Arkan - L'Ecume du diable
Arkan et Maud sont des agents spéciaux travaillant pour le Pentacle, un "service ultra-secret international chargé de faire face aux situations embarrassantes engendrées par des phénomènes inconnus, ou par certaines déviances de la science !"
Les petits éditeurs indépendants Maladies et épidémies
Arkan et Maud sont mandatés par le Pentacle pour élucider le mystère d'une étrange moisissure bleue et contagieuse qui recouvre petit à petit d'un petit village de montagne et ses habitants. Ils doivent y trouver le professeur qui a mis au point un antidote.
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| Date de parution | Juillet 1990 |
| Statut histoire | Une histoire par tome (série abandonnée) 1 tome paru |
Les avis
Paru en 1990, cet unique album d'Arkan est une curiosité. Il se situe à un moment charnière où la bande dessinée d'aventure commence à aborder des thèmes plus modernes (ici les dérives scientifiques, la pollution et les risques bactériologiques), tout en conservant de nombreux codes hérités des décennies précédentes. Le résultat donne une œuvre à la fois étonnamment datée et attachante. L'introduction est d'ailleurs assez représentative de ce mélange de tons. On découvre une bande de villageois mutants, fourches à la main et sourire aux lèvres, poursuivant une famille un peu beauf dans une ambiance presque clownesque, renforcée par des chansons menaçantes qui paraissent plus ridicules qu'inquiétantes. Puis, brutalement, la scène bascule dans une violence inattendue lorsque les parents sont massacrés sous les yeux de leurs enfants qui sont sauvés in extremis par les prouesses martiales d'Arkan et Maud. Cette alternance permanente entre aventure sérieuse et éléments presque involontairement comiques ne quittera jamais vraiment l'album. Les pages suivantes ne sont pas plus naturelles. Une longue conversation avec leur commanditaire sert essentiellement à présenter les héros, leur agence et le contexte de l'enquête. Toutes les informations nécessaires sont là, mais elles sont intégrées de manière assez artificielle et donnent l'impression que les personnages récitent leur fiche de présentation. L'action ne démarre réellement qu'aux alentours de la page 14, ce qui laisse finalement peu d'espace à l'intrigue pour se développer et explique probablement une conclusion très abrupte où tous les problèmes sont miraculeusement réglés en quelques cases seulement, sans aucun suivi des conséquences ni du devenir des personnages. L'album apparaît également comme un témoin d'une autre époque par son traitement des héros. Arkan est le prototype du héros viril et musclé qui affronte l'adversité à coups de poings, de courage et de techniques de karaté. Plus amusant encore, la série porte son nom (ou plutôt son surnom, que le personnage lui-même trouve ridicule), alors qu'il forme en réalité un duo avec Maud, avec qui il est visiblement en couple. Celle-ci est pourtant tout aussi compétente que lui dans l'action et le combat, mais elle reste constamment reléguée au second plan parce qu'elle est la femme de l'équipe. Un fonctionnement qui rappelle fortement les séries d'aventure des décennies précédentes. Le dessin d'Edouard Aidans est en revanche d'un bon niveau. Son trait a légèrement vieilli et porte la marque des années 1980-1990, mais l'ensemble est très professionnel et agréable à regarder. Certains visages manquent parfois un peu de finesse, notamment celui d'Arkan qui peut paraître assez niais par moments, tandis que les villageois contaminés ont souvent un aspect un peu grotesque. Maud, en revanche, bénéficie d'un traitement beaucoup plus réussi et se révèle charmante. C'est donc un album assez curieux, oscillant constamment entre le ridicule plus ou moins assumé et une aventure semi-fantastique racontée avec un sérieux imperturbable. Malgré ses maladresses narratives, son exposition laborieuse et sa fin précipitée, sa lecture conserve un certain charme grâce à ce décalage permanent et au solide dessin d'Aidans. Cette étrange tentative n'aura toutefois pas de suite, la série s'étant arrêtée après ce seul volume. Une curiosité oubliée, imparfaite mais suffisamment atypique pour retenir l'attention des amateurs de bandes dessinées d'aventure de cette période.
Parmi l'activité prolifique d'Edouard Aidans, il y a cette obscure histoire de contamination qui a donné cet unique album pas du tout connu et que moi-même je ne connaissais pas ; je suis peut-être même sûr qu'Aidans ne se rappelle même pas qu'il a dessiné ce récit avorté en raison de sa reprise de Bernard Prince en 1992, et sur lequel il n'a pas eu le temps de revenir. Et pourtant, c'était pas mal, c'est un scénario d'aventure à trame fantastique, l'un des premiers de Brice Tarvel, qui démarre rondement avec une scène d'action assez flippante, avant qu'on ne comprenne où les auteurs veulent emmener le lecteur : les dangers des expérimentations scientifiques sur la bactériologie. Le thème était à la mode à l'époque, même au cinéma, je me suis souvenu à la lecture de ce film français " Zone Rouge " avec Sabine Azéma et Richard Anconina qui était une dénonciation des dangers de la pollution et des pouvoirs que peuvent déployer certaines autorités pour effacer toute trace de témoins ; ça fait froid dans le dos, et dans cette Bd, c'est un peu pareil, c'est une réflexion sur les maux d'un monde qui dévaste et pollue la planète, avec message écolo à la clé. Certaines images sont peu ragoutantes, mais le dessin d'Aidans même sur une série mineure, reste toujours impeccable et soigné, et n'en profite pas pour accentuer l'horreur. Le seul petit défaut vient d'une fin abrupte et envoyée à la va-vite, le récit devant vraisemblablement reprendre dans un tome 2 annoncé et jamais paru, mais tel qu'il se présente, il peut être lu comme un one-shot. Une vraie rareté que j'ai trouvée en vide-grenier à un prix dérisoire, idéale pour les fans d'Aidans.
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