudra une place dans la collection, que la première lecture seule ne justifie pas. Pourtant cet album n’est vraiment pas le meilleur de Comes tant l’histoire met du temps et tourne autour d’un huis clos assez malsain. Mais le thème lui-même l’implique. Ceci dit les relectures sont tout de même moins agréables après la seconde. Ce qui ne vaudra qu’un 3 à cet album.

26/03/2009 (modifier)
L'avatar du posteur Mac Arthur

Un scénario franchement inspiré de Psychose est très bien illustré par Comès. L’ambiance est malsaine à souhait et le trait épais et sombre de l’auteur sied à merveille à ce genre de récit. Malheureusement, le scénario n’est pas vraiment original et la fin devient rapidement prévisible. Et si les rebondissements ne manquent pas, les clichés non plus. Un album à ne retenir que pour son ambiance, très réussie. Mais je préfère d’autres œuvres de l’auteur, à commencer par Silence. Bof.

26/03/2009 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
L'avatar du posteur Gaston

Je suis en train de découvrir plusieurs œuvres de ce grand poète de Comès. Après La Belette, voici le deuxième one-shot que je lis de lui. C'est pas mal du tout et l'ambiance présente dans la maison me rappelle Psychose, le chef d'œuvre d'Alfred Hitchcock. D'ailleurs, plusieurs éléments présents dans Eva sont tirés du film. Attention ! Je n'accuse pas Comès d'avoir fait un plagiat. Je pense plutôt qu'il a voulu faire un hommage à l'un des meilleurs films à suspense de l'histoire du cinéma. Ça ne me dérange pas, mais ça pourrait être gênant pour ceux qui ont vu le film car ils pourraient deviner la fin pendant la lecture. C'est d'ailleurs ce qui m'est arrivé. Je n'ai pas deviné parce que j'ai vu le film, mais parce que l'héroïne, Neige, dit, plus précisément à la dernière case de la page 44, une phrase qui aurait pu être anodine, mais qui m'a fait comprendre, avec les éléments mis par Comès dans les 43 premières pages, la clé du mystère. Ma lecture a donc été gâchée par cette phrase et c'est pour cela que je ne mets que 3/5 alors qu’il aurait mérité mieux. J'ai bien aimé l'ambiance et la psychologie des personnages qui sont bien montrés et décrits.

31/03/2008 (modifier)
Par cac
Note: 3/5
L'avatar du posteur cac

Album de Comès intéressant. On peut se perdre dans les 2 personnages de jumeaux et la fin est aussi étonnante qu'invraisemblable. Une ambiance à la Psycho dans une grande maison perdue dans les champs. Sauf que Comès pense beaucoup plus au sexe qu'Hitchcock, environ toutes les 3 pages et demie, dans des relations pas très saines. Le dessin est bon avec les têtes de personnages si caractéristiques de l'auteur.

14/04/2007 (modifier)

Sans doute un des meilleurs Comès. Sa narration, forme de "bédécriture", atteint ici des sommets tant l'ambiance, les non-dits et les regards sont lourd de signification. Le point fort de l'album, c'est la forte psychologie qui s'en dégage. Une jeune femme, une étrangère de passage, représente la chance pour Yves de se débarrasser de son passé, de passer un cap où il sera affranchi et deviendra une personne plus accomplie. Car Yves a du talent mais n'ose pas complètement s'épanouir. Y arrivera-t-il? C'est tout ce duel qui est rendu comme rarement en bd, la lutte interne d'un personnage pour sa salvation. Et la comparaison avec le psychose d'Hitchcock n'est que superficielle et pour la forme seulement. A mon avis, le suspense pur n'est pas un des critères les plus fondamentaux pour faire une bonne histoire, c'est plutôt le vécu et son intensité qui compte. Et ici, il est terrible.

30/12/2005 (modifier)