Stan Caïman

Note: 3/5
(3/5 pour 2 avis)

un caïman en smoking se trouve mêlé à bien des aventures


Animalier Pilote Style Atome

un caïman qui n'a pas froid aux yeux il aime le sexe et se la péter ça donne une parodie pleine de drôlerie

Scénariste
Dessinateur
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution Mars 1986
Statut histoire Histoires courtes 4 tomes parus
Couverture de la série Stan Caïman
Les notes (2)
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30/07/2013 | Agecanonix
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L'avatar du posteur Noirdésir

A la lecture des aventures de Stanislas Caïman, on ne peut que s’étonner de les retrouver chez Dargaud. En effet, le dessin de François Thomas use d’une ligne claire tranchée, revisitée, avec des vêtements, accessoires, décors, visages très anguleux, proche du style atome, comme pouvaient le faire au même moment Ted Benoit, Serge Clerc ou Joost Swarte. Bref, c’est clairement plus la came de Métal Hurlant, des Humanoïdes Associés que de Dargaud, a priori. Le contenu est aussi surprenant chez cet éditeur (et correspondrait là-aussi davantage aux Humanos, comme ce qu’ils publiaient dans leur collection « Humour » à la même époque). En effet, c’est souvent très cru, que ce soit pour le langage de Stan, mais aussi pour certaines scènes, proches parfois d’un sadomasochisme et/ou d’un érotisme plus ou moins soft ! Les histoires courtes (d’une à trois pages généralement) sont inégales, et pas toujours réussies – même si certaines fonctionnent encore. Stanislas Caïman (seul personnage animalier au milieu d’humains) vit dans le luxe, est toujours tiré à quatre épingles, alternant dilettantisme et vente de faux tableaux parfois. Mais surtout c’est un prédateur sexuel, qui enchaine les conquêtes, qu’il traite toujours par le mépris : macho, cynique, violent, égoïste, c’est un personnage caricatural, qui du coup sert à se moquer d’une certaine société branchée des années 1980. Outre le fait qu’elles sont soumises à Stan et victimes de ses désirs et de sa mentalité de jouisseur égoïste (il les traite comme des kleenex jetables), les femmes ont ici toutes les mêmes caractéristiques physiques : sexy, plantureuses, avec de très fortes poitrines qui – lorsqu’elles sont habillées, ce qui n’est pas toujours le cas – débordent de soutien-gorge pigeonnants. Elles exhibent aussi hauts talons, bas et porte-jarretelles, bref, les clichés du porno chic et bourgeois de ces années-là volontairement caricaturés. C’est une série originale, mais dont l’arrière plan (la société branchée et bourgeoise des années 1980) s’éloigne, ce qui la rend sans doute difficile à lire pour le public d’aujourd’hui – d’autant plus que le style graphique est lui aussi daté. Enfin, le potentiel comique était dès sa publication un peu trop léger je pense, la parodie aurait gagné à être plus cruelle. D'où mes réserves pour l'achat, mais vous pouvez vous laisser tenter.

05/05/2019 (modifier)
L'avatar du posteur Agecanonix

Crée par François Thomas dans Pilote en 1984, ce personnage de playboy animalier passe ensuite dans Charlie Mensuel, c'est là que je l'ai véritablement découvert. C'est un crocodile aventurier qui évolue au milieu des humains comme le faisait Prémolaire de Mouminoux, mais à la différence de cette bande à l'humour gentillet, "Stan Caïman" est une Bd à l'humour adulte typiquement représentative des bandes des années 80 comme Lucien ou certaines bandes humoristiques diffusées dans l'Echo des Savanes. Stan n'est pas une victime comme Prémolaire, c'est un séducteur cynique et jouisseur qui mène une vie de luxe dans des palaces et les endroits à la mode, tombant à tour de bras de pulpeuses pin-up à très fortes poitrines, très attirées par ses performances sexuelles. Pourtant, il traite les femmes avec mépris, c'est un pur macho. Autre différence avec Prémolaire : celui-ci exhibait sa peau verte, alors que Stan est vêtu à la dernière mode, avec des costumes aux épaules très carrées, très représentatifs de la mode branchée des années 80, qu'on retrouve un peu dans la série policière Phil Perfect de Serge Clerc. Le trait moderne agaçait le lecteur que j'étais, habitué aux jolis contours et à la lisibilité, mais il avait son charme et se voulait assez proche de la caricature, l'essentiel étant ici surtout le fond, où l'auteur se moque dans un ton satirique d'une certaine société. Cette société étant celle parfois superficielle des années 80, la bande peut avoir mal vieillie et rebuter les générations actuelles, au mieux, elle fait figure de document. A tester avant achat.

30/07/2013 (modifier)